S'il te plaît, apprivoise-moi…

Archives de la catégorie ‘A vos plumes!’

Agenda critique de Mars: Les ravis de la crèche

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     La crèche provençale est un incontournable du pays. Pas un village, pas une église qui n’ait la sienne, toutes rivalisant d’ originalité et de beauté. 

Autant de santoniers que d’ interprétations de la Nativité, de chaque personnage représenté. 

      En l’église Saint-Louis d’Hyères, la crèche est sans conteste l’une des curieuses de la côte varoise. Il faut dire que les santons sont grandeur nature ou presque. Ils ont été façonnés par un curé il y a juste un siècle.

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Un des santons mérite une attention plus particulière. Il ne semble pas être de la main du curé et nul n’en sait exactement d’où il vient. Il s’agit d’un des bergers.

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     Ensuite, le berger vieux à barbe blanche s’ appuie lui aussi sur un long bâton. Même cape de bure sur un pantalon rapiécé et chapeau noir. Le troisième porte un agneau sur les épaules. Le berger à genoux est arrivé dans l’étable et , lui aussi, porte la cape. Quant à la bergère, elle est vêtue de brun avec une cape recouvrant la tête et les épaules. Elle apporte un agneau à l’enfant Jésus et tient une badine à la main.

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      Mais celui qui requiert toute votre attention, c’ est le berger couché, autrement appelé l’ incrédule. Il est entouré de brebis qui paissent au flanc de la colline et semble indifférent à l’ animation générale. Il roupille du sommeil du juste alors que tous ses collègues ont entendu l’appel des anges. Pas lui.

      Lui, il continue de rêver à sa belle. Oh certainement pas la prétentieuse 178x300_CAR_4_fem_comtadine aux fruitsarlésienne,  l’Arlatenco », la jeune paysanne aisée, la Mireille, au châle blanc brodé, au large jupon et à la coiffure en chignon compliqué. Pas même la bouquetière, la marchande de fleurs ambulante avec sa coiffe de coton blanc et ses ciseaux attachés à la taille, pas plus que la Comtadine aux fruits, marchande de quatre-saisons , celle qui vient des environs d’Avignon pour vendre ses gros melons d’hiver.

      Non, celle qui le fait rêver, c’est tout simplement la ravie (la ravido), la servante de ferme, un peu naïve et simple d’esprit, toujours souriante, levant facilement les bras au ciel pour traduire ses émerveillements naïfs. Sans-le-sou, à peine une faire-valoir. Et pourtant…

L’Ange n’osa pas le déranger. Il ne voulut pas interrompre un si beau rêve et se dit , qu’un peu plus tôt , un peu plus tard, il n’y avait pas tant d’urgence à annoncer la naissance du Christ… Point besoin de remue-ménages. Ni de jouer au rabat-joie. Les prétendus songe-creux ont rendez-vous avec les étoiles.

      Tel Booz endormi, l’incrédule continua de sourire béatement, à mille lieues d’imaginer qu’il serait en retard avec ce rendez-vous de l’Histoire… Quand le fou fait preuve de sagesse, le sage cache sa folie… répètent les étoiles de bouche à bouche, de bouche-à-oreille, par ouï-dire : autant en emporte la Voie lactée.

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https://maitrerenardinfo.wordpress.com/2017/03/12/agenda-critique-…vis-de-la-creche/

A vos plumes! : L’Agenda ironique propose la thématique des fous

Agenda ironique de Mars, le mois des fous ! par Monesille

Me voilà bien ! Je m’étais proposée pour organiser l’agenda ironique de Mars, mais persuadée qu’Ariel Littel relèverait le défit du mois dernier comme il  avait remporté le concours, haut la main, j’attendais sagement le thème et l’organisation et je n’ai RIEN préparé !  Bon. Je m’y colle immédiatement de suite; vous allez vivre en direct la réflexion sur le choix d’un thème qui laisse cours à l’imagination sans faire dissert de lycée, le genre de truc qu’on trouve génial du fond de son lit et qu’au matin, tout froissé de nuit, vous trouvez grelottant de timidité sur un coin de votre bureau et vous  suppliant : non, non, pitié, pas moi, je ne vaut pas un fifrelin !

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Qu’est ce que je pourrais bien vous proposer ? Qu’est ce que j’aime ? En ce moment je lis beaucoup d’Histoire, avec de grandes haches même s’il  y a beaucoup de petite histoire au milieu alors : les fondements ? j’en vois déjà qui frisent de la moustache rien qu’au mot ! Les plantes et la botanique, l’herbe d’or a déjà nourri votre folle du logis…Le dessin, la musique ?

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Qu’est ce qui relie tout ça ? Je pense avoir trouvé :

Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! Qu’est qui pourrait bien vous rendre fous ? De moi je sais déjà, hum, hum, mais d’écriture ?

Donc selon les règles bien établies de l’agenda ironique dont vous pouvez voir chez carnets paresseux ici  l’historique, il vous faudra écrire sur le thème de la folie au sens large, un conte, poème, texte, article, selon la forme que vous désirerez, de 700 mots maximum pour être facilement lisible sur le wouaibe, et ce avant le 24 mars où je ferai le tableau récapitulatif pour le vote final, qui empiétera jusqu’au 1er avril puisque je serai absente les derniers jours de mars. Cela vous va-t-y ? C’est un peu facile non ? Je devrai corser la chose de quelques mots ? Disons trois mots composés insérés au texte ! Comment ça ? Des grincheux dans le fond, on en rajoute un ? Ok, Ok quatre donc mots composés à parsemer dans le texte ! Quelqu’un a encore quelque chose à dire ??

Bande de grand fous, j’espère que vous allez vous amuse follement !

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Chronique fictionnelle pour la Revue des Trois Baudets

Jobougon   a  eu la charge d’organiser le concours d’écriture de l’Agenda critique de février!  Il s’agit de choisir un livre…
Que vous l’ayez lu ou pas,
Qu’il existe réellement ou pas,
Que vous rêviez de l’écrire, ou pas,
Ou qu’il soit, peut-être encore soigneusement conservé dans quelque bibliothèque secrète ou interdite,
et d’en écrire une critique littéraire qui donne soit envie de le lire, soit au contraire, nous en dissuade.

Jobougon compte recueillir les textes jusqu’au dimanche 19 février à minuit, nous faire voter la semaine suivante (du 20 au 26) et éditer les résultats le 27 février

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Pour ma première chronique , je voudrais en venir avant tout à l’essentiel, en refusant toute circonvolution locutoire, toute vaine odyssée hasardeuse et superfétatoire. Voici donc, en un mot comme en mille, mes coûts de cœur, au nombre de cinq, comme les trois mousquetaires.

1/ « Le bénévolat ou l’altruisme revu et corrigé », par Charles P., un jeune plein d’avenir dans la défense des causes les moins désespérantes. Cet autrui prometteur promet justement de s’investir pleinement dans des projets lucratifs par le biais caritatif. On sait combien la filière a fait ses preuves : les mystères de la foi a permis d’élever des cathédrales et d’enrichir le clergé prônant la pauvreté et l’austérité pour autrui. (Editions Honni soit qui mal y pense)

2/  « Les recettes secrètes des confitures et des tartes de ma mère » par Isabelle F., la nouvelle Julie de province, qui propose à tout à chacune de revenir un demi=siècle en arrière pour la condition de la femme. Un travail spirituel avec une inimitable compotée de poires Bonne Maman au coulis de figues-oseille et truffes caramélisées sur lit d’orties sauvages et gingembre: idéal avant la Messe. Vous saurez  enfin à quels saints vous vouer…! (Editions de la Tambouille, cuisines et dépendances)

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3/  « Réflexions d’un canari sur le monde tel qu’il va » co-écrit par trois frère et sœurs qui ont préféré se retrancher dans un anonymat pudique. Ils se mettent chacun leur tour à la place de leur canari favori « Rollex ».    Ajoutons le témoignage aussi prenant de « Rigueur » et « Damnation », les deux aimables rotweillers sarthois de la tribu. Sans remettre en cause leur condition de vie assez privilégiée dans une gentilhommière arborée de six hectares, la gente bestiaire, que ne désavouerait pas le brave  La Fontaine lui-même, en dressant un tableau idyllique d’une condition que leur envieraient bien des manants. Comme quoi il ne faut jamais désespérer de notre sort. Chacun reçoit ce qu’il mérite et il suffit de se contenter de beaucoup pour être heureux. (Editions de la Richardière)

4/ Gardons me meilleur pour la fin: « Le Népotisme de père en fils » par François F. qui, avec un culot sans égal, revisite l’histoire de Néron à Vladimir Poutine et démontre brillamment combien la famille est au centre du cercle de pistonnage d’autoproclamation des élus. Il introduit un subtil distinguo avec le vulgus pecum voué aux vallées de larmes, aux privations massives et à l’abstinence salutaire. Un monde merveilleux leur sera donné en partage après cette vie de labeur, condition sine qua non de la rémission des pêchés. (Editions de la Veuve et des Petits orphelins)

Prochaine chronique: « Droit dans ses bottes Vuitton »  dans la rubrique judiciaire.

Pénélope Fion. , chroniqueuse intermittente payable une blinde, rubis sur l’ongle.

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Poésie: Le Bal des papillons blancs par Belloue des Sources

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Le bal des papillons blancs

On les aurait dits
tombés du Paradis
Beaux à croquer
Beaux à faire craquer
Le ciel d’été

Toujours est-il
Qu’on les a vus
tourner, virevolter
comme deux jeunes premiers
La nature, il faut le dire
les avait gâtés d’une élégance, d’un raffiné
et d’un talent à faire jaser
toutes les sales langues du quartier

Au bal des débutants
dansaient au grand jour
dansaient comme des grands
deux papillons blancs

On peut dire
Qu’ils eurent cette chance
d’être nés en même temps
faits pour la danse, faits pour s’aimer
nos deux papillons blancs
Et sous les pommiers
ils s’aimèrent, s’aimèrent autant
et peut-être plus
qu’Eve et Adam
Ils s’aimèrent à en oublier
de boire et de manger
Et sous les pommiers
ils dansèrent longtemps, longtemps
comme des perdus
éperdument

Est-il ailleurs que sur la terre
cette danse primesautière
ce tango des condamnés
ce pas de valse éphémère
qui vit et meurt
dans la même journée

Toujours est-il
qu’ils sont nés,
qu’ils ont vécu
autant qu’ils ont pu

Ils ont dansé à se saouler
comme des damnés
Ils ont joué leur rôle,
de jeunes premiers
épaule contre épaule
sans se soucier

On les aurait dits
tombés du Paradis
beaux comme des enfants
à jouer leur vie
sans perdre de temps
et à danser leur bel amour
d’un jour

Au bal des débutants
On les aurait dits
si grands, si grands
nos deux papillons blancs

Belloue des Sources

Illustration de l’auteur

A vos plumes: Mon garçon manqué par Carine Lejeail (blog é(mots)tions)

Mon garçon manqué

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Je la regarde souvent sans qu’elle le sache depuis la fenêtre de la chambre, au premier étage. Ma petite-fille… La cour qui sépare le jardin de la maison est un sas entre la réalité et les mondes qu’elle s’invente. Elle s’arrête à la grille verte rongée de rouille, elle marque l’instant. Un moment solennel de recueillement, avant de se lancer dans le jardin de toute sa hâte d’enfant. L’été façonne le jardin et fait exploser les bleuets, les pois de senteur, et les roses. Les parterres s’épanouissent et lui offrent des dizaines de cabanes de verdure, des abris de fraîcheur. Elle prend le temps de se régaler de quelques fraises des bois, mais sans trop tarder, car l’aventure n’attend pas. De toutes les personnalités qu’elle endosse, je sais voir ses préférées. Elle se construit des couronnes de feuilles maladroites, elle se trouve une vielle branche tombée, elle chipe mes tuteurs dans la remise et une vieille ficelle. En dix minutes la voilà en chef indien qui chevauche fièrement son appaloosa autour du potager. Elle lance des flèches hésitantes vers d’invisibles ennemis. L’adversaire doit être coriace, je la vois qui esquive, trébuche et se reprend. Elle se met à couvert, tourne autour des lys orangés et leur décoche un coup fatal. Mais déjà une autre destinée l’attend. Un flèche plus grande que les autres se transforme en épée qui, glissée dans la ceinture de son jean de mousquetaire, tombe par terre. Le ridicule ne l’arrête pas et c’est un d’Artagnan en culottes courtes qui s’élance bientôt à l’assaut des murs, et qui presque grimpe sur le bord du toit de la remise. La main au-dessus des yeux, en embuscade, la voilà qui observe avec attention le jardin des voisins, terrain mystérieux car inaccessible, cachette probable de voleurs, de coupe-jarrets et autre rustres. Mais non. Rien ne bouge à part le gros chat qui, lui, a la chance d’être du bon côté. Du côté des gentils. La voici qui redescend à mon grand soulagement, j’avais déjà la main sur la poignée pour lui crier de descendre de là. Un piège devait lui être tendu juste derrière la poubelle-réservoir d’eau car la bataille fait rage. A grand coups de bambou, elle cogne le coin du mur qui semble savoir très bien jouer du fleuret. L’échauffourée dure. Elle allonge le bras et se fend, frappe et frappe encore. Les bras fatigués, le bambou fendu en deux, la victoire est déclarée. Le mur a perdu. Je la vois qui déjà se cherche une nouvelle fortune, une autre mission. Je la sens fatiguée. Dans dix minutes elle sera remontée, c’est l’heure de préparer le goûter.

Texte écrit dans le cadre du MOOC Écrire une oeuvre de fiction. Il s’agissait d’écrire un souvenir d’enfance du point de vue de quelqu’un d’autre. Il s’agit donc d’un morceau de mes jeux d’enfant que j’ai imaginé vu par ma Grand-Mère.

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A vos plumes! Les livres rêvés de février (agenda ironique & critique)

Carnets Paresseux

Ironie du calendrier, voilà que février arrive avec deux jours d’avance chez Jobougon ! Et de quoi qu’il va s’agir cette fois ci alors ? Il s’agit de choisir un livre…

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