S'il te plaît, apprivoise-moi…

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Interview expresse de Patrick Taisne Nguyên pour son livre « Don Ganh » (Ella éditions)

Ballade avec mon épouse non loin du marché Bên Thành ( la ballade de Khanh avant son assassinat… Nous avons fait le trajet en entier pour le restituer exactement, y compris choisi la maison de Khanh et Hoa que je décris).

 

Maitre Renard :1) « Don ganh » est votre premier livre. Le titre est exotique et un peu mystérieux pour un lecteur d’EURE-et-Loir. Vous pouvez l’expliciter ?

Patrick Taisne Nguyên: Don ganh signifie Palanche… Maintenant, regardez bien comment est faite une palanche : un panier à chaque extrémité d’une perche portée sur l’épaule d’une personne… Ajoutez à cela le chapeau conique presque inévitablement vissé sur la tête de celle-ci, et la première image qui vient à l’esprit est celle d’une balance avec ses plateaux et son fléau… 

De là, à la lecture de « Don ganh », votre cerveau fera vite le rapprochement avec la balance de la justice ou du destin… Effectivement, Huong, la marchande de soupe aux vermicelles, le fameux Bun riêu (prononcez Boun Jiou) est dans cette histoire celle qui fait à chaque fois basculer la vie des autres personnages… La palanche qu’elle porte, son outil de travail, devient donc le symbole de son pouvoir, en l’occurence maléfique…

  J’ai voulu que ce livre, bien qu’écrit en français, soit le plus vietnamien possible dans ses tournures de phrases, dans certaines expressions, que j’ai parfois traduites littéralement, sans franciser. Je voulais que le roman transpire, suinte, le Vietnam, à travers les mots et la façon de se comporter des personnages, au point que mon intention ultime était même de souhaiter que le lecteur puisse croire que l’histoire avait été écrite en vietnamien puis traduite en français… Ce n’était pas un caprice d’auteur mais la recherche de l’authenticité maximale… Je sais aujourd’hui que mes lecteurs d’origine vietnamienne la lui accorde sans hésiter, et c’est là ma plus belle récompense et ma grande fierté…

  J’ai songé un temps, avant sa publication, à lui donner finalement un titre français, pour qu’il paraisse plus successible aux futurs lecteurs… Christophe, mon éditeur, a préféré garder ce nom qu’il trouvait joli et exotique… Je pense aujourd’hui qu’il a eu raison.

Sur la terrasse du Caravelle ( Liên demande à Xuân de l’y emmener danser le tcha tcha et la salsa)

2) Vous aimez à citer l’adage « Rassasié on devient Bouddha, affamé on devient un diable malfaisant » En quoi illustre-t-il votre récit « Don ganh » ?

Je crois que cet adage résume bien la situation des personnages… Une situation exceptionnelle peut parfois engendrer des comportements exceptionnels chez certaines personnes… La France a aussi connu un contexte similaire pendant l’occupation allemande. Lorsque vous devez lutter chaque jour pour survivre dans un monde nouveau que vous n’avez pas souhaité et même parfois combattu de toutes vos forces, et dont vous ne comprenez pas totalement les règles, vous devenez rapidement moins rigoureux sur le principe d’honnêteté.

A ce jeu-là, certains se révèlent des virtuoses, ce qui est le cas de Khanh. Cet ancien fonctionnaire de la Sécurité du régime déchu découvre les problèmes posés par la guerre, une fois la paix installée, lorsqu’il va en camp de rééducation et qu’on lui saisit sa maison… Il était déjà combinard dans son ancienne vie, son séjour en camp de rééducation l’a traumatisé et il ne va avoir de cesse qu’à récupérer ce dont on l’a spolié et finir par devenir un maître en la matière…

Il faut reconnaître qu’il est extrêmement doué… Je ne pense pas que ce soit un salaud intégral: il montrera générosité envers sa maîtresse et fidélité pécuniaire vis-à-vis de sa famille légitime… C’est plutôt un opportuniste, et au changement de régime des gens comme lui, il y en a eu plein… Huong, de son côté, si elle était mieux née, serait-elle aussi néfaste ? Là je n’ai pas la réponse, ce qui est sûr, c’est que devoir se battre pour survivre un jour de plus dans un monde économiquement et politiquement agressif ne doit pas arranger les choses. Je ne crois pas, sauf maladie, que les hommes naissent mauvais, c’est la vie, et pire encore la survie lorsqu’elle est nécéssaire, qui les poussent à le devenir. Bien sûr, chacun réagit à une situation donnée suivant son tempérament propre…

Repas de nuit sur la plage privatisée du restaurant dancing Les quatre saisons à Nha Trang où Liên et Xuân viennent écouter chanter le chanteur Tung.

3) Quels sont vos liens avec le Vietnam ? Quelle image avez-vous de ce pays ? Celui que vous connaissez le mieux et auquel vous êtes attaché appartient-il au passé, ou est-il toujours d’actualité ? Beaucoup de choses ont-elles changé depuis les années 80, époque où se déroule « La Palanche » traduction de Don ganh, notion qui nous reste tout aussi mystérieuse ?

J’ai aimé l’Asie, puis tout particulièrement le Vietnam, depuis ma tendre jeunesse…  Voici ce que j’ai écrit à ce sujet dans « Dupont avec un thé » un manuscrit à paraitre bientôt : 

« J’avais peut-être douze ans, ma mère me fit inopinément une belle et grande offrande. “ Il est temps que tu découvres la lecture ! ” — elle me dit, me mettant entre les mains Terre chinoise, le premier des romans de Pearl Buck que je lirai. Ce fut une révélation. Au fil des récits et des mois, les hallebardes traversières de la Mousson se mélangèrent peu à peu aux larmes introspectives de l’adolescence. Les eaux de fleuves étrangers rythmèrent ma souffrance au gré des courants de mon existence. Des personnages improbables, venus d’un monde lointain que je sentais pourtant proche, exaltèrent ma soif de romanesque et d’exotisme. L’Asie devint pour moi une terre imaginaire de refuge et de bien-être. Je devinais confusément qu’elle bouleverserait inéluctablement mon existence toute entière.

 

 A Chu Chi (célèbre pour ses tunnels), le centre de commandement vietcong à 60 km de Saigon… Peut-être Kiêu à côté de moi ?

Plus tard, Jean Hougron et Jean Larteguy remplacèrent Pearl Buck sur ma table de chevet. C’était l’Indochine française qui me faisait maintenant fantasmer. Nul autre que Hougron n’a si bien décrit le monde des “ petits blancs ” des années trente à cinquante — ces paumés de l’autre bout du globe, survivants à la dérive d’un lambeau de l’empire colonial français. Je fantasmais à travers ses héros combinards et pathétiques qui “ s’encongaillaient ” — comme on disait à l’époque.  J’imaginais avec moult détails le Saigon colonial. L’enfer du jeu du “ Grand Monde ”, mythique casino-bordel de la rue des marins située en plein Cho Lon, me devint familier —  j’y perdais et gagnais des fortunes à la roulette sous les yeux cupides d’extravagantes et vénéneuses courtisanes. Je fréquentais les fumeries d’opium du quartier chinois, évanescents refuges pour soigner les maux de l’âme et la mélancolie de l’Asie.  Je parcourais les avenues coloniales ombragées — je grimpais sur la banquette d’un cyclo-pousse à la recherche de jolies filles en ao dai* (tunique). La jungle menaçante défilait devant moi — je conduisais, un colt à la ceinture, un camion de contrebande sur une piste défoncée contrôlée par un Vietminh impitoyable. Aventure avec un A majuscule ! — Magie de la lecture ! »

 Adolescent, j’avais bizarrement pressenti que je rencontrerai une Saigonnaise qui partagerait ma vie, et le hasard ou le destin me donnèrent raison…  Ce que je ne savais pas, c’est que ce serait en France… Aujourd’hui, mon épouse dit à mon sujet que je suis le plus vietnamien de nous deux, et ce n’est peut-être pas faux…

  Vous me demandez si les choses ont changé depuis les années 80 où se déroule la première partie de « Don ganh »? Oui évidemment ! Je pense qu’à la lecture de la deuxième partie du roman on le perçoit parfaitement…

Le Vietnam des années 80, c’était l’apocalypse stalinienne, un monde illogique où chacun faisait comme il le pouvait pour survivre… Celui de 2012 où se situe la deuxième époque ressemble au monde occidental avec ses qualités et ses défauts, si on exclut, bien sûr, l’idée que nous avons ici de la démocratie. J’ai voulu marquer ces différences dans le roman, en tentant la gageure de décrire la même ville côtière de Nha Trang à deux époques distinctes.

La première fois, c’est pour le séjour de Kiêu et Khanh et la deuxième, pour celui de Liên et Xuân. Et puis la démographie aussi : à l’époque coloniale, Saigon avait environ 500.000 habitants, devenue Hô-Chi-Minh-Ville, elle en comportait peut-être 2 à 3 millions à la fin de la guerre en 1975,  et aujourd’hui entre 11 et 14 millions suivant les estimations. C’est maintenant une mégalopole moderne où les tours de verre poussent comme des champignons et qui va inaugurer son métro courant 2018. Qu’elle s’appelle Saigon ou Hô-Chi-Minh-Ville, qu’on soit dans les années 1980 ou en 2017, j’aime passionnément cette ville sulfureuse, comme une femme sublime et vénéneuse.

 

4) Quelles sont les qualités du peuple vietnamien qui vous touchent le plus ? Il y a-t-il des choses qui vous agacent et que vous ne partagez pas ?

J’appelle le peuple vietnamien Monsieur Plus…  Qu’il chante, rit, pleure, gueule, résiste, travaille, délire, combine, il le fait plus que les autres, avec cette espèce d’élégance mêlant intelligence et naïveté qui n’appartient qu’à lui…  Il est fier, obstiné et courageux. La palme revenant à ses femmes magnifiques, d’une abnégation sans faille, qui continuent à porter son avenir sans faillir et sans même protester, alors que leurs époux n’ont su, eux, que porter les armes et l’anathème…     

  Pour l’agacement, permettez-moi de sourire… Tout d’abord, dans la vie ordinaire, essayez donc de faire des affaires ou bien simplement un achat au marché Bên Thành… Vous verrez que votre raisonnement linéaire ou pyramidal d’occidental viendra se heurter, comme dans un mur, aux circonvolutions ellipsoïdales de votre interlocuteur local… Ensuite, sur le plan politique et historique, deux choses m’irritent au possible. Localement, l’impuissance récurrente du régime à lutter efficacement contre la corruption, malgré la volonté évidente de certains dirigeants; mais ils se heurtent au système.

A l’extérieur, l’obnubilation de certains vietnamiens émigrés qui affabulent sur le régime, 42 ans après la fin des hostilités. Déformer caricaturalement une vérité, qui est déjà critiquable sur bien des points, ne sert à rien et nuit à l’argumentation… Imaginez qu’en Occident, en 1987, nous ayons été, encore et toujours, dans la passion et les discussions partisanes concernant la deuxième guerre mondiale.

Heureusement qu’il y a eu le rapprochement franco-allemand… Il faut savoir tourner les pages. La nostalgie, je la comprends et la cultive parfois, mais vouloir un retour en arrière sans concession, c’est juste délirant. Il faut bien comprendre que le Vietnam avait à la fin de la guerre une population d’environ 58 millions d’habitants et qu’aujourd’hui elle frôle les cent millions… Donc, 42 millions de Vietnamiens, surtout les jeunes, se fichent pas mal du passé et ne pense qu’à l’avenir…

 Saigon (le district 1 d’Hô-Chi-Minh-Ville aujourd’hui, la nuit pendant le têt)

5) Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire ce livre ? Quelle est la part autobiographique ? Avez-vous d’autres projets d’écriture en cours  ou dans vos tiroirs ? Sauf erreur, vous avez proposé d’autres manuscrits/tapuscrits aux éditions Ella. Vous pouvez en esquisser les sujets?

 Depuis très longtemps j’avais l’envie d’écrire un roman dont la trame serait vietnamienne, je pourrais même dire vietna-MIENNE… Hougron était passé par là comme je vous l’ai déjà expliqué… Puis, la découverte de deux immenses écrivaines vietnamiennes, Duong Thu Huong et Kim Thuy, ne firent que stimuler ce désir un peu fou… 

 La mort de mes deux parents à six mois d’intervalle, il y a trois ans, fut un déclencheur. Comme bon nombre d’enfants, j’avais à régler des problèmes existentiels… Je me mis en écriture, sans vraiment savoir où j’allais, et quelques mois plus tard un manuscrit surgit des méandres de mon passé, je l’intitulais « Brides d’enfance ». Il était maladroit, ampoulé, mais l’accueil que lui réservèrent les proches à qui je le fis lire, m’incita à penser qu’il n’était pas trop mauvais… Il est vrai que ces quelques lecteurs avaient tous fréquenté de visu les personnages. « Brides d’enfance » restera à jamais un texte écrit pour quelques-uns, le règlement de compte avec les parents y est terrible et ne regarde que la famille. Seulement tout étonné d’être arrivé à le finir, je me suis lancé un nouveau défi : concrétiser cette envie qui me tenaillait depuis des dizaines d’années et entamer l’écriture d’un roman vietnamien, ce sera « Don ganh »…

  Les personnages de « Don ganh », même les secondaires, sont tous issus d’une galerie de portraits que j’ai amassés au fil des trente-cinq années de séjour au Vietnam. Bien sûr, j’ai parfois forcé le trait de certains d’entre-eux, et aussi, pour quelques-uns, construit un seul personnage à partir de deux ou trois personnes rencontrées dans le monde réel.

Les anecdotes sont presque toutes, en grande partie, authentiques, mais je me suis principalement attaché à restituer l’ambiance si particulière et totalement différente des deux époques qui sont décrites. Pour l’auteur que je suis, la magie de « Don ganh » fut d’être écrit, pour sa plus grande partie, sur place. Ainsi pour la scène du premier rendez-vous entre Kiêu et Khanh qui se déroule dans la galerie du Continental, je me suis installé dans celle-ci, vers 9 h du matin, et à 14 h, le passage était tapé sur l’écran de mon ordinateur portable, au milieu des verres et des assiettes vides de mes commandes successives… Il en fut ainsi pour la plupart des chapitres… J’ai juste trouvé cela MAGIQUE ! Un peu schizophrénique quand même, car par moments je ne savais plus si j’évoluais dans le roman ou dans la vraie vie…

  La cathédrale Notre Dame la nuit pendant le Têt…

J’ai maintenant une folle ambition littéraire pour l’avenir, j’aimerais arriver à synthétiser le style très novateur « en rebonds » de  Philippe Djian, tout en le mixant avec celui de Patrick Modiano, qui, lui, joue en virtuose de la concordance des temps et les juxtapose comme un millefeuille… Ceci, sans perdre ce qui est je pense ma toute petite qualité, à savoir, des images qui viennent à l’esprit du lecteur et s’accrochent immédiatement à mes mots… C’est un peu fou, la tâche est ardue, ce sont deux immenses écrivains… mais sans ambition, on n’évolue pas… Essayer, c’est déjà commencer à vivre l’aventure, et finalement seul le voyage compte…

  J’ai remis à ELLA, ma maison d’éditions que je salue sincèrement au passage pour le chaleureux accueil qu’elle a bien voulu me faire, deux manuscrits. Vous remarquerez que je rechigne à dire tapuscrits : je déteste ce mot, il me fait penser — je ne sais pourquoi— à marchand de tapis…

  Le premier, « Des vies bien tranquilles » est une saga familiale, avec une grande histoire d’amour, qui se déroule dans le Vietnam de la république du Sud, pro-occidentale, avec en toile de fond tous les événements authentiques de cette période de guerre, de Révolution, de troubles civils et constitutionnels. Mes personnages y croisent des personnes historiques ayant réellement vécu et j’y apporte même quelques petites révélations peu connues des historiens. Je le vois un peu, dans ma folie d’auteur — j’espère ne pas apparaître prétentieux — comme un Docteur Jivago à la sauce nuoc mam…

  Le second s’intitule « Dupont avec un thé ». C’est un exercice de style, très influencé par Djian. Le thème en est la famille, avec ses joies et ses peines… Un frère et une soeur, entre amour et jalousie… Rien d’original, mais si la vérité était tout autre ? Entre autobiographie et récit onirique, je m’y dévoile  sans complaisance. Petit clin d’oeil : presque tous les chapitres y possèdent le titre d’un roman déjà publié…

  Puisque vous me le demandez, j’ai aussi deux romans en cours, dont la toile de fond est aussi et encore le Vietnam. L’un des deux, déjà bien avancé, est la suite de « Des vies bien tranquilles » et s’intitulera « Vo mong », ce qui veut dire Désillusions. Il se situe dans la période terrible qui a suivi la chute de Saigon. Mais je prends mon temps…

La dernière photo en noir et blanc symbolise le Saigon éternel que je chéris…J’adore la pluie sous les tropiques…

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Image du jour: « Tu préfères qu’on joue à cache-cache ou à saute moutons? »

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Interview expresse de Christine Nivière, chargée de communication à l’abbaye du Thoronet (Var)

1/ Maitre Renard: Dimanche, ce sera la 3ème édition du Noël médiéval à l’abbaye du Thoronet. Comment est née cette manifestation dans ce cadre un peu insolite? Quels en sont les initiateurs?

Christine Nivière:  Jusqu’alors  nous n’avions pas de manifestation hors- saison ,notre unnamedpublic de proximité était en demande d’évènement et la période de Noel était propice pour organiser une fête médiévale.  J’avais très envie de créer une ambiance un peu magique  qui ferait rêver  les enfants .

Mon collègue Gregory Gerberon qui est passionné de reconstitution historique m’a tout de suite suivi dans ce projet

 

2/ Il y a quelques autres Noëls thématiques sur le Moyen-Age dans le Var; quelle est la spécificité et les originalités du vôtre?

Il y a de nombreuses fêtes médiévales ou de fête de Noel mais aucune sur un noël médiéval . La particularité et le petit plus si je puis dire c’est bien sur le lieux , un décor médiéval dans une des plus belles Abbayes cisterciennes c’est ce qui séduit les visiteurs.

 

3/ Par rapport aux deux précédentes éditions, quels sont les plus du Noël médiéval de cette année? Quel est l’esprit dans lequel vous avez conçu cette manifestation?

La 1ere année fut un test : nous avons pu voir les attentes des visiteurs . La deuxième année nous avons professionnalisé l’évènement . Cette année nous avons privilégié des artisans d’art ,des producteurs locaux et des savoir-faire ancestraux ; nous avons  étoffé le marché afin que les visiteurs puissent aussi  faire des achats de Noel. En plus du marché et des démonstrations comme le souffleur de verre il y a de nombreux ateliers pour enfants ( enluminure, bracelet cuir , coiffure de princesse , adoubement de petits chevaliers) que l’on ne retrouve pas forcement dans les fêtes médiévales.

 

11galer 24galer 7galerie4/ Noël au Moyen-Age, c’était comment? Sait-on si on le fêtait comme aujourd’hui?

Noel au moyen Age était bien sur une grande fête religieuse qui venait après une période de jeune ,après la messe de Noel il y avait des jeux, des danses, dans les maisons il y avait des décors faits de verdure .

La crèche vivante apparait au Xlll siècle avec St Francois d’Assise. Les crèches dans les maisons  arriveront plus tard .

5/ Aprës ce Noël à l’abbaye, quelle seront les temps forts de la programmation culturelle au Thoronet ? Il y aura-t-il des manifestations nouvelles?

unnamed-13 unnamed-14Les temps forts de la programmation de 2017 seront la semaine de la femme ( visite commentée sur les grandes figures féminines du Moyen Age) en Mars

Les concerts sur la période estivale

Monuments jeux d’enfant en octobre

Noel Médiéval en décembre

 

 

 

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Interview expresse de Marine qui a crée le blog « Culture chat »

unnamed-51/ Maitre Renard: Vous avez mis en ligne depuis quelques semaines unblog fort sympathique et fort intéressant: Planète Chat avec un sujet unique et fédérateur, le chat. Pouvez-vous nous expliquer votre démarche. Et pourquoi ce nom de Culture Chat?

Marine: Pour commencer, je souhaite vous remercier pour l’intérêt que vous portez à mon blog : Culture Chat et non pas Planète Chat ! Mais vous avez raison peut-être que les chats viennent d’une autre planète après tout ….

Ma démarche est assez simple, je souhaite que tout les propriétaires unnamedde chats réalisent qu’un animal encore à moitié sauvage vit chez eux ! Et je donne des conseils pour gérer au mieux cette cohabitation.

Culture Chat. J’ai choisi ce nom parce que je veux avoir la liberté de parler de tout ce qui est
relatif aux chats dans tout les domaines. J’ai fait par exemple un article sur le street-artiste M. Chat, sur le mythe du chat noir dans l’évangile des sorcières, sur la déesse Bastet dans l’Egypte ancienne et je ne compte pas m’arrêter là. C’est tout l’univers du chat qui est pris en compte. Quelle est l’ empreinte qu’il laisse sur nous ? et comment on le perçoit ?
 Je travaille en binôme avec mon copain qui s’occupe des chiens ; il les promène en ville et aux bois et suit depuis peu une formation d’éducateur. Un jour, Il m’a montré un site très bien documenté sur les chiens qui s’appelait Culture Chien. Je me suis dit alors que je pouvais créer son pendant Chat !

2/ Que représente pour vous le chat? Avez-vous une race fétiche? Quels sont les caractéristiques auxquels vous êtes le plus sensible? 

unnamed-2unnamed-9Marine : Le chat représente justement ce côté sauvage, animal qui existe chez tout à chacun, mais que les conventions sociales nous obligent à réprimer. Sans entrer dans des discours philosophiques je crois que j’aimerais leur ressembler, car ils sont libres, ils font ce qu’ils veulent, quand ils le veulent et c’est ça qui est plaisant.

Je n’ai pas de races fétiches, mais plutôt une couleur de robe : j’aime les chats noirs.

3/ En quoi le chat se différencie-t-il psychologiquement d’autres animaux familiers, en particulier le chien? Est-ce que l’on peut dire « tel chat, tel maitre? » Quels sont les préjugés à l’égard de cet animal qui sont le plus inexacts? 

Marine: Les chiens et les chats sont totalement différents et je pense que c’est presque un miracle qu’ils arrivent dans certains foyers à vivre ensemble. Je me demande d’ailleurs s’il n’y a pas un profil psychologique fait pour les chiens ou pour les chats ça serait une belle idée d’articles.

Concernant les clichés j’ai fait un article dessus, exemple le chat ne ronronne pas seulement quand il se sent bien, mais également quand il va mourir, allez le voir vous allez être surpris : https://chatseul.fr/2016/11/09/3-idees-recues-sur-le-chat-remisent-en-causes-par-la-science-et-lobservation/

4/ Quelles sont les représentations artistiques autour du chat qui vous sensibilisent: musique, poèmes, peintures, livres? Que pourriez-vous nous conseiller?

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Marine: 
« La culture autour des chats est assez vaste et je souhaite lui donner une vraie place dans mon blog. J’ai fait des études d’Histoire de l’Art et j’aime m’intéresser aux symboles. Je pense que le chat possède une symbolique profonde, il est une sorte d’archétype. C’est une sujet fédérateur qui touche tout le monde. Il existe d’ailleurs une relation privilégiée entre les artistes et les chats. On a tous entendu parler de Dali et son chat Babou, ils étaient inséparables. Sur cette photo on peut voir Henri Matisse en compagnie de son chat sur son lit d’hôpital. »

Ce que je conseille :

    • Film : Chat noir, chat blanc Chat noir, chat blanc (en serbe Crna mačka, beli mačor/Црна мачка, бели мачор, soit littéralement « chatte noire, chat blanc »1) est un film yougoslave  réalisé par Emir Kustorica, sorti en salles en 1998.
  • Livre : Le chat botté de Charles Perrault
  • Poème : Le Chat de Baudelaire

5/ Vous poursuivez notamment des études d’éthologie, donc du comportement des animaux. A terme, comptez-vous en faire une profession? Celle de  vétérinaire serait-elle la plus appropriée ou pensez-vous garder une spécificité autour des chats? 

Marine: Je suis effectivement en train de faire du Chat mon métier. Pour, comme lui, devenir indépendante. Je propose actuellement des services de cat-sitting : je viens garder le chat au domicile de son propriétaire lorsqu’il part en weekend ou en vacances. 

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J’ai également débuté un stage dans lequel j’accompagne une comportementaliste dans ses rendez-vous clients. Je publie les comptes-rendus dans mon blog, il recèle ainsi de beaucoup de connaissances mises à disposition de tout le monde librement. 

6/ Avez-vous vous-même des chats? Peut-on connaître leurs prénoms? Savez-vous d’où vous vient cette affection pour les chats? Il y a-t-il un lien avec la vison baudelairienne de cet animal ou même avec celle des Egyptiens? unnamed-10

Marine: Je n’ai actuellement pas de chats à la maison, mais un chien ! Trahison !! Plus sérieusement, j’aimerais finir ma formation avant d’en prendre un. D’où me vient cette affection ? Peut-être qu’elle a commencé le jour où mon père m’a offert un chat quand j’avais douze ans…

En ce qui concerne les égyptiens, c’est un peuple qui me fascine et je vous invite à découvrir l’article qui traite de la place du chat en Egypte ancienne : https://chatseul.fr/2016/10/27/lhistoire-de-la-deesse-a-tete-de-chat-en-egypte-ancienne/

Et si vous êtes curieux ou que vous désirez en apprendre davantage sur le comportement de votre chat je vous invite à visiter mon blog. 

http://culturechat.fr/

Merci Maître Renard pour cet entretien,

Marine 

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Image du jour: « La sieste, c’est la sieste! »

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Interview expresse d’Olivier Cojan pour son « Le Pays où vont mourir les rêves » (Ella éditions)


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1: »Le Pays où vont mourir les rêves » est  un délicieux titre qui renvoie à quel pays? Et pourquoi ces rêves vont mourir. En plus clair, pourquoi ce joli titre? 

Olivier Cojan: D’abord parce que je le trouve beau et chargé de toute ma nostalgie. Plus sérieusement, j’appartiens à cette génération qui a beaucoup rêvé dans les années qui ont suivi mai 68. A près de cinquante années de distance, il semble bien que beaucoup de nos rêves aient pris l’eau. Beaucoup des rêves de ces années-là n’étaient que l’aboutissement d’aspirations plus anciennes portées par les deux ou trois générations qui nous avaient précédés. Même s’ils ont dû faire face à de terribles épreuves nos parents comme nos grands-parents ont aussi porté et nourri ces rêves d’un monde meilleur, plus juste, plus joyeux, plus chargé d’espérance, en un mot plus heureux.
Nous en sommes aujourd’hui à la fin des illusions. Les rêves se sont fracassés sur le mur de la réalité. L’humanisme, la générosité, la fraternité et même l’hédonisme ne font plus recette. Les uns après les autres, nous avons vu les rêves mourir, là, sous nos yeux, dans notre pays. Métaphoriquement « Le Pays où vont mourir les rêves » c’est le nôtre, notre France qui parvenue au terme d’un chapitre de sa très longue histoire peine à en ouvrir un nouveau, lui-même porteur d’autres rêves et d’un nouvel enthousiasme…
J’ajoute qu’il m’arrive encore de temps en temps d’écouter Eva – une chanteuse oubliée des années 70. Sa chanson « Où s’en vont mourir les rêves… » m’émeut toujours et ressuscite cet autrefois de ma jeunesse….

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2/ Quel est votre projet global car ce volume n’est que le premier de ce qu’on peut peut-être appeler une saga? Où en est cette saga justement. Quand paraîtra le second volume et avec quel titre?

Olivier Cojan: J’ai le projet de raconter le XXe siècle. A ma façon bien sûr, et tel que je le vois et je le ressens. Je fais naître les deux personnages centraux du livre en 1898 et je vais les emmener Jusqu’en 1989, jusqu’à la chute du mur de Berlin qui clos un chapitre de l’histoire européenne – disons de la tragédie ou du suicide européen. La saga « Le pays où vont mourir les rêves » se déclinera en six volumes. Dernières nouvelles du monde 1898 – 1914 en est le premier volet. Le second volume N’oublie jamais… 1914 – 1919 paraîtra début septembre. Le troisième épisode De toutes nos forces ! 1926 1938 qui est écrit devrait paraître au printemps 2017. Je suis en train de travailler sur Ainsi finit la nuit 1940 -1946 qui pourrait paraître à l’automne 2017. Les deux derniers volumes Le partage des vivants 1948 – 1964 et Cours, Cours Camarade 1968 – 1989 ne sont encore qu’à l’état de notes et de références de documentation.

3/ Qu’avez vous voulu monter sur cette période du début du XXème siècle (1898-1914)? Ce n’est pas à proprement un roman historique mais romancé , complètement crédible et vivant: quelle est la part de l’invention dans vos personnages? 

Olivier Cojan: Je ne veux rien montrer ni démontrer. Je raconte une histoire sociale dans l’Histoire avec un grand H telle qu’elle m’apparaît aujourd’hui. Au contraire des historiens qui tendent vers l’objectivité, je revendique ma subjectivité. Je parle du monde de la « belle époque » tel que je l’imagine, âpre, dur et impitoyable avec les faibles : une société de castes rigides mais travaillée par l’aspiration à un monde meilleur. Parce que j’arrive à un âge où il est sage de revenir avec un esprit apaisé sur tout ce qu’on a vécu et tout ce qu’on a lu ou observé, j’ai pu bâtir ce récit où se mêlent les luttes sociales, le combat politique et les passions amoureuses. Sans en avoir l’intention délibérée, j’ai mis dans ce roman ceux que j’ai connus et aimés et d’autres personnages que j’ai recomposés à partir d’hommes ou de femmes que j’ai côtoyés à des moments particuliers de ma vie. J’ai surtout travaillé à partir d’un territoire que je connais bien et qui m’a inspiré. Et puis il y a l’accumulation de toutes les lectures qui ont nourri mon imaginaire depuis des dizaines d’années… On n’invente jamais rien quand on écrit : on ne fait jamais que d’infinies variations sur des thèmes anciens… « On fait du neuf avec du vieux » comme aurait dit Léontine ce personnage du livre qui ressemble tant à ma grand-mère que dans mon esprit elles se confondent…

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4/ Quels sont les romanciers qui vous ont le plus marqués? Il y a en at-il qui vous ont inspiré pour construire votre roman comme Maurice Druon pour les Rois Maudits. On pense par moments aux Rougon-Macquart de Zola: vous vous sentez une parenté avec ces auteurs? 

Olivier Cojan: L’œuvre de Zola est une somme. Elle est inépuisable et inimitable. Il serait très prétentieux d’établir une quelconque parenté entre nous, il reste pour moi un modèle indépassable et inimitable. Je me réfèrerais plutôt à d’autres lectures adolescentes peut-être plus modestes : à Martin du Gard, à Mazo de la Roche, aux sagas familiales de Troyat ou encore à Guerre et Paix de Tolstoï. Plus tard je me suis frotté aux Buddenbrook de Thomas Mann ou au Guépard de Lampedusa et à bien d’autres dont les noms ne reviennent pas à l’esprit dans l’instant où je réponds à vos questions. Mais pour moi, le livre fondateur, le socle de mon travail reste le « Cent ans de solitude » de Garcia-Marquez. Il s’agit là aussi d’une somme qu’il faut lire et relire sans cesse sans jamais espérer en épuiser toute la richesse. L’écoulement du temps y est palpable, et génère une construction subtile que je ne prétends pas copier mais qui m’a inspirée. Qu’elles soient écrites par de grands auteurs ou par des écrivains plus besogneux et modestes, la matière principale de toutes les sagas reste toujours le temps. Le temps qui passe et qui nourrit notre nostalgie avant de nous emmener vers l’oubli.

5/ Quand et comment vous a pris la passion de l’Histoire? Vous avez obtenu avec ce livre le Prix du Manuscrit de Beauce et Dunois 2015: c’est plus qu’un encouragement, non?

Olivier Cojan: Je ne crois pas qu’on ait jamais la passion de l’histoire : on a plus ou moins conscience du défilement du temps. Et pour moi ce temps passé n’est pas habité que de fantômes, il est incarné. Aussi loin que puisse porter mon souvenir j’ai toujours eu cette perception d’une époque qui n’était pas close mais qui demeurait vivante et dans laquelle on pouvait musarder. Car le monde est beaucoup plus immobile qu’il y parait. On dispose de moyens de communication fabuleux et de possibilités techniques encore inimaginables au début du XXe siècle, mais sommes-nous meilleurs, usons-nous plus subtilement de notre intelligence, de notre raison, de notre capacité à juger du bien comme du mal ? Les luttes pour le pouvoir ou pour acquérir la richesse et la puissance restent féroces. Rien ne change vraiment. Comme l’écrit Erri de Lucas on peut se battre pour la liberté, on peut lutter pour l’égalité mais la fraternité ne relève pas du combat, il faut la faire émerger dans la société comme en en chacun d’entre nous. La fraternité reste un vœu pieux. C’est à ce point nodal de notre devise républicaine qu’a débuté ma réflexion et mon envie de l’illustrer en écrivant « le Pays où vont mourir les rêves »
Le Prix du manuscrit de la Beauce et du Dunois a récompensé mon travail au mois de novembre 2016. C’est évidemment une reconnaissance à laquelle j’ai été très sensible d’autant que le jury était présidé par Alain Denizet dont j’admire le travail d’historien du quotidien et de la ruralité. Son « enquête sur un paysan sans histoire » à propos de son ancêtre Aubin Denizet est un modèle de rigueur intellectuelle et son « affaire Brière » allie l’érudition à l’intelligence de l’exposé. Son enthousiasme à propos de mon roman a été un formidable encouragement. Je remercie aussi Christophe Prat, devenu depuis, mon éditeur, d’avoir insisté à plusieurs reprises pour que j’envoie mon manuscrit à Châteaudun. Sans lui l’aventure de cette saga ne serait restée qu’un rêve… un de plus.

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Olivier Cojan: « Le Pays où vont mourir les rêves » 1898-1914 Dernières nouvelles du monde. Ella éditions. Prix du manuscrit de Beauce et du Dunois 2015.  425 pages.    20 euros.

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