S'il te plaît, apprivoise-moi…

Archives de la catégorie ‘printemps des poètes’

Printemps des Poètes: Méandres, photo aérienne de Marc Bourbon

Méandres

Mon cerveau se perd
en conjectures, en vaines hypothèses
Mon cerveau malade
ne retrouve aucun repère

Mon cerveau circonvolue,
il erre d’hémisphère en hémisphère
et , d’impasse en impasse,
il revient toujours en arrière,
il tombe toujours sur la case
« impair et mauvaise passe »

Où donc es-tu, mon ami si fier?
Pourquoi ainsi m’abandonner?
Mes cellules grises foutent le camp par poignées,
Mes méninges se mélangent les pédales
et moi même je pédale dans la semoule.

Ca part en sucette et bientôt
je serai complètement ramolo:
Ma Muse ne me reconnaîtra plus
et ma plume tournera en rond
avant se sombrer corps et biens

Ma conscience n’a plus de tête
et glapira bientôt coin-coin.
Vieillir n’est pas qu’un naufrage
c’est un fieffé carnage.
J’ai perdu mes illusions,
mes cheveux et mes dents,
je perds la boule: c’est pas trop cool mais,
même mort,
je t’aimerai encore…

******

Photo aérienne de Marc Bourbon, à retrouver sur son site 

https://marcbourbonaerophoto.wordpress.com

Printemps des Poètes: La Proie

La Proie

Les sirènes appellent, appellent
Elles chantent , nous enchantent
Elles nous attirent dans des pièges maudits.

Elles veulent s’emparer de notre esprit,
l’emprisonner, peu à peu l’étouffer.
Elles veulent s’emparer de lui,
le dévorer pour elles-mêmes se délivrer.

Les sirènes sont partout
pour nous détourner de l’essentiel,
pour nous détourner du sel de la vie,
de ce qui en fait le prix.

Fermons les yeux,
laissons gambader nos rêves
peuplés de personnages comme ceux-ci.
Chacun porte, comme Marie, son univers
Chacun offre, comme Marie, une musique à partager

Libérez vos mauvais démons,
qu’ils deviennent génies créateurs.
Ne soyez plus des proies
devenez des chasseurs,
des chasseurs de rêves,
que vos mains transforment l’argile,
que vos plumes deviennent oiseaux
et sinon chantez ce que vous avez
en vous de plus fort, de plus tendre,
de plus gai.

Printemps des Poètes: Eaux sombres

Eaux sombres

Bouillonnement des abysses
Appel des profondeurs,
des entrailles de la mer,
de l’Océan qui pleure.

Quel est cet écho,
ce borborygme presque inaudible?

Quel est ce chant traitre
de sirènes ensorcelées?

La voilà:
Elle attire dans ses filets
le misère du monde
et ses bras menus
n’en peuvent plus.

Rien n’échappe à ses mailles serrées.
Elle traîne les destins brisés,
la solitude, l’ennui

Elle porte la vie déglinguée
comme Lui porte la croix
Noir est le voile de cette mariée,
mariée par devoir
triste épousée.

Sculpture de Marie Poscia, actuellement en expo à la galerie Marie Poscia, rue de Brest à Hyères (Var)

Printemps des Poètes: La Naissance de Vénus

La Naissance de Vénus

Elle est née de l’Océan,
de l’écume, du rocher

Elle est née, légère,
éphémère prière,
argile et boue,
poussière.

Une naissance, c’est toujours
mystérieux.
une alchimie,
une petite graine
que l’on sème
et qui germe
ou pas.

Il en faut des millions et plus
Il faut que la chance s’en mêmle
appelons ça Amour

mais il faut encore
que des doigts de fée travaillent cette poussière
et fasse de l’argile
une flamme, un cri.

Vénus est née parmi les coquillages.
Elle est née, divin avénement.
Une Vénus est née
La Beauté fleurit
et elle vous sourit.

Elle vous dit simplement merci
à vous et à son Créateur,
à sa Créatrice
qui lui a insufflé une parcelle d’Amour,
un souffle de vie.

Agenda critique de mars: ( contribution n°6) Vincent

 

Vincent

Dans la maison jaune,
Je suis enragé:
rien ne me calme,
rien ne m’apaise:
hold up crève-coeur!

Qui me vrille le ventre?
Je n’en peux plus.
Qui explose mes tempes?
Ma tête brûle.
Ras-le-bol de ce casse-tête,
de ce remue-méninges!

Je suis aveuglé:
rage de flammes
cacophonie
Tonnerre fulgurant.
Je ne veux pas t’entendre
et je n’entends que toi.

Merde, maudite oreille
Va au Diable,
Va te faire foutre:
Oreille, tu m’entends: je te hais!

Oreille maudite,
va-t-en au diable!
Inutile de faire la sourde…

C’est toi ou moi.

+++

Je n’aurai jamais la paix.

Le mal me laboure

Au secours!


https://maitrerenardinfo.wordpress.com/2017/03/23/agenda-critique-…ution-n6-vincent/

Agenda critique de mars: contribution n°3: Ouf de ouf et Mat!

 

Oui, oui, je suis le Fou,
le Mat, le Maudit,
le vagabond, le va nu-pieds,
le sans-abri.

Oui, oui, je n’ai plus pour compagnons
qu’un chien errant et qu’un bâton-baluchon

Je ne suis plus rien, même pas l’ombre de tes reins
depuis que tu m’as mordu dans le cou,
depuis ce baiser en songe: tu m’as envoûté,
changé en statue de sel

et mon esprit s’est envolé vers les Carpathes
ou la Transylvanie.

J’ai le cerveau à l’envers
et le reste à l’envi.
Je pleure, je ris, je pleurésie.
Je marche sur la tête,
pirouette, cacahuète.


Si je meurs, ne m’en veux pas:
ce sera de bonne heure
et personne ne le saura,
même pas moi.

As-tu empoisonné mon âme
qui depuis lors rame
quelque part en Purgatoire?
je suis prisonnier du Paradis.

Je m’en vais vers nulle part,
sans espoir
mais que douce est cette souffrance,
pardi!

Je plume un aigle, un dindon,
un ange pour t’offrir ces mots
trop parfaitement imparfaits,
pauvres fruits défendus:
qui l’eût  crû?

Car tout ça, jamais tu ne le sauras;
Je suis fou à lier, à délier, à relier
et jamais personne ne pourra
me délivrer de ce mal que tu ne m’as
pas fait. 

Tu es ma folie.

Laissons la sagesse aux sourds-muets,
aux aveugles et aux pisse-vinaigre,
patin couffin…
Ouh là là, ouh là là…

Oh non, pas ça, par pitié, pas ça…
Encore, encore…!!

https://maitrerenardinfo.wordpress.com/2017/03/19/agenda-critique-…uf-de-ouf-et-mat/

Poésie de Mihai Eminescu: Ce soir, sur la colline…

Ce soir, sur la colline 


Le soir, sur la colline, le buccin sonne avec peine. 
Des troupeaux montent le sente d’étoiles parsemée, 
Les eaux pleurent en jaillissant claires, dans les fontaines. 
Sous un acacia tu m’attends, ma douce Bien Aimée. 
La lune passe dans le ciel, sainte, limpide ! 
Tes grands yeux regardent le feuillage, s’y plongent, 
Sur la voûte sereine des astres naissent, humides. 
Ton coeur est plein de désirs, ton front lourd de songes. 

Des nuages glissent et des rayons les transpercent. 
Les maisons vers la lune lèvent d’anciens auvents. 
Dans la brise légère le balancier du puit grince. 
Le vallon fume. Dans un enclos une flûte s’entend. 

Des hommes harassés, l’épaule alourdie, 
Rentrent des champs. Les sonnailles sonnent, se pâment 
Ainsi que la cloche antique dans l’air assoupie, 
Mon âme brûle d’amour comme une flamme. 

Bientôt se calmeront le vallon, le village. 
Bientôt mes pas fébriles vers toi seront plus pressés. 
Toute une nuit, près du tronc couvert de branchages, 
Je te dirai combien tu m’es chère, ma douce Bien Aimée. 

En appuyant nos têtes, l’une contre l’autre, 
Souriants nous dormirons, veillés par notre 
Vieil acacia… Et pour une nuit si riche et plénière 
Qui ne donnerait, en échange, sa vie tout entière… ? 

traduction : Michel STERIADE

Mihai Eminescu (prononcé en roumain : /mi’hai emi’nesku/), de son nom d’état-civil : Mihail Eminovici (prononcé en roumain: mi’hail éminovitch), (15 janvier 1850 – 15 juin 1889), est un poète romantique, le plus célèbre de Roumanie.

Ses poèmes les plus connus sont Luceafărul (Hypérion) – (L’étoile du Nord), Odă în metru antic (Ode en métrique ancienne), et les cinq Scrisori (Épitres). Eminescu était un membre actif de la société littéraire Junimea, et a travaillé comme éditeur au Timpul, le journal officiel du Parti conservateur.

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