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Figures féminines de Corse n°2: Colomba

Colomba est une nouvelle de Prosper Mérimée, parue le 1er juillet 1840 dans la Revue des deux Mondes puis publiée en volume en 1840 chez Magen et Comon.

 

Colomba a pour thème la vendett1, guerre privée de vengeance entre familles qui se « faisaient elles-mêmes justice », et dans le cadre de laquelle la famille dont un membre avait été offensé se devait d’exercer sa vengeance contre la famille de l’offenseur.

Résumé

Colomba della Rebbia a vu périr son père assassiné par son ennemi, l’avocat Barricini. L’assassin a su dérober son crime aux yeux de la justice, mais Colomba n’a pas mis l’espoir de sa vengeance dans la loi. Elle a un frère, Orso della Rebbia, lieutenant en demi-solde dans la garde impériale, qui doit bientôt revenir en Corse. C’est lui qui est maintenant le chef de la famille, et c’est lui qui, selon les idées de la Corse, doit venger son père : quand on a un ennemi, il lui faut choisir entre les trois S : « schioppetto, stiletto o strada » (fusil, stylet ou fuite, expression corse).

Lorsque Orso si longtemps attendu revient enfin au pays, Colomba découvre que son séjour sur le continent lui a fait concevoir, de l’honneur et de la justice, d’autres sentiments que ceux de ses compatriotes et surtout de sa sœur : il déteste la vendetta. Colomba pousse alors avec un mélange d’amour fraternel et d’ardeur de vengeance son frère à un meurtre expiatoire, qu’elle aurait accompli elle-même si elle n’eût cru que l’exécution de la vengeance appartenait à son frère comme chef de la famille.

Craignant qu’il ne soit abattu dès son retour à Pietranera, le village ancestral, Colomba a soin de couvrir Orso de son corps lorsqu’il passe devant la maison des Barricini. Pour aviver sa colère et sa haine contre ses ennemis, elle le mène à la place où son père a été tué puis, de retour à la maison, elle lui montre la chemise couverte de larges taches de sang de leur père et la lui jette sur ses genoux, avant de poser dessus les deux balles qui l’ont frappé.

Excité par sa sœur et par l’opinion de ses compatriotes, Orso n’en continue pas moins de répugner à la vendetta lorsqu’il est attaqué dans la montagne par les deux fils de l’avocat Barricini. En état de légitime défense, Orso les tue et accomplit la vengeance de Colomba.

Forcé, dans les premiers moments, de se cacher dans les maquis impénétrables qui servent de retraite aux bandits corses, une ordonnance de non-lieu sera rendue en sa faveur lorsque l’examen des cadavres et la déposition du colonel démontreront qu’il était seul au moment du combat et qu’il n’a fait que riposter à ses attaquants.

Sources d’inspiration

Prosper Mérimée avait visité la Corse en 1839, en tant qu’inspecteur des monuments historiques. Son intérêt d’ethnologue s’attache au-delà des monuments aux constructions quotidiennes et à ce qu’elles révèlent des traditions. Il décrit les maisons corses comme des habitations austères en granit aux fenêtres étroites qui peuvent servir de meurtrières en temps de vendetta. Souvent ces habitations comportent un four et un puits pour soutenir un siège…

Dans ses pérégrinations, on lui raconta une vendetta qui opposa en 1833 deux familles du village de Fozzano, près de Sartène, les Carabelli et les Durazzo. Il fit également la connaissance de Colomba Carabelli, qui servit de modèle à sa Colomba, l’héroïne « qui excelle dans la fabrication des cartouches et s’entend même fort bien pour les envoyer aux personnes qui ont le malheur de lui déplaire »

L’écrivain a suivi dans les grandes lignes l’histoire de cette vendetta, la seule différence notable étant qu’au moment des faits, l’héroïne n’était pas une jeune fille, mais une femme âgée de 57 ans. Pour reprendre les évènements dans leur exactitude, en 1830, un Durazzo refuse d’épouser une jeune fille Carabelli qu’il a compromise. Le 26 juin 1830, trois hommes sont tués, au cours d’une tentative d’explication, dont deux Carabelli. Colomba, âme et animatrice du camp Carabelli, organise la mobilisation et, en décembre 1833, quatre hommes meurent dans un affrontement, deux Durazzo et deux Carabelli, dont François, son fils.

On montre aujourd’hui à Fozzano la maison et la tombe de Colomba.

Adaptations

Colomba a fait l’objet de nombreuses adaptations au cinéma, à la télévision, à l’opéra ou en bande dessinée :
1915 : Colomba, film réalisé par Travers Vale ;
1933 : Colomba, film réalisé par Jacques Séverac, avec Génica Athanasiou (Colomba), Jean Angelo (Orso), Josette Day (Lydia), Jacques Henley (le général Nevil) ;
1948 : Colomba, film réalisé par Émile Couzinet ;
1950 : Vendetta, film réalisé par Mel Ferrer, avec Faith Domergue (Colomba), George Dolenz (Orso), Hillary Brooke (Lydia), Nigel Bruce (le général Nevil) ;
1968 : Colomba, téléfilm réalisé par Ange Casta ;
1982 : Colomba, téléfilm réalisé par Giacomo Battiato, avec Anne Canovas (Colomba), Jean Boissery (Orso), Elisabetta Pozzi (Lydia), Umberto Orsini (le général Nevil) ;
2005 : Colomba, téléfilm réalisé par Laurent Jaoui, avec Olivia Bonamy (Colomba), Grégory Fitoussi (Orso), Claire Borotra (Lydia), Jean-Luc Bideau (le général Nevil) ;
2012 : Colomba, bande dessinée de Frédéric Bertocchini (scénario et adaptation), Sandro (dessins) et Pascal Nino (couleurs), publiée chez DCL éditions (ISBN 978-2-35416-065-4).
2014 : Colomba, opéra en 4 actes de Jean-Claude Petit d’après un livret de Benito Pelegrin. Commande de la ville de Marseille. Création mondiale à l’Opéra de Marseille (directeur général Maurice Xiberras) le 8 mars 2014.

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Le saviez-vous? Figures féminines: Murasaki Shikibu ( Japon, environ: 973-€“1025)


Murasaki Shikibu était une dame de la cour impériale du Japon, pendant l’ère Heian. Elle est l’auteur de ce qui est considéré comme le tout premier roman de l’histoire humaine : le Dit du Genji.
Son père semblait admirer son intelligence, mais se désespérait qu’elle soit « née femme ». Dans son journal intime, elle dit avoir appris le chinois en écoutant à travers la porte les leçons que son père donnait à son frère, car les femmes n’avaient pas le droit d’apprendre cette langue.

Interview expresse de Patrick Taisne Nguyên pour son livre « Don Ganh » (Ella éditions)

Ballade avec mon épouse non loin du marché Bên Thành ( la ballade de Khanh avant son assassinat… Nous avons fait le trajet en entier pour le restituer exactement, y compris choisi la maison de Khanh et Hoa que je décris).

 

Maitre Renard :1) « Don ganh » est votre premier livre. Le titre est exotique et un peu mystérieux pour un lecteur d’EURE-et-Loir. Vous pouvez l’expliciter ?

Patrick Taisne Nguyên: Don ganh signifie Palanche… Maintenant, regardez bien comment est faite une palanche : un panier à chaque extrémité d’une perche portée sur l’épaule d’une personne… Ajoutez à cela le chapeau conique presque inévitablement vissé sur la tête de celle-ci, et la première image qui vient à l’esprit est celle d’une balance avec ses plateaux et son fléau… 

De là, à la lecture de « Don ganh », votre cerveau fera vite le rapprochement avec la balance de la justice ou du destin… Effectivement, Huong, la marchande de soupe aux vermicelles, le fameux Bun riêu (prononcez Boun Jiou) est dans cette histoire celle qui fait à chaque fois basculer la vie des autres personnages… La palanche qu’elle porte, son outil de travail, devient donc le symbole de son pouvoir, en l’occurence maléfique…

  J’ai voulu que ce livre, bien qu’écrit en français, soit le plus vietnamien possible dans ses tournures de phrases, dans certaines expressions, que j’ai parfois traduites littéralement, sans franciser. Je voulais que le roman transpire, suinte, le Vietnam, à travers les mots et la façon de se comporter des personnages, au point que mon intention ultime était même de souhaiter que le lecteur puisse croire que l’histoire avait été écrite en vietnamien puis traduite en français… Ce n’était pas un caprice d’auteur mais la recherche de l’authenticité maximale… Je sais aujourd’hui que mes lecteurs d’origine vietnamienne la lui accorde sans hésiter, et c’est là ma plus belle récompense et ma grande fierté…

  J’ai songé un temps, avant sa publication, à lui donner finalement un titre français, pour qu’il paraisse plus successible aux futurs lecteurs… Christophe, mon éditeur, a préféré garder ce nom qu’il trouvait joli et exotique… Je pense aujourd’hui qu’il a eu raison.

Sur la terrasse du Caravelle ( Liên demande à Xuân de l’y emmener danser le tcha tcha et la salsa)

2) Vous aimez à citer l’adage « Rassasié on devient Bouddha, affamé on devient un diable malfaisant » En quoi illustre-t-il votre récit « Don ganh » ?

Je crois que cet adage résume bien la situation des personnages… Une situation exceptionnelle peut parfois engendrer des comportements exceptionnels chez certaines personnes… La France a aussi connu un contexte similaire pendant l’occupation allemande. Lorsque vous devez lutter chaque jour pour survivre dans un monde nouveau que vous n’avez pas souhaité et même parfois combattu de toutes vos forces, et dont vous ne comprenez pas totalement les règles, vous devenez rapidement moins rigoureux sur le principe d’honnêteté.

A ce jeu-là, certains se révèlent des virtuoses, ce qui est le cas de Khanh. Cet ancien fonctionnaire de la Sécurité du régime déchu découvre les problèmes posés par la guerre, une fois la paix installée, lorsqu’il va en camp de rééducation et qu’on lui saisit sa maison… Il était déjà combinard dans son ancienne vie, son séjour en camp de rééducation l’a traumatisé et il ne va avoir de cesse qu’à récupérer ce dont on l’a spolié et finir par devenir un maître en la matière…

Il faut reconnaître qu’il est extrêmement doué… Je ne pense pas que ce soit un salaud intégral: il montrera générosité envers sa maîtresse et fidélité pécuniaire vis-à-vis de sa famille légitime… C’est plutôt un opportuniste, et au changement de régime des gens comme lui, il y en a eu plein… Huong, de son côté, si elle était mieux née, serait-elle aussi néfaste ? Là je n’ai pas la réponse, ce qui est sûr, c’est que devoir se battre pour survivre un jour de plus dans un monde économiquement et politiquement agressif ne doit pas arranger les choses. Je ne crois pas, sauf maladie, que les hommes naissent mauvais, c’est la vie, et pire encore la survie lorsqu’elle est nécéssaire, qui les poussent à le devenir. Bien sûr, chacun réagit à une situation donnée suivant son tempérament propre…

Repas de nuit sur la plage privatisée du restaurant dancing Les quatre saisons à Nha Trang où Liên et Xuân viennent écouter chanter le chanteur Tung.

3) Quels sont vos liens avec le Vietnam ? Quelle image avez-vous de ce pays ? Celui que vous connaissez le mieux et auquel vous êtes attaché appartient-il au passé, ou est-il toujours d’actualité ? Beaucoup de choses ont-elles changé depuis les années 80, époque où se déroule « La Palanche » traduction de Don ganh, notion qui nous reste tout aussi mystérieuse ?

J’ai aimé l’Asie, puis tout particulièrement le Vietnam, depuis ma tendre jeunesse…  Voici ce que j’ai écrit à ce sujet dans « Dupont avec un thé » un manuscrit à paraitre bientôt : 

« J’avais peut-être douze ans, ma mère me fit inopinément une belle et grande offrande. “ Il est temps que tu découvres la lecture ! ” — elle me dit, me mettant entre les mains Terre chinoise, le premier des romans de Pearl Buck que je lirai. Ce fut une révélation. Au fil des récits et des mois, les hallebardes traversières de la Mousson se mélangèrent peu à peu aux larmes introspectives de l’adolescence. Les eaux de fleuves étrangers rythmèrent ma souffrance au gré des courants de mon existence. Des personnages improbables, venus d’un monde lointain que je sentais pourtant proche, exaltèrent ma soif de romanesque et d’exotisme. L’Asie devint pour moi une terre imaginaire de refuge et de bien-être. Je devinais confusément qu’elle bouleverserait inéluctablement mon existence toute entière.

 

 A Chu Chi (célèbre pour ses tunnels), le centre de commandement vietcong à 60 km de Saigon… Peut-être Kiêu à côté de moi ?

Plus tard, Jean Hougron et Jean Larteguy remplacèrent Pearl Buck sur ma table de chevet. C’était l’Indochine française qui me faisait maintenant fantasmer. Nul autre que Hougron n’a si bien décrit le monde des “ petits blancs ” des années trente à cinquante — ces paumés de l’autre bout du globe, survivants à la dérive d’un lambeau de l’empire colonial français. Je fantasmais à travers ses héros combinards et pathétiques qui “ s’encongaillaient ” — comme on disait à l’époque.  J’imaginais avec moult détails le Saigon colonial. L’enfer du jeu du “ Grand Monde ”, mythique casino-bordel de la rue des marins située en plein Cho Lon, me devint familier —  j’y perdais et gagnais des fortunes à la roulette sous les yeux cupides d’extravagantes et vénéneuses courtisanes. Je fréquentais les fumeries d’opium du quartier chinois, évanescents refuges pour soigner les maux de l’âme et la mélancolie de l’Asie.  Je parcourais les avenues coloniales ombragées — je grimpais sur la banquette d’un cyclo-pousse à la recherche de jolies filles en ao dai* (tunique). La jungle menaçante défilait devant moi — je conduisais, un colt à la ceinture, un camion de contrebande sur une piste défoncée contrôlée par un Vietminh impitoyable. Aventure avec un A majuscule ! — Magie de la lecture ! »

 Adolescent, j’avais bizarrement pressenti que je rencontrerai une Saigonnaise qui partagerait ma vie, et le hasard ou le destin me donnèrent raison…  Ce que je ne savais pas, c’est que ce serait en France… Aujourd’hui, mon épouse dit à mon sujet que je suis le plus vietnamien de nous deux, et ce n’est peut-être pas faux…

  Vous me demandez si les choses ont changé depuis les années 80 où se déroule la première partie de « Don ganh »? Oui évidemment ! Je pense qu’à la lecture de la deuxième partie du roman on le perçoit parfaitement…

Le Vietnam des années 80, c’était l’apocalypse stalinienne, un monde illogique où chacun faisait comme il le pouvait pour survivre… Celui de 2012 où se situe la deuxième époque ressemble au monde occidental avec ses qualités et ses défauts, si on exclut, bien sûr, l’idée que nous avons ici de la démocratie. J’ai voulu marquer ces différences dans le roman, en tentant la gageure de décrire la même ville côtière de Nha Trang à deux époques distinctes.

La première fois, c’est pour le séjour de Kiêu et Khanh et la deuxième, pour celui de Liên et Xuân. Et puis la démographie aussi : à l’époque coloniale, Saigon avait environ 500.000 habitants, devenue Hô-Chi-Minh-Ville, elle en comportait peut-être 2 à 3 millions à la fin de la guerre en 1975,  et aujourd’hui entre 11 et 14 millions suivant les estimations. C’est maintenant une mégalopole moderne où les tours de verre poussent comme des champignons et qui va inaugurer son métro courant 2018. Qu’elle s’appelle Saigon ou Hô-Chi-Minh-Ville, qu’on soit dans les années 1980 ou en 2017, j’aime passionnément cette ville sulfureuse, comme une femme sublime et vénéneuse.

 

4) Quelles sont les qualités du peuple vietnamien qui vous touchent le plus ? Il y a-t-il des choses qui vous agacent et que vous ne partagez pas ?

J’appelle le peuple vietnamien Monsieur Plus…  Qu’il chante, rit, pleure, gueule, résiste, travaille, délire, combine, il le fait plus que les autres, avec cette espèce d’élégance mêlant intelligence et naïveté qui n’appartient qu’à lui…  Il est fier, obstiné et courageux. La palme revenant à ses femmes magnifiques, d’une abnégation sans faille, qui continuent à porter son avenir sans faillir et sans même protester, alors que leurs époux n’ont su, eux, que porter les armes et l’anathème…     

  Pour l’agacement, permettez-moi de sourire… Tout d’abord, dans la vie ordinaire, essayez donc de faire des affaires ou bien simplement un achat au marché Bên Thành… Vous verrez que votre raisonnement linéaire ou pyramidal d’occidental viendra se heurter, comme dans un mur, aux circonvolutions ellipsoïdales de votre interlocuteur local… Ensuite, sur le plan politique et historique, deux choses m’irritent au possible. Localement, l’impuissance récurrente du régime à lutter efficacement contre la corruption, malgré la volonté évidente de certains dirigeants; mais ils se heurtent au système.

A l’extérieur, l’obnubilation de certains vietnamiens émigrés qui affabulent sur le régime, 42 ans après la fin des hostilités. Déformer caricaturalement une vérité, qui est déjà critiquable sur bien des points, ne sert à rien et nuit à l’argumentation… Imaginez qu’en Occident, en 1987, nous ayons été, encore et toujours, dans la passion et les discussions partisanes concernant la deuxième guerre mondiale.

Heureusement qu’il y a eu le rapprochement franco-allemand… Il faut savoir tourner les pages. La nostalgie, je la comprends et la cultive parfois, mais vouloir un retour en arrière sans concession, c’est juste délirant. Il faut bien comprendre que le Vietnam avait à la fin de la guerre une population d’environ 58 millions d’habitants et qu’aujourd’hui elle frôle les cent millions… Donc, 42 millions de Vietnamiens, surtout les jeunes, se fichent pas mal du passé et ne pense qu’à l’avenir…

 Saigon (le district 1 d’Hô-Chi-Minh-Ville aujourd’hui, la nuit pendant le têt)

5) Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire ce livre ? Quelle est la part autobiographique ? Avez-vous d’autres projets d’écriture en cours  ou dans vos tiroirs ? Sauf erreur, vous avez proposé d’autres manuscrits/tapuscrits aux éditions Ella. Vous pouvez en esquisser les sujets?

 Depuis très longtemps j’avais l’envie d’écrire un roman dont la trame serait vietnamienne, je pourrais même dire vietna-MIENNE… Hougron était passé par là comme je vous l’ai déjà expliqué… Puis, la découverte de deux immenses écrivaines vietnamiennes, Duong Thu Huong et Kim Thuy, ne firent que stimuler ce désir un peu fou… 

 La mort de mes deux parents à six mois d’intervalle, il y a trois ans, fut un déclencheur. Comme bon nombre d’enfants, j’avais à régler des problèmes existentiels… Je me mis en écriture, sans vraiment savoir où j’allais, et quelques mois plus tard un manuscrit surgit des méandres de mon passé, je l’intitulais « Brides d’enfance ». Il était maladroit, ampoulé, mais l’accueil que lui réservèrent les proches à qui je le fis lire, m’incita à penser qu’il n’était pas trop mauvais… Il est vrai que ces quelques lecteurs avaient tous fréquenté de visu les personnages. « Brides d’enfance » restera à jamais un texte écrit pour quelques-uns, le règlement de compte avec les parents y est terrible et ne regarde que la famille. Seulement tout étonné d’être arrivé à le finir, je me suis lancé un nouveau défi : concrétiser cette envie qui me tenaillait depuis des dizaines d’années et entamer l’écriture d’un roman vietnamien, ce sera « Don ganh »…

  Les personnages de « Don ganh », même les secondaires, sont tous issus d’une galerie de portraits que j’ai amassés au fil des trente-cinq années de séjour au Vietnam. Bien sûr, j’ai parfois forcé le trait de certains d’entre-eux, et aussi, pour quelques-uns, construit un seul personnage à partir de deux ou trois personnes rencontrées dans le monde réel.

Les anecdotes sont presque toutes, en grande partie, authentiques, mais je me suis principalement attaché à restituer l’ambiance si particulière et totalement différente des deux époques qui sont décrites. Pour l’auteur que je suis, la magie de « Don ganh » fut d’être écrit, pour sa plus grande partie, sur place. Ainsi pour la scène du premier rendez-vous entre Kiêu et Khanh qui se déroule dans la galerie du Continental, je me suis installé dans celle-ci, vers 9 h du matin, et à 14 h, le passage était tapé sur l’écran de mon ordinateur portable, au milieu des verres et des assiettes vides de mes commandes successives… Il en fut ainsi pour la plupart des chapitres… J’ai juste trouvé cela MAGIQUE ! Un peu schizophrénique quand même, car par moments je ne savais plus si j’évoluais dans le roman ou dans la vraie vie…

  La cathédrale Notre Dame la nuit pendant le Têt…

J’ai maintenant une folle ambition littéraire pour l’avenir, j’aimerais arriver à synthétiser le style très novateur « en rebonds » de  Philippe Djian, tout en le mixant avec celui de Patrick Modiano, qui, lui, joue en virtuose de la concordance des temps et les juxtapose comme un millefeuille… Ceci, sans perdre ce qui est je pense ma toute petite qualité, à savoir, des images qui viennent à l’esprit du lecteur et s’accrochent immédiatement à mes mots… C’est un peu fou, la tâche est ardue, ce sont deux immenses écrivains… mais sans ambition, on n’évolue pas… Essayer, c’est déjà commencer à vivre l’aventure, et finalement seul le voyage compte…

  J’ai remis à ELLA, ma maison d’éditions que je salue sincèrement au passage pour le chaleureux accueil qu’elle a bien voulu me faire, deux manuscrits. Vous remarquerez que je rechigne à dire tapuscrits : je déteste ce mot, il me fait penser — je ne sais pourquoi— à marchand de tapis…

  Le premier, « Des vies bien tranquilles » est une saga familiale, avec une grande histoire d’amour, qui se déroule dans le Vietnam de la république du Sud, pro-occidentale, avec en toile de fond tous les événements authentiques de cette période de guerre, de Révolution, de troubles civils et constitutionnels. Mes personnages y croisent des personnes historiques ayant réellement vécu et j’y apporte même quelques petites révélations peu connues des historiens. Je le vois un peu, dans ma folie d’auteur — j’espère ne pas apparaître prétentieux — comme un Docteur Jivago à la sauce nuoc mam…

  Le second s’intitule « Dupont avec un thé ». C’est un exercice de style, très influencé par Djian. Le thème en est la famille, avec ses joies et ses peines… Un frère et une soeur, entre amour et jalousie… Rien d’original, mais si la vérité était tout autre ? Entre autobiographie et récit onirique, je m’y dévoile  sans complaisance. Petit clin d’oeil : presque tous les chapitres y possèdent le titre d’un roman déjà publié…

  Puisque vous me le demandez, j’ai aussi deux romans en cours, dont la toile de fond est aussi et encore le Vietnam. L’un des deux, déjà bien avancé, est la suite de « Des vies bien tranquilles » et s’intitulera « Vo mong », ce qui veut dire Désillusions. Il se situe dans la période terrible qui a suivi la chute de Saigon. Mais je prends mon temps…

La dernière photo en noir et blanc symbolise le Saigon éternel que je chéris…J’adore la pluie sous les tropiques…

Image

Images du jour en noir et blanc : beautés indiennes

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Voulez-vous donner votre avis sur un roman à paraître? « Si par hasard… » (1ère partie). Editions Ella

 

Je vous invite à lire et à commenter un roman qui paraîtra sous peu aux éditions Ella. Christophe Prat, son responsable, souhaite recueillir un maximum d’avis et de commentaires pour ce roman d’un auteur confirmé: Ludovic Lecomte. C’est un roman par mails comme autrefois il y eut des romans par lettres  (Les Lettres persanes de Montesquieu, les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos…) 

Nous vous présentons ce livre sous forme  d’un feuilleton où les personnages centraux sont des cadenas d’amour, tradition récente qui est née dans les pays de l’Est il y a une quinzaine d’années. Le Pont des Arts à Paris est le lieu le plus célèbre pour les amoureux qui se jurent un amour éternel en gravant leurs initiales et en jetant la clé du cadenas dans la Seine. D’où le titre du livre qui reprend une fameuse chanson de Brassens « Le vent » ou « Si, par hasard, sur le pont des Arts… ». Cela ne vous prendra que quelques instants et vous ne devriez pas le regretter…

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A Marie-Charlotte, amour sans cadenas,

 

 

4 juillet 2015

Julien est arrivé depuis une bonne demi-heure. Assis à la terrasse, il profite du soleil de la fin d’après-midi. Alain, le patron du café a déjà servi une pression et un jus d’abricot, comme tous les jeudis. Il les connaît par cœur et les attend même, ses « habitués du jeudi ». Les autres jours, ils arrivent ensemble, mais pour le moment Julien est seul. Il n’a pas touché à sa bière et les glaçons du jus d’abricot ont maintenant complètement fondu. Alain s’apprête à engager la conversation avec le jeune homme resté silencieux derrière ses lunettes de soleil, lorsqu’enfin Marine apparaît au bout de la rue.

Elle marche d’un pas rapide et décidé, s’approche de la table, tire la chaise qui cogne contre les pieds de la table dans un tintement métallique, pose d’un geste sec son portable près du jus d’abricot et s’assied, sans avoir embrassé Julien, ni salué Alain.

Julien retire ses lunettes.
« -Salut, tu as… »
Ses mots restent en suspens devant le regard glacial que lui adresse Marine.
« – Tu te rends compte de ce que vous avez fait ? le coupe-t- elle. »
Son ton est de la même température que son regard… :

 

« – C’est du vol ! Rien de plus, rien de moins ! »
Julien saisit son verre et commence à boire la bière qui attendait l’arrivée de Marine sur la table devant lui.

« – Tu m’écoutes au moins ? Et si vous vous étiez fait prendre ? Vous n’êtes pas sérieux ! Et Max ne vaut pas mieux que toi ! Ça s’appelle une effraction !
– C’était pour Agathe et on n’a même pas forcé la porte, on avait la clé… »

Marine secoue la tête.
« – OK, pour Agathe, admettons. Elle est jolie, tu as envie de la séduire, tu fais n’importe quoi, juste parce qu’elle te le demande… OK, c’est stupide, mais compréhensible. Mais pourquoi les dix autres ?
– Je ne sais pas, je me suis dit que ça pouvait être sympa… Et puis on ne s’est pas fait prendre, c’est le principal non ?
– Tu as rendu le sien à Agathe ?
– Non, pas encore.
– Tu vas lui sortir la grande scène, le grand rendez-vous, fleurs, promenade romantique dans les jardins du Louvre et remise de la boîte, un genou au sol ?
– Tu es dure… D’accord, on a fait une connerie, mais ce n’est pas non plus le casse du siècle. »
Julien se tait un moment. Marine touille rapidement son jus d’abricot à l’aide du mélangeur publicitaire, qui en frappant le verre à chaque tour provoque un cliquetis brisant le silence qui s’est installé entre les deux amis.
Julien reprend :
« – Une fois là-bas, je n’ai pas pu résister, il y en avait des tonnes. J’en ai pris dix que j’ai trouvé jolis ou étranges, en tous cas qui avaient quelque chose de particulier. Une

intuition… Chacun d’eux possède un signe, un dessin, une originalité qui le rend unique.
– Qu’est-ce que tu ne ferais pas pour séduire une jolie fille… soupire Marine dont la colère semble s’apaiser. »

Julien rougit et lui sourit. Il attrape son verre et sirote doucement sa bière plus tout à fait fraîche.
« – Et tu comptes en faire quoi de ces dix-là, alors ? »

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De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr le 6 juillet 2015 Objet : Ouverture

Nous avons le plaisir de vous confirmer la création de votre page « Cadenas » conformément à votre demande.
Nous vous souhaitons la bienvenue sur Votre Réseau.

A bientôt sur Votre Réseau

De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr le 6 juillet 2015 Objet : photos

Nous avons le plaisir de vous confirmer le dépôt de 10 photos sur votre page dans l’album intitulé cadenas.

Au plaisir de vous revoir sur Votre Réseau.

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De : Agathe@pourtant.com
Pour : Julien@bleu.fr le 8 juillet 2015 Objet : Merci
Bonjour Julien,
Je ne sais pas comment te remercier. Je relis les articles de journaux concernant le retrait des parapets du pont des arts et y vois le nombre de cadenas qui y étaient suspendus. C’est un miracle que tu aies retrouvé le mien. C’est sympa d’avoir pris des risques et d’avoir réussi.
C’était important pour moi, surtout depuis qu’Alexandre et moi sommes séparés.
On ne se connaît pas très bien tous les deux et pourtant tu as accepté de le faire. Quand tu as proposé de le chercher, l’autre soir à L’Eldorado, alors que nous discutions tous ensemble, j’ai pensé que tu disais cela sans vraiment y croire et que tu ne le ferais sûrement pas.
Merci.
J’ai vu sur ta page que tu en avais récupéré d’autres. Que comptes-tu en faire ?
Une collection ?
On boit un café et tu me racontes ?
A plus tard.
Agathe

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De : Julien@bleu.fr
Pour : Agathe@pourtant.com
Objet : RE : Merci
Salut,
Non, ce n’est pas une collection…
Je te raconte, mais tu promets de ne rien dire ?

 

le 8 juillet 2015

L’autre soir, après avoir subtilisé le trousseau des locaux de la ville dans les affaires de mon père, on s’est introduit dans l’entrepôt de la mairie avec Max pour y chercher ton cadenas. Le fait que mon père bosse à la mairie facilitait un tout petit peu la soirée. On n’avait pas besoin de fracturer une porte !

Il faut avouer que ta demande m’a paru bizarre au départ. Et puis finalement, je me suis pris au jeu du petit défi que ça représentait.
On a eu une chance folle de tomber très vite sur ton cadenas parmi les milliers qui sont stockés là, en attente de destruction.

Quand j’ai compris ce que ça représentait pour toi et l’importance que tu attachais à ce cadenas, je me suis dit que ça ferait peut-être plaisir à d’autres de récupérer le leur.
On a donc choisi dix autres cadenas qui venaient aussi d’être retirés du pont. Ces dix-là ont des signes particuliers. L’idée c’est d’essayer d’en retrouver les propriétaires.

Avec l’aide du Réseau, on devrait réussir, même si ça paraît un peu fou.

Voilà, tu sais tout, mais j’accepte quand même ta proposition de café en tête à tête.
Tu choisis la date ?
Jul’

De : Agathe@pourtant.com Pour : Julien@bleu.fr

le 9 juillet 2015

 

Objet : RE : Merci
Vous êtes de grands malades !
Mais je trouve l’idée touchante et poétique. Compte sur moi pour ne rien dire.
Agathe,

 

Le savez-vous? Le suicide de Cléopâtre piquée par un aspic

La mort de Cléopâtre ou le suicide pour l’honneur

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Alessandro Turchi, La mort de Cléopâtre, vers 1640
huile sur toile 255 cm x 267 cm
© [Louvre.edu] – Photo RMN

L’histoire

Après la défaîte des troupes d’Antoine et de Cléopâtre à Actium en 31 avJ.C. contre Octave, il ne reste plus aux vaincus qu’à mourir pour échapper à l’humiliation de la défaîte.

La mort d’Antoine

Cléopâtre selon la version de Plutarque dans les Vies Parallèles se réfugie dans son Mausolée alors inachevé et fait prévenir Antoine qu’elle est morte. Antoine le croit et se dit à lui-même :

 » O Cléopâtre, ce dont je souffre, ce n’est pas d’être privé de toi, car c’est dans l’instant que je vais te rejoindre, mais c’est que moi un général d’une telle renommée, je me sois montré inférieur en courage à une femme. »
Puis il demande à son serviteur Eros de le tuer ; ce dernier préfère se donner la mort plutôt que d’obéir à son maître. Antoine, alors défait sa cuirasse et se frappe au ventre avec son épée. Cléopâtre fera transporter son amant agonisant au Mausolée. Octave laissera à Cléopâtre le corps d’ Antoine pour qu’elle l’enterre selon ses volontés.

La mort de Cléopâtre

Cléopâtre tente d’abord de se tuer à l’aide d’une dague de brigand qu’elle portait à la ceinture, la plaie s’infecte et Cléopâtre y voit l’avantage de mourir sans avoir recours au suicide. Octave vient s’entretenir avec elle ; il la trouve vêtue d’une simple tunique, la beauté défaite. Cependant le charme fameux dont elle était douée et l’orgueil que lui inspirait sa beauté opèrent auprès d’ Octave. Elle lui laisse croire à son envie de vivre puis, après son départ, décide de mettre fin à ses jours. L’aspic, selon Plutarque, aurait été placé dans une corbeille de figues, dissimulé sous des feuilles. Cléopâtre en aurait donné l’ordre pour que l’animal l’attaquât sans qu’elle le sût. En enlevant des figues, Cléopâtre le vit et offrit son bras à la morsure. Puis elle fit parvenir une lettre à Octave. Il envoya aussitôt auprès d’elle ses gens :

(…) « ils la trouvèrent morte, allongée sur un lit d’or, parée de ses vêtements royaux. L’une de ses suivantes nommée Iras était en train de mourir à ses pieds ; l’autre, Charmion déjà chancelante et la tête alourdie arrangeait le diadème autour de la tête de sa maîtresse. « 
Telle fut la fin de Cléopâtre, fin « digne de la descendante de tant de rois  » selon le mot de Charmion à l’un des envoyés d’Octave.
Le tableau : La mort de Cléopâtre

Le peintre a pris quelques libertés avec la tradition historique. En effet, il rassemble dans le même tableau la mort d’Antoine et de Cléopâtre. Dans la version de Plutarque, Antoine meurt le premier, trompé par le messager de Cléopâtre. Celle-ci, privée du goût de vivre et refusant de figurer au triomphe d’Octave se suicidera quelque temps après, pour échapper à cette infamie.

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Le suicide d’Antoine

Antoine est représenté au premier plan, en bas, à gauche. Son visage est dans l’ombre, sa poitrine livide laisse apparaître le coup fatal qu’Antoine s’est porté. Le corps est montré dans son abandon. Le bras droit, touche le sol, la main est près du glaive rougi. Un soldat enveloppe dans le linceul le corps d’Antoine et regarde un militaire aux mains jointes. Les cuirasses des soldats aux couleurs chaudes, le brocard d’or du lit de parade sur lequel est étendu Antoine apportent un contraste saisissant à la lividité du torse, la blancheur du linceul, l’éclat métallique de la lame du glaive et au bleu dur de la tunique. La scène est d’une grandeur sublime ; au déshonneur de la défaîte, le héros n’a qu’une réponse à proposer : le suicide.

Le suicide de Cléopâtre

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Cléopâtre est au second plan du tableau. Elle occupe la place centrale. Elle est représentée, la tête inclinée, tenant dans sa main droite l’aspic mortifère. Ses habits, comme il sied à son rang, sont de pourpre et d’or, rehaussés de fines broderies. Ils mettent en valeur la beauté du buste, l’éclat de porcelaine de la chair, l’aréole rosée des seins. Les yeux sont mi-clos ; Cléopâtre semble glisser dans la mort avec une retenue propre aux êtres d’exception. Auprès d’elle deux suivantes. Faut-il y voir Irias et Charmion évoquées dans le récit de Plutarque ? Elles soutiennent leur maîtresse dans ses derniers instants. Une autre, à l’arrière, porte une urne, tandis qu’à l’avant, sur la droite une femme fait un geste d’adieu à Cléopâtre et une compagne essuie ses larmes.

Conclusion

Alessandro Turchi a rassemblé les deux amants dans leurs derniers instants. Unis dans la vie, ils sont côte à côte dans la mort. L’histoire ne peut séparer leurs destins : même gloire dans leur vie, même courage dans la mort. L’éclat du triomphe d’Octave aurait été augmenté par la présence des deux captifs ; le Romain, ravalant ses prétentions, devra, selon Plutarque, se contenter de faire figurer à son triomphe la statue de Cléopâtre, l’aspic attaché au bras ! L’Histoire retiendra cependant les larmes d’Octave pour la fin tragique d’Antoine, l’ admiration d’Octave pour la grandeur d’âme de Cléopâtre, le respect d’Octave pour la fin digne des deux amants qu’il fera ensevelir l’un auprès de l’autre avec une magnificence royale. Quitter la vie avec éclat est l’apanage des esprits forts ; c’est à la postérité qu’ Antoine et Cléopâtre ont légué leur geste sublime. Le tableau de Turchi en est le subtil relais.

Source: eduscol.education.fr/louvre/mort/mortcleo.htm

Insolite:Depuis l’espace, Thomas Pesquet lance un concours autour du «Petit Prince»

ESPACE  Les participants, qui doivent avoir moins de 25 ans, ont jusqu’au 28 février pour envoyer leur histoire…

Thomas pesquet, dans la station spatiale internationale
Thomas pesquet, dans la station spatiale internationale – ESA/NASA/SIPA

Thomas Pesquet, qui séjourne dans la Station spatiale internationale (ISS) depuis le 20 novembre, a choisi d’emporter avec lui les œuvres complètes de l’aviateur et écrivain Antoine de Saint-Exupéry. Alors il n’est pas surprenant que l’astronaute français ait donné ce lundi le coup d’envoi de « Faites voyager vos histoires dans l’espace » ( http://www.missionproxima.com/concours-ecriture), un concours d’écriture en langue française autour du Petit Prince.

« Je vous invite à emmener le Petit Prince sur une nouvelle planète »

« Pilote et astronaute, j’ai aussi été inspiré dans ma jeunesse par Saint-Exupéry qui a écrit Le Petit Prince, l’histoire d’un jeune garçon qui voyage de planète en planète », a expliqué Thomas Pesquet sur sa page Facebook. « Je vous invite à emmener le Petit Prince sur une nouvelle planète, où il fera à nouveau une surprenante rencontre… ».

Le concours est organisé par l’Agence spatiale européenne (ESA), la Fondation Antoine de Saint-Exupéry pour la jeunesse, le Labo des histoires, la Cité de l’Espace et l’Institut Français. Les participants, qui doivent avoir moins de 25 ans, ont jusqu’au 28 février pour envoyer leur histoire.

Résultats le 6 avril

Un jury composé d’astronautes, de personnalités de l’aérospatiale et de la littérature sélectionnera dix textes finalistes [cinq soumis depuis la France, cinq autres depuis le reste du monde], a précisé l’ESA dans un communiqué.

Ces dix textes seront envoyés à l’astronaute français à la mi-mars. Charge à lui d’en sélectionner deux et d’annoncer le 6 avril son choix pour les deux Grands Prix (catégorie France et catégorie International), depuis l’ISS.

A l’automne 2017, les dix finalistes seront invités pour un séjour en Europe sur le thème de l’espace et de la littérature.

 

(source: 20 minutes)

 

 

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