Voici la même histoire de “L”ecureuil de Mozart” racontée dans une version différente par l’auteur Collioure à qui l’anecdote est réellement arrivée. Voici donc, en quelque sorte, la brillante version originale de mon ami; on n’est jamais si bien servi que par soi_même!
Ce jour-là, nous étions vingt ou trente à la villa Bertramka. Nous avions abandonné les splendeurs du centre de Prague pour cette banlieue arborée. Nous voulions découvrir les lieux où Mozart composa, en une nuit, la sublime ouverture du plus grand opéra de tous les temps, Don Giovanni.
Détail savoureux, nous apprit-on: il composa sous la contrainte. Car enfin, il aurait pu s’y mettre plus tôt, voire dans la journée précédente, mais… il avait préféré jouer aux quilles dans le parc, avec les amis de Madame Douchek, la cantatrice propriétaire du domaine. Non et non, il attendit le soir pour accepter de se mettre à l’ouvrage…
Cette nuit-là, Constance, sa femme, ne lui accorda que deux heures de sommeil, mais elle le tint éveillé en lui racontant des contes pour enfants, sans l’autoriser à sortir de sa chambre. Doublement prisonnier, Mozart fit surgir la lumière de ses propres ténèbres.
Le lendemain matin, 29 octobre 1787, l’oeuvre était composée et les copistes démultiplièrent aussitôt la partition à l’intention de l’orchestre. La “première” eut lieu au Théâtre des Arts, dans que les musiciens aient vraiment répété!
Nous étions vingt ou trente à évoquer ces souvenirs prodigieux en ce même parc où Mozart avait joué aux quilles, ce pacr devenu une bulle de silence et de secrète harmonie. Avec ses mystères. Nous en eûmes la preuve.
En levant les yeux, nous aperçûmes dans les branches un écureuil, immobile qui nous regardait. Je vis son oeil briller, peut-être avec malice, me sembla-t-il.
Avant de quitter ces lieux inspirés, nous fîmes des photos de groupe. Quand elles furent développées, à leur vue nous reçumes un formidable choc: l’écureuil figurait sur la photo, parfaitement visible. Mieux: l’éclat de son oeil centrait vértablement l’image. Il nous fascina. Nul doute, c’était bien lui, l’écureuil de Mozart, vous savez bien, celui-là même qui regardait le maître jouer aux quilles et qui comptait les points tout en croquant des noisettes…
Commentaires récents