S'il te plaît, apprivoise-moi…

Archives de la catégorie ‘romans’

Interview expresse de Patrick Taisne Nguyên pour son livre « Don Ganh » (Ella éditions)

Ballade avec mon épouse non loin du marché Bên Thành ( la ballade de Khanh avant son assassinat… Nous avons fait le trajet en entier pour le restituer exactement, y compris choisi la maison de Khanh et Hoa que je décris).

 

Maitre Renard :1) « Don ganh » est votre premier livre. Le titre est exotique et un peu mystérieux pour un lecteur d’EURE-et-Loir. Vous pouvez l’expliciter ?

Patrick Taisne Nguyên: Don ganh signifie Palanche… Maintenant, regardez bien comment est faite une palanche : un panier à chaque extrémité d’une perche portée sur l’épaule d’une personne… Ajoutez à cela le chapeau conique presque inévitablement vissé sur la tête de celle-ci, et la première image qui vient à l’esprit est celle d’une balance avec ses plateaux et son fléau… 

De là, à la lecture de « Don ganh », votre cerveau fera vite le rapprochement avec la balance de la justice ou du destin… Effectivement, Huong, la marchande de soupe aux vermicelles, le fameux Bun riêu (prononcez Boun Jiou) est dans cette histoire celle qui fait à chaque fois basculer la vie des autres personnages… La palanche qu’elle porte, son outil de travail, devient donc le symbole de son pouvoir, en l’occurence maléfique…

  J’ai voulu que ce livre, bien qu’écrit en français, soit le plus vietnamien possible dans ses tournures de phrases, dans certaines expressions, que j’ai parfois traduites littéralement, sans franciser. Je voulais que le roman transpire, suinte, le Vietnam, à travers les mots et la façon de se comporter des personnages, au point que mon intention ultime était même de souhaiter que le lecteur puisse croire que l’histoire avait été écrite en vietnamien puis traduite en français… Ce n’était pas un caprice d’auteur mais la recherche de l’authenticité maximale… Je sais aujourd’hui que mes lecteurs d’origine vietnamienne la lui accorde sans hésiter, et c’est là ma plus belle récompense et ma grande fierté…

  J’ai songé un temps, avant sa publication, à lui donner finalement un titre français, pour qu’il paraisse plus successible aux futurs lecteurs… Christophe, mon éditeur, a préféré garder ce nom qu’il trouvait joli et exotique… Je pense aujourd’hui qu’il a eu raison.

Sur la terrasse du Caravelle ( Liên demande à Xuân de l’y emmener danser le tcha tcha et la salsa)

2) Vous aimez à citer l’adage « Rassasié on devient Bouddha, affamé on devient un diable malfaisant » En quoi illustre-t-il votre récit « Don ganh » ?

Je crois que cet adage résume bien la situation des personnages… Une situation exceptionnelle peut parfois engendrer des comportements exceptionnels chez certaines personnes… La France a aussi connu un contexte similaire pendant l’occupation allemande. Lorsque vous devez lutter chaque jour pour survivre dans un monde nouveau que vous n’avez pas souhaité et même parfois combattu de toutes vos forces, et dont vous ne comprenez pas totalement les règles, vous devenez rapidement moins rigoureux sur le principe d’honnêteté.

A ce jeu-là, certains se révèlent des virtuoses, ce qui est le cas de Khanh. Cet ancien fonctionnaire de la Sécurité du régime déchu découvre les problèmes posés par la guerre, une fois la paix installée, lorsqu’il va en camp de rééducation et qu’on lui saisit sa maison… Il était déjà combinard dans son ancienne vie, son séjour en camp de rééducation l’a traumatisé et il ne va avoir de cesse qu’à récupérer ce dont on l’a spolié et finir par devenir un maître en la matière…

Il faut reconnaître qu’il est extrêmement doué… Je ne pense pas que ce soit un salaud intégral: il montrera générosité envers sa maîtresse et fidélité pécuniaire vis-à-vis de sa famille légitime… C’est plutôt un opportuniste, et au changement de régime des gens comme lui, il y en a eu plein… Huong, de son côté, si elle était mieux née, serait-elle aussi néfaste ? Là je n’ai pas la réponse, ce qui est sûr, c’est que devoir se battre pour survivre un jour de plus dans un monde économiquement et politiquement agressif ne doit pas arranger les choses. Je ne crois pas, sauf maladie, que les hommes naissent mauvais, c’est la vie, et pire encore la survie lorsqu’elle est nécéssaire, qui les poussent à le devenir. Bien sûr, chacun réagit à une situation donnée suivant son tempérament propre…

Repas de nuit sur la plage privatisée du restaurant dancing Les quatre saisons à Nha Trang où Liên et Xuân viennent écouter chanter le chanteur Tung.

3) Quels sont vos liens avec le Vietnam ? Quelle image avez-vous de ce pays ? Celui que vous connaissez le mieux et auquel vous êtes attaché appartient-il au passé, ou est-il toujours d’actualité ? Beaucoup de choses ont-elles changé depuis les années 80, époque où se déroule « La Palanche » traduction de Don ganh, notion qui nous reste tout aussi mystérieuse ?

J’ai aimé l’Asie, puis tout particulièrement le Vietnam, depuis ma tendre jeunesse…  Voici ce que j’ai écrit à ce sujet dans « Dupont avec un thé » un manuscrit à paraitre bientôt : 

« J’avais peut-être douze ans, ma mère me fit inopinément une belle et grande offrande. “ Il est temps que tu découvres la lecture ! ” — elle me dit, me mettant entre les mains Terre chinoise, le premier des romans de Pearl Buck que je lirai. Ce fut une révélation. Au fil des récits et des mois, les hallebardes traversières de la Mousson se mélangèrent peu à peu aux larmes introspectives de l’adolescence. Les eaux de fleuves étrangers rythmèrent ma souffrance au gré des courants de mon existence. Des personnages improbables, venus d’un monde lointain que je sentais pourtant proche, exaltèrent ma soif de romanesque et d’exotisme. L’Asie devint pour moi une terre imaginaire de refuge et de bien-être. Je devinais confusément qu’elle bouleverserait inéluctablement mon existence toute entière.

 

 A Chu Chi (célèbre pour ses tunnels), le centre de commandement vietcong à 60 km de Saigon… Peut-être Kiêu à côté de moi ?

Plus tard, Jean Hougron et Jean Larteguy remplacèrent Pearl Buck sur ma table de chevet. C’était l’Indochine française qui me faisait maintenant fantasmer. Nul autre que Hougron n’a si bien décrit le monde des “ petits blancs ” des années trente à cinquante — ces paumés de l’autre bout du globe, survivants à la dérive d’un lambeau de l’empire colonial français. Je fantasmais à travers ses héros combinards et pathétiques qui “ s’encongaillaient ” — comme on disait à l’époque.  J’imaginais avec moult détails le Saigon colonial. L’enfer du jeu du “ Grand Monde ”, mythique casino-bordel de la rue des marins située en plein Cho Lon, me devint familier —  j’y perdais et gagnais des fortunes à la roulette sous les yeux cupides d’extravagantes et vénéneuses courtisanes. Je fréquentais les fumeries d’opium du quartier chinois, évanescents refuges pour soigner les maux de l’âme et la mélancolie de l’Asie.  Je parcourais les avenues coloniales ombragées — je grimpais sur la banquette d’un cyclo-pousse à la recherche de jolies filles en ao dai* (tunique). La jungle menaçante défilait devant moi — je conduisais, un colt à la ceinture, un camion de contrebande sur une piste défoncée contrôlée par un Vietminh impitoyable. Aventure avec un A majuscule ! — Magie de la lecture ! »

 Adolescent, j’avais bizarrement pressenti que je rencontrerai une Saigonnaise qui partagerait ma vie, et le hasard ou le destin me donnèrent raison…  Ce que je ne savais pas, c’est que ce serait en France… Aujourd’hui, mon épouse dit à mon sujet que je suis le plus vietnamien de nous deux, et ce n’est peut-être pas faux…

  Vous me demandez si les choses ont changé depuis les années 80 où se déroule la première partie de « Don ganh »? Oui évidemment ! Je pense qu’à la lecture de la deuxième partie du roman on le perçoit parfaitement…

Le Vietnam des années 80, c’était l’apocalypse stalinienne, un monde illogique où chacun faisait comme il le pouvait pour survivre… Celui de 2012 où se situe la deuxième époque ressemble au monde occidental avec ses qualités et ses défauts, si on exclut, bien sûr, l’idée que nous avons ici de la démocratie. J’ai voulu marquer ces différences dans le roman, en tentant la gageure de décrire la même ville côtière de Nha Trang à deux époques distinctes.

La première fois, c’est pour le séjour de Kiêu et Khanh et la deuxième, pour celui de Liên et Xuân. Et puis la démographie aussi : à l’époque coloniale, Saigon avait environ 500.000 habitants, devenue Hô-Chi-Minh-Ville, elle en comportait peut-être 2 à 3 millions à la fin de la guerre en 1975,  et aujourd’hui entre 11 et 14 millions suivant les estimations. C’est maintenant une mégalopole moderne où les tours de verre poussent comme des champignons et qui va inaugurer son métro courant 2018. Qu’elle s’appelle Saigon ou Hô-Chi-Minh-Ville, qu’on soit dans les années 1980 ou en 2017, j’aime passionnément cette ville sulfureuse, comme une femme sublime et vénéneuse.

 

4) Quelles sont les qualités du peuple vietnamien qui vous touchent le plus ? Il y a-t-il des choses qui vous agacent et que vous ne partagez pas ?

J’appelle le peuple vietnamien Monsieur Plus…  Qu’il chante, rit, pleure, gueule, résiste, travaille, délire, combine, il le fait plus que les autres, avec cette espèce d’élégance mêlant intelligence et naïveté qui n’appartient qu’à lui…  Il est fier, obstiné et courageux. La palme revenant à ses femmes magnifiques, d’une abnégation sans faille, qui continuent à porter son avenir sans faillir et sans même protester, alors que leurs époux n’ont su, eux, que porter les armes et l’anathème…     

  Pour l’agacement, permettez-moi de sourire… Tout d’abord, dans la vie ordinaire, essayez donc de faire des affaires ou bien simplement un achat au marché Bên Thành… Vous verrez que votre raisonnement linéaire ou pyramidal d’occidental viendra se heurter, comme dans un mur, aux circonvolutions ellipsoïdales de votre interlocuteur local… Ensuite, sur le plan politique et historique, deux choses m’irritent au possible. Localement, l’impuissance récurrente du régime à lutter efficacement contre la corruption, malgré la volonté évidente de certains dirigeants; mais ils se heurtent au système.

A l’extérieur, l’obnubilation de certains vietnamiens émigrés qui affabulent sur le régime, 42 ans après la fin des hostilités. Déformer caricaturalement une vérité, qui est déjà critiquable sur bien des points, ne sert à rien et nuit à l’argumentation… Imaginez qu’en Occident, en 1987, nous ayons été, encore et toujours, dans la passion et les discussions partisanes concernant la deuxième guerre mondiale.

Heureusement qu’il y a eu le rapprochement franco-allemand… Il faut savoir tourner les pages. La nostalgie, je la comprends et la cultive parfois, mais vouloir un retour en arrière sans concession, c’est juste délirant. Il faut bien comprendre que le Vietnam avait à la fin de la guerre une population d’environ 58 millions d’habitants et qu’aujourd’hui elle frôle les cent millions… Donc, 42 millions de Vietnamiens, surtout les jeunes, se fichent pas mal du passé et ne pense qu’à l’avenir…

 Saigon (le district 1 d’Hô-Chi-Minh-Ville aujourd’hui, la nuit pendant le têt)

5) Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire ce livre ? Quelle est la part autobiographique ? Avez-vous d’autres projets d’écriture en cours  ou dans vos tiroirs ? Sauf erreur, vous avez proposé d’autres manuscrits/tapuscrits aux éditions Ella. Vous pouvez en esquisser les sujets?

 Depuis très longtemps j’avais l’envie d’écrire un roman dont la trame serait vietnamienne, je pourrais même dire vietna-MIENNE… Hougron était passé par là comme je vous l’ai déjà expliqué… Puis, la découverte de deux immenses écrivaines vietnamiennes, Duong Thu Huong et Kim Thuy, ne firent que stimuler ce désir un peu fou… 

 La mort de mes deux parents à six mois d’intervalle, il y a trois ans, fut un déclencheur. Comme bon nombre d’enfants, j’avais à régler des problèmes existentiels… Je me mis en écriture, sans vraiment savoir où j’allais, et quelques mois plus tard un manuscrit surgit des méandres de mon passé, je l’intitulais « Brides d’enfance ». Il était maladroit, ampoulé, mais l’accueil que lui réservèrent les proches à qui je le fis lire, m’incita à penser qu’il n’était pas trop mauvais… Il est vrai que ces quelques lecteurs avaient tous fréquenté de visu les personnages. « Brides d’enfance » restera à jamais un texte écrit pour quelques-uns, le règlement de compte avec les parents y est terrible et ne regarde que la famille. Seulement tout étonné d’être arrivé à le finir, je me suis lancé un nouveau défi : concrétiser cette envie qui me tenaillait depuis des dizaines d’années et entamer l’écriture d’un roman vietnamien, ce sera « Don ganh »…

  Les personnages de « Don ganh », même les secondaires, sont tous issus d’une galerie de portraits que j’ai amassés au fil des trente-cinq années de séjour au Vietnam. Bien sûr, j’ai parfois forcé le trait de certains d’entre-eux, et aussi, pour quelques-uns, construit un seul personnage à partir de deux ou trois personnes rencontrées dans le monde réel.

Les anecdotes sont presque toutes, en grande partie, authentiques, mais je me suis principalement attaché à restituer l’ambiance si particulière et totalement différente des deux époques qui sont décrites. Pour l’auteur que je suis, la magie de « Don ganh » fut d’être écrit, pour sa plus grande partie, sur place. Ainsi pour la scène du premier rendez-vous entre Kiêu et Khanh qui se déroule dans la galerie du Continental, je me suis installé dans celle-ci, vers 9 h du matin, et à 14 h, le passage était tapé sur l’écran de mon ordinateur portable, au milieu des verres et des assiettes vides de mes commandes successives… Il en fut ainsi pour la plupart des chapitres… J’ai juste trouvé cela MAGIQUE ! Un peu schizophrénique quand même, car par moments je ne savais plus si j’évoluais dans le roman ou dans la vraie vie…

  La cathédrale Notre Dame la nuit pendant le Têt…

J’ai maintenant une folle ambition littéraire pour l’avenir, j’aimerais arriver à synthétiser le style très novateur « en rebonds » de  Philippe Djian, tout en le mixant avec celui de Patrick Modiano, qui, lui, joue en virtuose de la concordance des temps et les juxtapose comme un millefeuille… Ceci, sans perdre ce qui est je pense ma toute petite qualité, à savoir, des images qui viennent à l’esprit du lecteur et s’accrochent immédiatement à mes mots… C’est un peu fou, la tâche est ardue, ce sont deux immenses écrivains… mais sans ambition, on n’évolue pas… Essayer, c’est déjà commencer à vivre l’aventure, et finalement seul le voyage compte…

  J’ai remis à ELLA, ma maison d’éditions que je salue sincèrement au passage pour le chaleureux accueil qu’elle a bien voulu me faire, deux manuscrits. Vous remarquerez que je rechigne à dire tapuscrits : je déteste ce mot, il me fait penser — je ne sais pourquoi— à marchand de tapis…

  Le premier, « Des vies bien tranquilles » est une saga familiale, avec une grande histoire d’amour, qui se déroule dans le Vietnam de la république du Sud, pro-occidentale, avec en toile de fond tous les événements authentiques de cette période de guerre, de Révolution, de troubles civils et constitutionnels. Mes personnages y croisent des personnes historiques ayant réellement vécu et j’y apporte même quelques petites révélations peu connues des historiens. Je le vois un peu, dans ma folie d’auteur — j’espère ne pas apparaître prétentieux — comme un Docteur Jivago à la sauce nuoc mam…

  Le second s’intitule « Dupont avec un thé ». C’est un exercice de style, très influencé par Djian. Le thème en est la famille, avec ses joies et ses peines… Un frère et une soeur, entre amour et jalousie… Rien d’original, mais si la vérité était tout autre ? Entre autobiographie et récit onirique, je m’y dévoile  sans complaisance. Petit clin d’oeil : presque tous les chapitres y possèdent le titre d’un roman déjà publié…

  Puisque vous me le demandez, j’ai aussi deux romans en cours, dont la toile de fond est aussi et encore le Vietnam. L’un des deux, déjà bien avancé, est la suite de « Des vies bien tranquilles » et s’intitulera « Vo mong », ce qui veut dire Désillusions. Il se situe dans la période terrible qui a suivi la chute de Saigon. Mais je prends mon temps…

La dernière photo en noir et blanc symbolise le Saigon éternel que je chéris…J’adore la pluie sous les tropiques…

Chronique fictionnelle pour la Revue des Trois Baudets

Jobougon   a  eu la charge d’organiser le concours d’écriture de l’Agenda critique de février!  Il s’agit de choisir un livre…
Que vous l’ayez lu ou pas,
Qu’il existe réellement ou pas,
Que vous rêviez de l’écrire, ou pas,
Ou qu’il soit, peut-être encore soigneusement conservé dans quelque bibliothèque secrète ou interdite,
et d’en écrire une critique littéraire qui donne soit envie de le lire, soit au contraire, nous en dissuade.

Jobougon compte recueillir les textes jusqu’au dimanche 19 février à minuit, nous faire voter la semaine suivante (du 20 au 26) et éditer les résultats le 27 février

******************************************

baudets.jpg

Pour ma première chronique , je voudrais en venir avant tout à l’essentiel, en refusant toute circonvolution locutoire, toute vaine odyssée hasardeuse et superfétatoire. Voici donc, en un mot comme en mille, mes coûts de cœur, au nombre de cinq, comme les trois mousquetaires.

1/ « Le bénévolat ou l’altruisme revu et corrigé », par Charles P., un jeune plein d’avenir dans la défense des causes les moins désespérantes. Cet autrui prometteur promet justement de s’investir pleinement dans des projets lucratifs par le biais caritatif. On sait combien la filière a fait ses preuves : les mystères de la foi a permis d’élever des cathédrales et d’enrichir le clergé prônant la pauvreté et l’austérité pour autrui. (Editions Honni soit qui mal y pense)

2/  « Les recettes secrètes des confitures et des tartes de ma mère » par Isabelle F., la nouvelle Julie de province, qui propose à tout à chacune de revenir un demi=siècle en arrière pour la condition de la femme. Un travail spirituel avec une inimitable compotée de poires Bonne Maman au coulis de figues-oseille et truffes caramélisées sur lit d’orties sauvages et gingembre: idéal avant la Messe. Vous saurez  enfin à quels saints vous vouer…! (Editions de la Tambouille, cuisines et dépendances)

Photo14.gif

3/  « Réflexions d’un canari sur le monde tel qu’il va » co-écrit par trois frère et sœurs qui ont préféré se retrancher dans un anonymat pudique. Ils se mettent chacun leur tour à la place de leur canari favori « Rollex ».    Ajoutons le témoignage aussi prenant de « Rigueur » et « Damnation », les deux aimables rotweillers sarthois de la tribu. Sans remettre en cause leur condition de vie assez privilégiée dans une gentilhommière arborée de six hectares, la gente bestiaire, que ne désavouerait pas le brave  La Fontaine lui-même, en dressant un tableau idyllique d’une condition que leur envieraient bien des manants. Comme quoi il ne faut jamais désespérer de notre sort. Chacun reçoit ce qu’il mérite et il suffit de se contenter de beaucoup pour être heureux. (Editions de la Richardière)

4/ Gardons me meilleur pour la fin: « Le Népotisme de père en fils » par François F. qui, avec un culot sans égal, revisite l’histoire de Néron à Vladimir Poutine et démontre brillamment combien la famille est au centre du cercle de pistonnage d’autoproclamation des élus. Il introduit un subtil distinguo avec le vulgus pecum voué aux vallées de larmes, aux privations massives et à l’abstinence salutaire. Un monde merveilleux leur sera donné en partage après cette vie de labeur, condition sine qua non de la rémission des pêchés. (Editions de la Veuve et des Petits orphelins)

Prochaine chronique: « Droit dans ses bottes Vuitton »  dans la rubrique judiciaire.

Pénélope Fion. , chroniqueuse intermittente payable une blinde, rubis sur l’ongle.

39575967.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Voulez-vous donner votre avis sur un roman à paraître? « Si par hasard… »(10ème partie). Editions Ella

648x415_couple-embrasse-pont-arts-a-paris-recouvert-cadenas-amour-aout-2013.jpg

30 septembre 2015

Marine sonne à la porte et Julien lui ouvre immédiatement, comme s’il attendait derrière qu’elle arrive ! Il parle très vite, la prend par la main, l’entraîne à l’intérieur de l’appartement sans qu’elle ne comprenne ce qui le rend si volubile. Elle le suit, contrainte par son enthousiasme débordant et se retrouve au milieu de la pièce principale, un casque sur les oreilles. Elle ne sait pas ce qu’il va lui faire entendre, n’a pas compris un mot de ce qu’il lui a dit depuis qu’il a ouvert la porte.

La musique démarre, quelques notes de guitare et une voix masculine, grave, posée :
« Dans les silences de tes nuits,
Au matin de nos envies,

…»
Marine ferme les yeux et se laisse bercer par la rythmique à trois temps de cette ballade folk. La deuxième guitare fait son entrée, une mélodie douce et caressante. Au refrain, c’est la batterie et la basse qui se mettent à jouer et le morceau devient plus entraînant, Marine a envie de tourner, danser, valser. Le dernier refrain commence, la voix du chanteur se fait plaintive, éraillée, emportée par une orchestration plus intense, puis c’est le silence. Le morceau est terminé !

Marine ouvre les yeux, Julien est assis en face d’elle, attendant qu’elle termine l’écoute du morceau. Marine a reconnu les premiers mots. Elle retire le casque, Julien lui sourit, impatient :

« – Alors ?
– C’est une jolie chanson, qui donne envie de danser et de chantonner. Tu me racontes le lien avec le cadenas ? »

 

De : Votre Réseau Pour : Julien@bleu.fr

le 30 septembre 2015
Objet : message
Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre message dont vous retrouverez le contenu ci-dessous.

A bientôt sur Votre Réseau.

Le-cléateur-cadenas-damour.jpg

Message : Encore un effort
Le cadenas à la phrase mystérieuse n’a pas

encore trouvé ses amoureux, mais une drôle d’histoire s’écrit autour de lui, pleine de surprises, de musique et de copains. Et ça pourrait être encore mieux que de retrouver les amoureux.

Vous pouvez quand même continuer à partager la photo, si en plus de la belle histoire, on retrouvait le couple qui a écrit cette phrase sur un cadenas…

Dans les silences de tes nuits, Julien.

De : Franck.Larmure@pourtant.com Pour : Julien@bleu.fr
2015
Objet : RE : Les chemins

Pièce jointe : Affiche.jpg Bonjour Julien,

le 4 octobre

 

Après quelques jours de silences je reviens vers vous pour vous donner quelques nouvelles.
Hier soir j’ai donc retrouvé deux des quatre autres membres du groupe. Yann est venu me chercher à la maison et ensemble nous sommes allés chez Nico (le guitariste) qui ne vit qu’à une cinquantaine de kilomètres de chez moi. Et pourtant on ne s’était pas revu depuis vingt ans.

Je vous passe les détails de la soirée « anciens combattants » qui se souviennent d’un temps que les moins de vingt ans, etc. (vous connaissez la chanson ?)
Je leur ai aussi raconté cette histoire de cadenas et sa phrase issue de «Les chemins». Comme moi, ils ont trouvé l’anecdote sympathique, d’autant qu’elle nous permet de nous revoir après tout ce temps. Mais aucun des deux ne sait comment nos paroles se retrouvent sur le pont des arts. Nico joue toujours de la guitare, a appartenu à plusieurs formations différentes au fil des années et il est donc capable (bien mieux que je ne l’aurais fait) de jouer les morceaux des Magic Elvis, dont « les chemins ». Et c’est évidemment comme cela que s’est terminée la soirée. Il a sorti deux guitares et nous avons joué comme si nous avions vingt ans. Le pied ! (L’expression appartient elle aussi à un temps que les moins de vingt ans, etc. !)

Yann en avait aussi profité pour ressortir des archives de sa cave. En pièce jointe, vous trouverez une affiche d’époque pour un concert du groupe. De gauche à droite, ce sont Yann, Alexandre, moi, Nico et Ludo.

Je vous interdis de vous moquer de nos looks, de nos fringues et de nos coupes de cheveux : à l’époque, on était à la mode !

 

Pour revenir à ce qui vous intéresse, aucun de nous trois n’a plus de contact ni avec Alexandre ni avec Ludovic, mais nous sommes tous les trois mobilisés pour les retrouver. Le Réseau devrait nous y aider. Si j’ai des informations, je vous contacte.

A plus tard, Franck.

De : Julien@bleu.fr
Pour : Franck.Larmure@pourtant.com
2015
Objet : RE : Les chemins
Bonjour Franck,
Comptez sur moi pour n’oser aucun mot sur vos looks, plusieurs photos de moi avec un pull vert à tête de renne circulent sur le net, m’empêchant toutes remarques vestimentaires à quiconque, pour le restant de mes jours. Merci pour le compte rendu de votre soirée d’anciens combattants. Content de voir que vous avez repris une guitare. Est-ce que c’est comme le vélo ? Ça ne s’oublie pas ?
D’ailleurs vous ne m’avez pas dit pourquoi vous ne jouiez plus. Et Yann, joue-t-il toujours de la batterie ?
N’hésitez pas à me faire suivre vos recherches sur Le Réseau, je pourrai aussi faire suivre les messages et multiplier les chances de retrouver les deux derniers Magic Elvis !
En tout cas, merci pour l’énergie que vous mettez à retrouver (peut-être) le ou les poseurs de ce cadenas musical.

 

le 4 octobre

A bientôt, Julien.

De : Votre Réseau Pour : Julien@bleu.fr

le 5 octobre 2015
Objet : message
Le message et la photo de Franck Larmure ont bien été partagés sur votre page.

A bientôt sur Votre Réseau.

Message : Si quelqu’un reconnaît les membres des Magic Elvis présents sur cette photo prise il y a vingt ans, je cherche à les retrouver.

Merci de faire suivre ! Franck,

De : Franck.Larmure@pourtant.com Pour : Julien@bleu.fr
2015
Objet : Magic Elvis

le 6 octobre

Pièce jointe : EnAttendantZoé.mp3
Bonjour
L’appel sur Le Réseau n’a rien donné pour le
mais on va bien finir par retrouver les deux derniers membres des Magic Elvis. En attendant, je vous envoie un autre morceau de la K7 retrouvée, un morceau plus rock qui correspond un peu mieux à ce que faisait le groupe.

moment,

De mon côté, j’ai arrêté la guitare sans vraiment y penser, comme pour la fin du groupe. Absorbé par autre chose, je l’ai délaissée pensant y revenir, puis les années s’étirent, le groupe s’étant séparé, je ne l’ai finalement pas reprise.

Mais la rencontre avec Yann et Nico m’a donné l’envie de la sortir de son étui. Elle est ridée et fatiguée, comme une vieille dame qu’elle est, mais après un petit lifting, elle devrait sonner comme dans sa jeunesse.

Pour cela aussi, si j’avais imaginé qu’une photo sur Le Réseau me remettrait à la musique !
Et de votre côté, aucune trace des amoureux du pont ?
A bientôt,

Franck,

pont-des-arts-7.jpeg

De : Julien@bleu.fr
Pour : Franck.Larmure@pourtant.com
2015
Objet : RE : Magic Elvis
Effectivement, c’est plus rock comme morceau! Mais j’aime bien aussi, ça correspond bien à l’époque, je trouve. (Sans jugement, entendons-nous bien !)
Aucune trace des amoureux poseurs de cadenas de mon côté, mais encore une fois ce qu’il provoque autour de vous et des autres membres est déjà assez incroyable. D’ailleurs, si vous êtes d’accord j’aimerais bien vous rencontrer, c’est une des règles du jeu que je m’étais fixées, rendre les cadenas en mains propres, me déplacer et rencontrer les amoureux. Même si ce n’est pas vous qui l’avez posé, je pense qu’il va vous revenir. Je me demande alors dans quelle région vous êtes.

 

le 6 octobre

L’affiche de concert mentionne une adresse en Normandie, mais peut-être n’y êtes-vous plus ?
Ce serait sympa de profiter du déplacement pour rencontrer Yann et Nicolas aussi et les deux autres, si on finit par les retrouver.

Sinon, on pourrait peut-être essayer une recherche via les réseaux professionnels ?
Qu’en dites-vous ?
A bientôt,

Julien

De : Franck.Larmure@pourtant.com Pour : Julien@bleu.fr
2015
Objet : Du nouveau !

le 7 octobre

Bonjour,
L’appel sur Le Réseau a donné une réponse !
Je suis excité comme une puce ! (Encore une expression d’un autre temps !) J’ai donc eu un contact rapide, par mail, avec Alexandre, le chanteur des Magic Elvis. Il vit à une petite centaine de kilomètres de chez moi, on doit s’appeler dans la soirée, j’en saurai plus sur ce qu’il fait aujourd’hui et, promis, je n’oublierai pas de lui demander s’il a posé un cadenas sur le pont des arts. Il me dit aussi dans son mail, qu’il a gardé un contact avec Ludo. Autrement dit, on a retrouvé tout le groupe.
Alors, évidemment je dis oui pour une rencontre avec eux et vous, une soirée de vieux musiciens qui ont rangé leur rêve au placard pour devenir des adultes « comme il faut ». Ça aussi ça ferait un bon départ de chanson. Plus j’y pense et plus j’ai envie de me remettre à écrire des textes. Surtout depuis que par votre faute, j’ai ressorti ma guitare de son étui.

Je vous en dis plus par mail, dès que j’ai eu Alex au téléphone. Et ensuite on organise cette rencontre.

Franck.

K58Md.jpg

De : Franck.Larmure@pourtant.com Pour : Julien@bleu.fr
2015
Objet : RE : Du nouveau !

le 8 octobre

Bonjour,
Comme promis, je vous raconte mon coup de téléphone avec Alexandre. C’est drôle de discuter des heures avec lui, comme si l’on s’était quitté hier. Il a été emballé par l’histoire du cadenas, a d’abord cru que je lui faisais une blague. Ce n’est donc pas lui qui l’a posé. Il m’a raconté les vingt dernières années, lui aussi a raccroché, n’a plus joué de musique depuis les Magic Elvis, mais lui aussi garde un carton d’archives dans le grenier, mon coup de téléphone lui a donné envie de le descendre. J’aurai peut-être bientôt des nouveautés à partager avec vous.
Alex est à une centaine de kilomètres d’ici. (Je suis vers Domfront et lui autour de Caen.) L’idée de nous revoir l’a enchanté et il se charge de contacter Ludo, avec qui il correspond encore un peu. Ensuite, on pourra réunir les Magic Elvis et vous rencontrer.
A bientôt,
Franck.

De : Julien@bleu.fr

 

Pour : Franck.Larmure@pourtant.com le 8 octobre 2015
Objet : RE : Du nouveau !
Bonjour,

Quelle bonne nouvelle !
Je vous laisse organiser la rencontre, j’attends que vous me redonniez une date et je me déplacerai jusqu’à Domfront, ou Caen, ou ailleurs…
Vous croyez que les Magic Elvis me joueront une version moderne de « Les chemins » ?
Julien,

un-employe-enleve-les-cadenas-d-amour-le-1er-juin-du-pont_949822_500x286.jpg

 

 

Voulez-vous donner votre avis sur un roman à paraître? « Si par hasard… »(9ème partie). Editions Ella

20140628-paris-tourism-79.jpg

Dans le silence de tes nuits, 17 octobre 2015

 

De : Votre Réseau Pour : Julien@bleu.fr

le 19 septembre 2015
Objet : message
Votre message « On y retourne ? » a été partagé 389 fois et vu 967 fois depuis sa publication le 16 septembre.

A bientôt sur Votre Réseau.

De : MaryFing@skyboard.com Pour : Julien@bleu.fr
Copie à : marine@mgh.fr Objet : Cadenas suivant

le 21 septembre 2015

Bonjour à vous deux,
Je souhaite que vous allez bien ?
Je partage la photo du nouveau cadenas, je ne sais pas si vous avez des indices. Elle est drôle la phrase, on dirait le poésie ou des lyrics. Tu as déjà fait une recherche Internet sur cette phrase ?
Vous racontez la suite ?
Mary

De : Julien@bleu.fr
Pour : MaryFing@skyboard.com
Copie à : marine@mgh.fr le 21 septembre 2015 Objet : RE : Cadenas suivant
Hello Mary,

84

Tu as raison, elle ressemble à des paroles de chansons. La recherche net n’a rien donné, malheureusement.
Ne reste plus qu’à attendre que Le Réseau fasse le travail, comme à chaque fois depuis le début. Vu la vitesse à laquelle le nombre de partages augmente, on va forcément finir par réussir.

Je vais poster un nouveau message pour relancer la recherche, on se tient au courant.
A plus.

De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr le 22 septembre 2015
Objet : message
Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre message dont vous retrouverez le contenu ci-dessous.

A bientôt sur Votre Réseau.

Message : Non, rien de rien…
Le premier partage de la nouvelle photo n’a rien donné, je vous en propose une autre sur laquelle on lit mieux la phrase :

Dans le silence de tes nuits,
Il m’a été suggéré par certains d’entre vous que cette phrase pourrait être un extrait de chanson. Ça semble une bonne idée. Si en plus du partage du message, l’un d’entre vous a déjà entendu cette phrase, merci de me contacter, l’adresse n’a pas Julien@bleu.fr

Julien.

De : Votre Réseau Pour : Julien@bleu.fr

changé :

le 24 septembre 2015
Objet : message
Votre message « Non, rien de rien… » a été partagé 397 fois et vu 1003 fois depuis sa publication le 22 septembre.

A bientôt sur Votre Réseau.

De : Franck.Larmure@pourtant.com
Pour : Julien@bleu.fr le 25 septembre 2015 Objet : Photos de cadenas.
Bonjour,
Je vous envoie un mail après avoir vu sur Le Réseau une photo d’un cadenas sur lequel une phrase est écrite.
J’ai cru comprendre en lisant votre profil, que vous cherchiez le propriétaire du cadenas. Je vous le dis tout de suite, ce n’est pas moi, désolé.
Mais la phrase qui y est inscrite m’interpelle. Alors peut- être est-ce un indice pour votre recherche. En effet, j’ai écrit cette phrase dans un texte de chanson il y a vingt ans de cela. A cette époque je chantais et jouais de la guitare dans un groupe de rock d’étudiants, avec des copains. Nous avions nos propres chansons et jouions dans des petites salles, des bars autour de chez nous. Et l’une de mes chansons contenait cette phrase. Comment se retrouve-t-

86

elle vingt ans plus tard sur un cadenas ? Je n’en sais rien, c’est peut-être juste un hasard. Mais ça suffit à éveiller ma curiosité et j’ai très envie de savoir !

Le groupe n’existe plus depuis longtemps, nous nous sommes perdus de vue, je ne sais pas ce que sont devenus les autres membres du groupe. Mais ça m’amuserait beaucoup de le savoir.

Si vous n’avez pas déjà trouvé qui a écrit sur ce cadenas, je peux vous aider à prendre contact avec les autres, peut-être est-ce l’un d’eux ?
Cordialement

Franck Larmure.

1237797.jpg

 

De: Julien@bleu.fr
Pour : Franck.Larmure@pourtant.com
septembre 2015
Objet : RE : Photos de cadenas.
Bonjour Franck,
Et merci pour votre message. Je n’ai pour l’instant reçu aucun message concernant ce cadenas, vous êtes ma meilleure piste. Et même si le cadenas n’avait aucun lien avec votre groupe et votre chanson, je trouve l’idée de retrouver les membres du groupe et de ressortir des cartons vos chansons, séduisante. Alors j’ai envie de creuser cette piste, avec votre aide.
Peut-on imaginer qu’une même idée, qu’une même phrase surgisse de deux cerveaux différents ? Quelqu’un aurait-il pu, sans ne l’avoir jamais entendue, écrire mot pour mot la même phrase ? C’est un joli problème de probabilités.

 

le 25

En tout cas, je suis curieux d’en savoir plus sur le groupe, son nom, le nombre de membres, l’histoire. Peut-être même avez-vous des photos, que l’on pourrait poster sur Le Réseau pour retrouver les musiciens ?

Et puis je suis curieux d’en savoir plus aussi sur la chanson, le reste de son texte, sa mélodie.
J’attends de vos nouvelles, avec impatience !
Julien.

De : Franck.Larmure@pourtant.com
Pour : Julien@bleu.fr le 26 septembre 2015 Objet : RE : Photos de cadenas.
Bonjour,
J’ai bien eu votre message et je vais répondre à vos questions, parce que ça m’amuse plutôt de replonger dans mes jeunes années.
Mais avant je vais devoir aller fouiller dans quelques cartons et il n’est pas exclu que j’y trouve des souvenirs que j’ai oubliés.
Rien que pour ça, ça vaut le coup de chercher. Je vous contacte très vite.
Mais à votre tour de m’en dire plus sur ce cadenas et sur les raisons de cette recherche.
Enfin, la question de savoir si deux cerveaux peuvent produire la même phrase… Même si c’est troublant, je n’ai pas la prétention d’avoir été un auteur aussi génial que personne ne pourrait écrire ou avoir écrit ce que j’avais moi-même imaginé… Je pense que c’est tout à fait possible et que ce cadenas n’a sûrement aucun lien avec les Magic Elvis. (C’était le nom du groupe !)
Mais c’est gentil de l’avoir suggéré.

 

Je fais des recherches et je vous réponds. Franck.

De : Franck.Larmure@pourtant.com
Pour : Julien@bleu.fr le 26 septembre 2015 Objet : RE : Photos de cadenas.
Rebonjour,
Je retrouve des antiquités de l’éphémère carrière des Magic Elvis dont je ne me souvenais pas et il y a du lourd ! Préparez-vous !
La suite très très vite.
Franck.

UYjVm3gNN79YWmtea-vV_wBvbGQ@500x375.jpg

De : Julien@bleu.fr
Pour : Franck.Larmure@pourtant.com
septembre 2015
Objet : RE : Photos de cadenas.
Bonjour Franck,
Je suis content de voir que vous vous prenez au jeu, parce que de mon côté il ne s’agissait au départ que d’un jeu. J’ai eu l’occasion de récupérer dix cadenas retirés du pont des arts et j’ai décidé de tenter de retrouver les propriétaires. Le vôtre (enfin celui sur lequel est écrite votre phrase) est le quatrième de la série. Nous avons fait deux belles rencontres, et même si pour l’un des cadenas l’histoire s’est avérée assez douloureuse, nous avons décidé de continuer. Je suis persuadé qu’il se passera quelque chose avec ces cadenas, comme exhumer un groupe des années 90. Et c’est tout à fait dans l’esprit de cette aventure.

 

le 27

(Vous faisiez quoi comme musique en 1990 ? Et vous aviez quel look ? Si en plus vous allez fouiller dans les archives et que l’on commence à en faire un travail documenté !)
Je suis très impatient de voir ce que vous avez retrouvé et de connaître l’histoire de Magic Elvis, d’en savoir plus sur la chanson et pourquoi pas de vous rencontrer, vous et les membres du groupe. C’est une des règles que je me suis fixées dans ce jeu, je pars à la rencontre des amoureux, pour leur rendre le cadenas en mains propres.

Une autre question se pose alors : pourquoi le groupe s’est- il séparé? Vous n’êtes pas fâchés? J’espère que la recherche des membres ne ravive rien de problématique ? A plus tard,

Julien, impatient.

De : Franck.Larmure@pourtant.com Pour : Julien@bleu.fr
septembre 2015
Objet : Les chemins

le 28

Pièce jointe : Leschemins.doc
Bonjour,
Quelle idée farfelue que celle-ci, de vouloir rendre des cadenas d’amoureux. Quand on y pense ça ferait un texte de chanson formidable ! Un slow peut être (oui en 1990 on écrivait des slows…) de six minutes avec solo de guitare interminable en fondu de fermeture pour finir le morceau. L’histoire de deux amoureux qui retrouveraient leur cadenas et se souviendraient avec nostalgie des premières années de leur amour.
Je m’égare mais je trouve votre idée très poétique et je me prends à espérer que c’est l’un des Magic Elvis qui a posé ce cadenas. De là à « exhumer » les membres du groupe, vous y allez un peu fort.

Comme promis je reviens vers vous avec un peu de matière à vous proposer. Et pour commencer, je vous envoie en pièce jointe le texte du morceau «Les chemins», qui commence donc par la phrase : « Dans les silences de tes nuits, ». La suite est dans la pièce jointe.

Il s’agissait d’une ballade, un peu folk, avec une rythmique proche de celle d’une valse, ternaire. Mais voilà que je deviens technique. Pour faire simple, c’était le morceau calme du groupe au milieu des chansons rock. Vous savez, le slow langoureux pour les fans féminines. Et c’est drôle, parce que sans avoir touché une guitare depuis quinze ans au moins, je crois être encore en mesure de jouer le morceau.

J’ai retrouvé le texte dans un carton au grenier et il était accompagné de beaucoup d’autres pépites d’époque. Mais il me faut un peu de temps pour rendre tout cela accessible par mail. Dès que c’est prêt je vous contacte.

A bientôt, Franck

un-couple-s-embrasse-sur-le-pont-des-arts-a-paris-le-15-aout-2014_5076776.jpg

De : Julien@bleu.fr
Pour : Franck.Larmure@pourtant.com le 28 septembre 2015
Objet : RE : Les chemins
Bonjour,
Merci pour ce texte et le temps passé dans la poussière du grenier pour exhumer les Magic Elvis. D’ailleurs vous ne

 

m’avez toujours rien dit du groupe, sa composition, sa rupture, ni de vous.
Je lis que vous n’avez plus touché une guitare depuis longtemps et je me demande pourquoi. En tout cas, j’ai trouvé le texte très joli, très imagé et poétique et je serais curieux de l’entendre en musique. Si vous dites pouvoir le jouer, pourquoi ne pas en enregistrer une version MP3, rapidement, juste pour avoir un aperçu de la façon dont il sonnait ?

J’attends impatiemment la suite, vous avez piqué ma curiosité et mon envie.
A plus tard,
Julien.

De : Franck.Larmure@pourtant.com Pour : Julien@bleu.fr
septembre 2015
Objet : RE : Les chemins

Pièce jointe : leschemins.mp3 Bonjour Julien,
J’ai deux surprises pour vous !

le 28

Je crois que j’ai fait mieux que rejouer de la guitare quinze ans après, ce qui aurait quand même sûrement été un moment de solitude intense.
Dans le grenier, avec le texte, dormait une vieille K7 (savez-vous seulement ce qu’est une K7 ?) des Magic Elvis sur laquelle on peut écouter « les chemins », entre autres. Le temps de trouver un lecteur et de bricoler pour repasser la bande sur un support numérique et voilà pour vous, un

 

enregistrement original de la chanson, qui doit dater de 1993.
Le groupe était composé de cinq membres : Alexandre au chant, Nicolas et moi à la guitare, Ludovic à la basse et Yann à la batterie.

La K7 contient six titres, dont certains étaient complètement sortis de ma mémoire. Nous avions enregistré ensemble « à la maison », avec les moyens du bord, cette petite maquette pour démarcher les lieux de concerts et les maisons de disques.

Et puis nous avons eu notre bac, nous sommes partis faire des études dans des villes différentes et le temps additionné à la distance a mis fin aux espoirs de voir un jour une pochette de disque au nom des Magic Elvis. Nous nous sommes séparés sans nous en rendre compte vraiment et donc pas du tout fâchés, pour répondre à votre question. J’ai recroisé Yann, parfois, au hasard, parce que nous sommes restés presque voisins.

Et c’est ma deuxième surprise : j’ai retrouvé son adresse précise et il m’a répondu !
Bon, ce n’est pas lui qui a posé le cadenas, (désolé) mais il a gardé, de son côté un contact avec Nicolas, le guitariste. Il m’a proposé de l’appeler et nous devons sortir tous les trois un de ces soirs, partager une bière et nous souvenir de nos jeunes années de lycéens. Je vous raconterai !

Je me dois donc de vous remercier aussi, vous me faites replonger vingt ans en arrière et c’est très agréable.

A bientôt, Franck.

images-9.jpeg

 

De : Julien@bleu.fr
Pour : Franck.Larmure@pourtant.com
septembre 2015
Objet : RE : Les chemins
Bonjour,
Quelles surprises, en effet.
Je dois donc d’abord vous remercier, c’est un réel plaisir de voir ce qui est en train de se dérouler autour de ma petite photo de cadenas. Je ne sais pas quand vous devez revoir deux des quatre autres « elvis magiques » mais je suis impatient, même s’il s’avère qu’aucun d’eux n’a posé le cadenas et que la coïncidence de la phrase n’est qu’un hasard heureux.
La chanson est très sympa, l’air se retient facilement et le texte, que je trouvais poétique à la lecture, lui va à merveille. Merci d’avoir partagé cela avec moi.
J’attends la suite, impatient !
Julien.

 

Voulez-vous donner votre avis sur un roman à paraître? « Si par hasard… »(8ème partie). Editions Ella

9281402484914.jpg

De : RESAHOTEL.COM
Pour : Julien@bleu.fr le 7 septembre 2015 Objet : Votre séjour réservé.
Monsieur,
Nous avons le plaisir de vous confirmer votre réservation dont vous trouverez le détail ci-dessous.
Merci de votre confiance,
Nous vous souhaitons un agréable séjour dans nos hôtels.

Votre réservation : Du 11 au 13 septembre

Chambre twin, Hôtel􏰀􏰀􏰀􏰀Marriott Liverpool, Les arrivées se font à partir de 16h et les départs à 12h. Ceci est un mail automatique, merci de ne pas y répondre.

De : Julien@bleu.fr
Pour : MaryFing@skyboard.com
Objet : RE : visite à Liverpool le 7 septembre 2015

Bonjour Mary,
Nous avons donc réservé, Marine et moi, un hôtel à Liverpool pour les nuits du 11 et 12 septembre. Nous ne serons finalement là que deux nuits, mais espérons en profiter le plus possible.
J’espère que c’est toujours possible pour vous.
Notre train arrivera à Liverpool le 11 septembre à 16h12. Que diriez-vous si l’on se retrouvait le 12 septembre, à l’heure qui vous convient ? Nous avons regardé de près ce que vous nous proposiez comme visite; le musée des Beatles nous semble incontournable, Albert Dock et le Pier Head nous tentent également.

peut-on faire tout cela en une journée ? Et si c’est toujours d’accord nous serions ravis de vous avoir comme guide. Bien sûr je n’oublie pas votre cadenas. D’ailleurs je me demandais, est-ce qu’en Angleterre on accroche aussi des cadenas sur des ponts, ou est-ce réservé à la si romantique ville de Paris ?

Et savez-vous déjà ce que John et vous allez faire du cadenas ?
En tout cas, je suis très heureux de venir vous rencontrer, vous raconter cette drôle d’aventure de cadenas qui se poursuit en Angleterre. Ça aurait fait une jolie chanson pour les Beatles cette histoire.

Et si en plus vous ressemblez à Renée Zellweger… A bientôt,
Julien.

De : MaryFing@skyboard.com Pour : Julien@bleu.fr
Objet : RE : visite à Liverpool Bonjour Julien,

le 8 septembre 2015

John et moi sont très contents de vous voir. Je ne travaille pas et je peux vous accompagner tout le samedi pour vous faire visiter Liverpool, avec plaisir. Et John pourra nous rejoindre pour la soirée autour d’une bière.

Je ne sais pas ce qu’on fera du cadenas, sûrement le garder en souvenir. En plus on a jeté la clé, alors impossible de l’attacher ici. Et puis on a mis un cadenas pour souvenir du départ de Paris et le début de la vie à deux en Angleterre. Alors pas la peine de remettre un nouveau ici, je crois.

 

Ici, à Liverpool, on accroche aussi des cadenas, mais pas sur le pont, sur des chaînes installées pour ça. Les amants romantiques ne sont pas seulement des frenchis !
Pour le rendez-vous, il y a le théâtre Royal Court à deux minutes de l’hôtel où vous êtes, on peut se retrouver là vers dix heures AM le samedi. Ça vous va ?

Mais il ne faudra pas chercher Renée Zellweger, sinon, vous ne me trouverez pas !
J’attends votre réponse,
Mary.

De : Julien@bleu.fr
Pour : MaryFing@skyboard.com
Objet : RE : visite à Liverpool le 10 septembre 2015

Ça y est ! Nos valises sont prêtes, tout est organisé, le petit cadenas
est bien rangé dans une petite boîte rouge et déposé en premier dans le sac pour être sûr de ne pas l’oublier. Comme je vous l’ai déjà dit, Marine et moi sommes très contents de faire ce voyage vers John et vous. On se donne donc rendez-vous dans deux petits jours, à dix heures devant le théâtre. La dernière fois que j’ai retrouvé une inconnue au cadenas sur le quai d’une gare, elle portait un arrosoir à la main, pour que je la reconnaisse. Et avec vous, comment nous retrouverons-vous ?
A samedi.
Julien.

3726807.jpg

 

D e: Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr le 11 septembre 2015 Objet : message

Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre message dont vous retrouverez le contenu ci-dessous.

A bientôt sur Votre Réseau.

Message : Ça y est !
Marine et moi sommes dans le train, direction Liverpool, pour rendre le troisième cadenas à ses amoureux-propriétaires. Merci pour vos partages qui ont permis ce voyage, et promis, je vous poste quelques photos durant ce week-end dans la ville de John et Paul !
Bye ! (et si j’apprends quelques mots d’anglais, ce qui serait un exploit, promis, vous en serez informés !)
Julien
Et Marine pas loin, sur la photo !

De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr le 11 septembre 2015 Objet : Photos
Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre album photo.

 

A bientôt sur Votre Réseau.

Nous sommes bien arrivés, quelques photos de l’hôtel et de nos premiers pas dans Liverpool. Nous sommes devant une bonne bière dans un de ces pubs où un groupe joue les tubes des Beatles.

She’s got a ticket to riiiiiide… (Je vous avais dit que je finirais par apprendre quatre mots d’anglais.)
Bye

De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr
Objet : message le 12 septembre 2015

Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre message dont vous retrouverez le contenu ci-dessous.

A bientôt sur Votre Réseau.

Message : Liverpool.
Bonjour !
Il est midi ici, nous entamons une petite pause déjeuner, qui va faire du bien après la courte nuit (on se demande pourquoi on a réservé un hôtel…) et la matinée déjà si chargée.
Nous avons retrouvé Mary vers dix heures comme prévu. Et pour que nous la reconnaissions, elle est arrivée avec une chaîne et une dizaine de cadenas autour du cou et un pull vert pomme à tête de renne, (en clin d’œil à Bridget Jones.) Je ne vous dis

pas comment la dizaine de personnes présentes devant le théâtre la regardait.

Ensuite, le Beatles Story nous en a mis plein les yeux et surtout les oreilles. Vous verrez tout ça sur les photos.

On continue cet après-midi avec Mary pour guide particulier, c’est le bonheur.
Et le cadenas ? On attend John qui nous rejoindra ce soir…

A plus tard !

russie_0.jpg

De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr
Objet : message le 13 septembre 2015

Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre message dont vous retrouverez le contenu ci-dessous.

A bientôt sur Votre Réseau.

Message : Et voilà.
Nous sommes dans le train du retour, épuisés, mais heureux. Ce fut bref, mais nous avons rencontré deux personnes formidables pleines d’humanité. Je crois que nous nous sommes fait des amis.
Après les visites de l’après-midi, nous avons retrouvé John dans un pub sur RogueStreet et j’ai pu leur rendre le cadenas. Ils n’en ont pas la clé et ont donc décidé de ne pas le raccrocher. Eux aussi le garderont dans leurs affaires pour raconter un jour toute cette histoire.

Ça signifie que nous avons réussi et qu’un quatrième cadenas pourrait prochainement commencer à chercher ses amoureux.

Alors à très vite. Julien.

De : MaryFing@skyboard.com Pour : Julien@bleu.fr
Objet : Retour
Bonjour,

le 14 septembre 2015

J’espère que vous êtes bien rentrés à Paris. Merci pour votre visite, encore une fois. Cette idée complètement folle est simplement du plaisir.
Finalement, John a fixé le cadenas sur le mur au-dessus de la cheminée, en souvenir. C’est très joli.

Je souhaite que vous avez passé un beau séjour, en tout cas nous oui.
Je propose que nous passons vous voir cet hiver, nous reviendrons sûrement à Paris pour Noël. Qu’en dis-tu ? Mary et John.

De : Julien@bleu.fr
Pour : MaryFing@skyboard.com
Objet : RE : Retour le 15 septembre 2015
Bonjour Mary
Nous sommes bien rentrés, épuisés, mais tellement contents de ces trois jours à Liverpool, qui resteront gravés pour longtemps dans nos mémoires. Et puis j’ai envie que ce soit le début de quelque chose, alors évidemment que l’on se voit à Noël quand vous êtes de passage à Paris.

Et si quelqu’un doit dire merci, c’est moi. Pour cette folle journée de samedi, la rencontre avec vous si simples et si gentils, les visites, les échanges et le pull vert à tête de renne. Je suis sûr qu’il fera son petit effet lors de mon prochain repas de Noël en famille, c’est un chouette cadeau que tu m’as fait là !

Si tu le peux, je veux bien une photo du cadenas dans son cadre photo, pour mon album souvenir de ce week-end.

Je relance une nouvelle recherche, un nouveau cadenas à rendre, on se voit très vite. (Noël ce n’est que dans trois mois.)
Julien.

De : Votre Réseau Pour : Julien@bleu.fr

le 16 septembre 2015
Objet : message
Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre message dont vous retrouverez le contenu ci-dessous.

A bientôt sur Votre Réseau.

Message : On y retourne ?
Les dernières photos de notre périple à Liverpool arrivent, et je vous préviens, le premier qui ose un mot sur mon pull vert à tête de renne sera banni de ma liste de contacts Réseau. Compris ?

En attendant, puisque ce troisième cadenas a retrouvé ses amoureux, il est temps de lancer une nouvelle recherche.
Ce quatrième est très gros, très lourd et ne comporte qu’une simple phrase (incomplète si on en croit la virgule) :

Dans le silence de tes nuits,

Alors à qui appartient ce cadenas ? Un poète ? Un somnambule ? Des amoureux qui se sont rencontrés sous la Lune ?

 

17 septembre 2015

Sur la table du café, entre la bière de Julien et le jus d’abricot de Marine, l’ordinateur est ouvert et les photos de leur périple à Liverpool défilent sur l’écran. Alain s’est arrêté et assis entre les deux, il les écoute raconter ce drôle de voyage et la rencontre avec Mary et John.

« – Mais vous en avez encore beaucoup des cadenas comme ça ?
– Sept ! répond très rapidement Marine. »
Julien jurerait avoir entendu de l’enthousiasme dans la voix de son amie, il en sourit.

Il complète :
« – D’ailleurs les recherches concernant le quatrième ont commencé hier.
– Mais quand même, ce n’est pas un peu risqué, ces rendez-vous avec des inconnus rencontrés sur Internet ? demande Alain. »
Julien regarde Marine qui se pince les lèvres.
« – Ah, tiens, voilà le pull ! »
Sur l’écran, une photo de Julien portant le pull vert à tête de renne vient de s’afficher. A ses côtés, Marine est souriante et décontractée, heureuse d’être là et Mary porte autour du cou une chaîne avec des cadenas. Alain rit et Julien prévient :
« – Attention, il est interdit de se moquer de ce pull, sous peine de sanction ! »
Les trois amis rient de plus belle et Alain est appelé dans le bar par un client.
Marine se tourne vers Julien :

 

« – J’ai reçu un mail de Mary, mais je ne le transfère pas, il est en anglais. C’est une vraie belle rencontre, je pense que nous avons beaucoup de choses à partager elle et moi et la correspondance en anglais est un excellent moyen de bosser la langue avant de retourner à la fac dans une semaine… Merci d’avoir permis ça ! »

Pour toute réponse, Julien lève son verre en direction de son amie, comme s’il buvait en son honneur ! Marine lève également son jus d’abricot, fait tinter les deux verres :

« – Pour ce quatrième, tu m’emmèneras ? »

De : RESAHOTEL.COM
Pour : Julien@bleu.fr le 7 septembre 2015 Objet : Votre séjour réservé.
Monsieur,
Nous avons le plaisir de vous confirmer votre réservation dont vous trouverez le détail ci-dessous.
Merci de votre confiance,
Nous vous souhaitons un agréable séjour dans nos hôtels.

Votre réservation : Du 11 au 13 septembre

Chambre twin, Hôtel􏰀􏰀􏰀􏰀Marriott Liverpool, Les arrivées se font à partir de 16h et les départs à 12h. Ceci est un mail automatique, merci de ne pas y répondre.

De : Julien@bleu.fr
Pour : MaryFing@skyboard.com
Objet : RE : visite à Liverpool le 7 septembre 2015

Bonjour Mary,
Nous avons donc réservé, Marine et moi, un hôtel à Liverpool pour les nuits du 11 et 12 septembre. Nous ne serons finalement là que deux nuits, mais espérons en profiter le plus possible.
J’espère que c’est toujours possible pour vous.
Notre train arrivera à Liverpool le 11 septembre à 16h12. Que diriez-vous si l’on se retrouvait le 12 septembre, à l’heure qui vous convient ? Nous avons regardé de près ce que vous nous proposiez comme visite; le musée des Beatles nous semble incontournable, Albert Dock et le Pier Head nous tentent également.

Peut-on faire tout cela en une journée ? Et si c’est toujours d’accord nous serions ravis de vous avoir comme guide. Bien sûr je n’oublie pas votre cadenas. D’ailleurs je me demandais, est-ce qu’en Angleterre on accroche aussi des cadenas sur des ponts, ou est-ce réservé à la si romantique ville de Paris ?

Et savez-vous déjà ce que John et vous allez faire du cadenas ?
En tout cas, je suis très heureux de venir vous rencontrer, vous raconter cette drôle d’aventure de cadenas qui se poursuit en Angleterre. Ça aurait fait une jolie chanson pour les Beatles cette histoire.

Et si en plus vous ressemblez à Renée Zellweger… A bientôt,
Julien.

De : MaryFing@skyboard.com Pour : Julien@bleu.fr
Objet : RE : visite à Liverpool Bonjour Julien,

le 8 septembre 2015

John et moi sont très contents de vous voir. Je ne travaille pas et je peux vous accompagner tout le samedi pour vous faire visiter Liverpool, avec plaisir. Et John pourra nous rejoindre pour la soirée autour d’une bière.

Je ne sais pas ce qu’on fera du cadenas, sûrement le garder en souvenir. En plus on a jeté la clé, alors impossible de l’attacher ici. Et puis on a mis un cadenas pour souvenir du départ de Paris et le début de la vie à deux en Angleterre. Alors pas la peine de remettre un nouveau ici, je crois.

 

Ici, à Liverpool, on accroche aussi des cadenas, mais pas sur le pont, sur des chaînes installées pour ça. Les amants romantiques ne sont pas seulement des frenchis !
Pour le rendez-vous, il y a le théâtre Royal Court à deux minutes de l’hôtel où vous êtes, on peut se retrouver là vers dix heures AM le samedi. Ça vous va ?

Mais il ne faudra pas chercher Renée Zellweger, sinon, vous ne me trouverez pas !
J’attends votre réponse,
Mary.

De : Julien@bleu.fr
Pour : MaryFing@skyboard.com
Objet : RE : visite à Liverpool le 10 septembre 2015

Ça y est ! Nos valises sont prêtes, tout est organisé, le petit cadenas

John et Mary D.
October 12th 2008
est bien rangé dans une petite boîte rouge et déposé en

premier dans le sac pour être sûr de ne pas l’oublier. Comme je vous l’ai déjà dit, Marine et moi sommes très contents de faire ce voyage vers John et vous. On se donne donc rendez-vous dans deux petits jours, à dix heures devant le théâtre. La dernière fois que j’ai retrouvé une inconnue au cadenas sur le quai d’une gare, elle portait un arrosoir à la main, pour que je la reconnaisse. Et avec vous, comment nous retrouverons-vous ?
A samedi.
Julien.

 

De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr le 11 septembre 2015 Objet : message

Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre message dont vous retrouverez le contenu ci-dessous.

A bientôt sur Votre Réseau.

Message : Ça y est !
Marine et moi sommes dans le train, direction Liverpool, pour rendre le troisième cadenas à ses amoureux-propriétaires. Merci pour vos partages qui ont permis ce voyage, et promis, je vous poste quelques photos durant ce week-end dans la ville de John et Paul !
Bye ! (et si j’apprends quelques mots d’anglais, ce qui serait un exploit, promis, vous en serez informés !)
Julien
Et Marine pas loin, sur la photo !

De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr le 11 septembre 2015 Objet : Photos
Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre album photo.

 

A bientôt sur Votre Réseau.

Nous sommes bien arrivés, quelques photos de l’hôtel et de nos premiers pas dans Liverpool. Nous sommes devant une bonne bière dans un de ces pubs où un groupe joue les tubes des Beatles.

She’s got a ticket to riiiiiide… (Je vous avais dit que je finirais par apprendre quatre mots d’anglais.)
Bye

De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr
Objet : message le 12 septembre 2015

Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre message dont vous retrouverez le contenu ci-dessous.

A bientôt sur Votre Réseau.

Message : Liverpool.
Bonjour !
Il est midi ici, nous entamons une petite pause déjeuner, qui va faire du bien après la courte nuit (on se demande pourquoi on a réservé un hôtel…) et la matinée déjà si chargée.
Nous avons retrouvé Mary vers dix heures comme prévu. Et pour que nous la reconnaissions, elle est arrivée avec une chaîne et une dizaine de cadenas autour du cou et un pull vert pomme à tête de renne, (en clin d’œil à Bridget Jones.) Je ne vous dis

pas comment la dizaine de personnes présentes devant le théâtre la regardait.

Ensuite, le Beatles Story nous en a mis plein les yeux et surtout les oreilles. Vous verrez tout ça sur les photos.

On continue cet après-midi avec Mary pour guide particulier, c’est le bonheur.
Et le cadenas ? On attend John qui nous rejoindra ce soir…

A plus tard !

De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr
Objet : message le 13 septembre 2015

Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre message dont vous retrouverez le contenu ci-dessous.

A bientôt sur Votre Réseau.

Message : Et voilà.
Nous sommes dans le train du retour, épuisés, mais heureux. Ce fut bref, mais nous avons rencontré deux personnes formidables pleines d’humanité. Je crois que nous nous sommes fait des amis.
Après les visites de l’après-midi, nous avons retrouvé John dans un pub sur RogueStreet et j’ai pu leur rendre le cadenas. Ils n’en ont pas la clé et ont donc décidé de ne pas le raccrocher. Eux aussi le garderont dans leurs affaires pour raconter un jour toute cette histoire.

Ça signifie que nous avons réussi et qu’un quatrième cadenas pourrait prochainement commencer à chercher ses amoureux.

Alors à très vite. Julien.

6823420.image.jpeg

De : MaryFing@skyboard.com Pour : Julien@bleu.fr
Objet : Retour
Bonjour,

le 14 septembre 2015

J’espère que vous êtes bien rentrés à Paris. Merci pour votre visite, encore une fois. Cette idée complètement folle est simplement du plaisir.
Finalement, John a fixé le cadenas sur le mur au-dessus de la cheminée, en souvenir. C’est très joli.

Je souhaite que vous avez passé un beau séjour, en tout cas nous oui.
Je propose que nous passons vous voir cet hiver, nous reviendrons sûrement à Paris pour Noël. Qu’en dis-tu ? Mary et John.

De : Julien@bleu.fr
Pour : MaryFing@skyboard.com
Objet : RE : Retour le 15 septembre 2015
Bonjour Mary
Nous sommes bien rentrés, épuisés, mais tellement contents de ces trois jours à Liverpool, qui resteront gravés pour longtemps dans nos mémoires. Et puis j’ai envie que ce soit le début de quelque chose, alors évidemment que l’on se voit à Noël quand vous êtes de passage à Paris.

Et si quelqu’un doit dire merci, c’est moi. Pour cette folle journée de samedi, la rencontre avec vous si simples et si gentils, les visites, les échanges et le pull vert à tête de renne. Je suis sûr qu’il fera son petit effet lors de mon prochain repas de Noël en famille, c’est un chouette cadeau que tu m’as fait là !

Si tu le peux, je veux bien une photo du cadenas dans son cadre photo, pour mon album souvenir de ce week-end.

Je relance une nouvelle recherche, un nouveau cadenas à rendre, on se voit très vite. (Noël ce n’est que dans trois mois.)
Julien.

De : Votre Réseau Pour : Julien@bleu.fr

le 16 septembre 2015
Objet : message
Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre message dont vous retrouverez le contenu ci-dessous.

A bientôt sur Votre Réseau.

Message : On y retourne ?
Les dernières photos de notre périple à Liverpool arrivent, et je vous préviens, le premier qui ose un mot sur mon pull vert à tête de renne sera banni de ma liste de contacts Réseau. Compris ?

En attendant, puisque ce troisième cadenas a retrouvé ses amoureux, il est temps de lancer une nouvelle recherche.
Ce quatrième est très gros, très lourd et ne comporte qu’une simple phrase (incomplète si on en croit la virgule) :

Dans le silence de tes nuits,

Alors à qui appartient ce cadenas ? Un poète ? Un somnambule ? Des amoureux qui se sont rencontrés sous la Lune ?

 

17 septembre 2015

Sur la table du café, entre la bière de Julien et le jus d’abricot de Marine, l’ordinateur est ouvert et les photos de leur périple à Liverpool défilent sur l’écran. Alain s’est arrêté et assis entre les deux, il les écoute raconter ce drôle de voyage et la rencontre avec Mary et John.

« – Mais vous en avez encore beaucoup des cadenas comme ça ?
– Sept ! répond très rapidement Marine. »
Julien jurerait avoir entendu de l’enthousiasme dans la voix de son amie, il en sourit.

Il complète :
« – D’ailleurs les recherches concernant le quatrième ont commencé hier.
– Mais quand même, ce n’est pas un peu risqué, ces rendez-vous avec des inconnus rencontrés sur Internet ? demande Alain. »
Julien regarde Marine qui se pince les lèvres.
« – Ah, tiens, voilà le pull ! »
Sur l’écran, une photo de Julien portant le pull vert à tête de renne vient de s’afficher. A ses côtés, Marine est souriante et décontractée, heureuse d’être là et Mary porte autour du cou une chaîne avec des cadenas. Alain rit et Julien prévient :
« – Attention, il est interdit de se moquer de ce pull, sous peine de sanction ! »
Les trois amis rient de plus belle et Alain est appelé dans le bar par un client.
Marine se tourne vers Julien :

« – J’ai reçu un mail de Mary, mais je ne le transfère pas, il est en anglais. C’est une vraie belle rencontre, je pense que nous avons beaucoup de choses à partager elle et moi et la correspondance en anglais est un excellent moyen de bosser la langue avant de retourner à la fac dans une semaine… Merci d’avoir permis ça ! »

Pour toute réponse, Julien lève son verre en direction de son amie, comme s’il buvait en son honneur ! Marine lève également son jus d’abricot, fait tinter les deux verres :

« – Pour ce quatrième, tu m’emmèneras ? »

Voulez-vous donner votre avis sur un roman à paraître? « Si par hasard… »(5ème partie). Editions Ella

cadenas-couple.jpg

De : Agathe@pourtant.com
Pour : Julien@bleu.fr le 23 juillet 2015 Objet : bonne nouvelle
Salut Julien,
C’est gentil d’être passé à l’appart’ déposer mon parapluie. Je l’ai trouvé en rentrant. Je ne sais pas si nous nous sommes ratés de beaucoup, en tout cas je regrette de ne t’avoir pas vu.
J’en profite pour t’annoncer la nouvelle. Alex et moi sommes à nouveau ensemble. Il doit venir se réinstaller ici demain, j’ai ressorti le cadenas de sa boîte et l’ai accroché sur la porte de ma chambre… faute de pouvoir le remettre sur le pont.
C’est dommage quand même qu’ils aient pris cette décision. Et en même temps ça m’a permis de mieux te connaître. Encore merci pour tout ça et à bientôt sûrement.
Agathe

De : laura@mgh.fr
Pour : Julien@bleu.fr le 24 juillet 2015 Objet : Retour
Et voilà, je suis de retour.
Vous avez vraiment cru que j’étais fâchée ? Tout cela était pour rire, bien sûr, comme la totalité de nos échanges depuis le début. Non ? Bon, pour me faire pardonner à mon tour, je vous propose de venir à notre rencontre ce week-end. Ça vous irait ? En tout cas Guillaume et moi serions ravis et vous attendons.
A très vite.
Laura.

 

De : Julien@bleu.fr
Pour : laura@mgh.fr le 24 juillet 2015 Objet : RE : Retour
La réponse est oui, évidemment. Rencontrons-nous ce week-end. Ce sera la première fois que je rencontre quelqu’un en réalité après avoir fait sa connaissance par mail. Ce sera étrange, sûrement ! Mais j’en meurs d’envie. Et puis c’est moi qui vous l’ai proposé, alors je ne peux refuser. Je peux arriver samedi 25 (demain en fait !) par le train de 11h23. Qu’en dites-vous ?
Par contre, reste la question de savoir comment on se reconnaît. Vous porterez un arrosoir dans la main droite ? Alors à demain chère Laura.

De : laura@mgh.fr
Pour : Julien@bleu.fr le 24 juillet 2015 Objet : RE : retour
Pas besoin d’arrosoir ! La gare de Nogent n’est pas si grande et si fréquentée. Nous nous reconnaîtrons, j’en suis sûre.
C’est donc entendu pour demain 11h23 et bien sûr, vous restez déjeuner avec nous. Le café promis se transforme, avec plaisir, en repas. Je pourrai vous dire pourquoi l’O.N.F. et comment on s’est retrouvé à dessiner un arbre sur le cadenas.
A demain,
Laura.

De : Julien@bleu.fr Pour : laura@mgh.fr Objet : Voilà, c’est fini

le 26 juillet 2015

 

Tu auras repéré le clin d’œil dans le titre du message ?
Je te remercie (et Guillaume aussi bien sûr) pour votre accueil. J’ai passé un très bon moment en votre compagnie. Et puis vous étiez mon réel premier cadenas. Ça compte et ça restera un très bon souvenir. Le hasard fait parfois bien les choses. C’était assez drôle de se découvrir des points communs, des passions partagées, les mêmes goûts pour la musique d’Aubert.
Merci pour la journée percheronne, n’oublie pas de me dire ce que tu feras du cadenas. Y a-t-il un pont susceptible de l’accueillir à Nogent ? A moins qu’il soit mieux près du cèdre de Grenoble ?
Merci pour tout,
Bonne route, Je pars, chère Laura.
Julien.

De : laura@mgh.fr
Pour : Julien@bleu.fr
Objet : RE : Voilà, c’est fini
Je note le clin d’œil.
Nous aussi, nous avons passé une excellente journée en ta compagnie. Et puis c’était la première fois que je patientais sur le quai d’une gare avec un arrosoir à la main. Et rien que pour rire de l’incompréhension des gens qui descendaient du train et m’apercevaient, secouant mon arrosoir au-dessus de ma tête, ça valait le coup.
Merci à toi, d’avoir pris au hasard notre cadenas et de l’avoir rapporté. Nous avons, Guillaume et moi, fait une belle rencontre hier. Poser ce cadenas nous aura permis cette rencontre avec toi. Evidemment, on ne s’en doutait pas une seconde au moment de l’accrocher et de jeter la clé dans l’eau. Il n’est donc pas question de le reposer sur un pont de Nogent ou d’ailleurs.

Nous le gardons précieusement. Imagine-nous, (maintenant que tu sais à quoi on ressemble !) dans cinquante ans, racontant à nos petits enfants, qu’un jour, un jeune parisien un peu fou nous a rapporté ce cadenas, comme ça pour rien, pour la beauté du geste. (Je ne sais pas si on parlera de l’arrosoir… après tout les enfants n’ont pas besoin de tout savoir !) Ce cadenas (et toi par ricochet) va devenir une légende familiale, qu’on racontera à chaque repas de famille. Merci encore,

Et Si d’aventure… n’hésite pas. moi aussi je joue du clin d’œil.) Laura

les-cadenas-d-amour-que-des-couples-d-amoureux-viennent_923711_667x333.jpg

 

26 juillet 2015

« – Allo ? Julien ? Je suis rentrée, on se boit un verre ? »

Quelques minutes plus tard, Julien sonne chez Marine tout juste revenue de Normandie. Devant son teint hâlé, Julien plaisante :
«- Depuis quand on bronze comme cela en Normandie.

– Figure-toi qu’il fait très beau en Normandie ! »
Sans lui laisser le temps de répondre, elle reprend, sans oser poser les questions directes qui lui brûlent la langue :
« – Alors, tu as fait quoi ces jours-ci ? »
Julien sourit et marque un temps, faisant mine de réfléchir, conscient qu’elle attend qu’il lui parle des cadenas. Il raconte le parapluie d’Agathe, le rituel du jeudi chez Alain sans elle… Elle finit par l’interrompre : « – Et le cadenas de Laura ? »
Julien se retient de rire, heureux de son effet !
« – Je suis allé ce week-end jusqu’à Nogent-le-Rotrou rapporter le premier cadenas.
C’était à la fois étrange et drôle. Ils s’appellent donc Guillaume et Laura et ont été ravis de récupérer ce cadenas. Après la découverte timide sur le quai de la gare, où elle m’attendait, un arrosoir à la main, nous avons déjeuné autour d’une bonne table. Nous avons parlé de tout et de rien, comme si l’on se connaissait depuis des années. Nous nous sommes découvert des goûts communs.
Et puis nous avons évidemment parlé du cadenas. Ils l’avaient accroché il y a cinq ans, un peu par hasard.

Ils y avaient dessiné un arbre, parce que c’est ce qui symbolise leur union. Elle, elle bosse à l’O.N.F. et ils se sont rencontrés sous un chêne centenaire dans le parc de Versailles, un après-midi pluvieux. La coïncidence de se rencontrer à cet endroit, à deux heures de chez eux, alors qu’ils étaient presque voisins sans s’être jamais vus ! Voilà pourquoi un arbre ornait leur cadenas. Ça nous aura permis de les retrouver.

– Belle histoire ! le coupe-t-elle sèchement. Mais tu imagines si tu étais tombé sur des imposteurs essayant de te dépouiller de tout ce que tu avais sur toi ? » Julien ne peut s’empêcher de sourire une fois de plus en pensant à Alain.

« – Pour le prochain, je t’emmène si tu veux, comme ça tu veilleras sur moi ! C’était un drôle de samedi, mais j’ai aimé ça et je suis très pressé de rendre le prochain.

– Tu veux que j’allume le PC pour qu’on fasse le partage de photo ensemble ? »

 

L’oiseau était tatoué… 14 août 2015…

 

De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr le 26 juillet 2015 Objet : message
Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre message dont vous retrouverez le contenu ci- dessous.

A bientôt sur Votre Réseau. Message : Cadenas Numéro 2

Bonjour à tous !
Vos partages ont fait des miracles, le premier cadenas a retrouvé ses amoureux. Alors on recommence ? Celui-ci n’a pas de lettres, juste un oiseau dessiné et une date : 9 septembre 2009.
A vous de jouer.
Julien@bleu.fr

De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr le 30 juillet 2015 Objet : message
Votre message « Cadenas Numéro 2 » a été partagé 97 fois et vu 653 fois depuis sa publication le 27 juillet.

A bientôt sur Votre Réseau.

 

 

De : Julien@bleu.fr
Pour : marine@mgh.fr le 3 août 2015 Objet : partage
Salut.
Malgré les nombreux partages, celui-ci fonctionne moins bien semble-t-il, peu de retours, de messages, pas de frétillement… Bon, ça ne peut pas être aussi rapide que le premier, mais quand même, ce serait trop bête de ne pas réussir dès le deuxième.
Jul’

De : marine@mgh.fr
Pour : Julien@bleu.fr le 3 août 2015 Objet : RE partage
Relance un message avec la photo. On est en pleine période de vacances, les gens sont peut-être un peu loin du Réseau. Sois patient.
A plus tard.

De : Votre Réseau
Pour : Julien@bleu.fr le 4 août 2015 Objet : message
Nous avons le plaisir de vous confirmer la publication de votre message dont vous retrouverez le contenu ci- dessous.

A bientôt sur Votre Réseau. Message : Encore un effort.

48

Malgré vos nombreux partages, pas de traces du propriétaire du cadenas du « 9 septembre ». On ne va quand même pas échouer dès la deuxième photo ?
Alors on partage, on mobilise ses « amis du Réseau » ! Même adresse : Julien@bleu.fr

Et promis, je vous raconte très vite ce qu’est devenu le premier. A bientôt.

De : Votre Réseau
Pour:Julien@bleu.fr le7août2015
Objet : message
Votre message «Encore un effort» a été partagé 148 fois et vu 726 fois depuis sa publication le 20 juillet.
A bientôt sur Votre Réseau.

De : Pierre@SurVotreRéseau.com Pour : Julien@bleu.fr
Objet : Message
Bonjour,

le 9 août 2015

Je crois que vous possédez un cadenas qui m’appartient, indirectement. Beaucoup de mes amis l’ont reconnu et me l’ont indiqué. C’est pour cela que je vous écris. Mais je n’en ai rien à faire, vous pouvez le garder, vous en débarrasser, je ne veux plus en entendre parler.

Cordialement, Pierre Boscheron

 

 

De : Julien@bleu.fr
Pour : Pierre@SurVotreRéseau.com le 9 août 2015 Objet : RE : Message
Bonjour,
J’ai bien reçu votre message et suis désolé si les partages de photos vous ont importuné sur Le Réseau.
De mon côté je n’ai pas d’autre objectif que de retrouver les personnes qui ont posé ces cadenas. Je ne vous demande rien, juste un peu de votre temps pour participer avec moi à ce drôle de jeu de piste.
Il semble donc que ce soit vous qui ayez accroché celui de ma deuxième photo, celui qui ne comporte qu’une date et le dessin d’un oiseau. J’en suis très heureux.
Toutefois vous avez utilisé un mot qui m’intrigue: « indirectement ». Je serais curieux que vous m’en disiez plus sur ce cadenas. Ensuite, nous verrons ce que je dois en faire.
Cordialement
Julien

 

De : Pierre@SurVotreRéseau.com Pour : Julien@bleu.fr
Objet : RE : Message
Bonjour,

le 10 août 2015

Il ne fait aucun doute pour moi que je suis fortement relié à ce cadenas, même si je ne suis pas celui qui l’a accroché sur le pont. J’ignore comment vous l’avez obtenu, mais comme je vous l’ai déjà dit, je ne souhaite pas récupérer cet objet, n’ayant plus aucun lien avec lui, ni avec ceux qui l’ont posé.

 

Vous pouvez donc considérer que vous avez réussi votre jeu de piste en retrouvant le propriétaire et passer à la suite. Je vous remercie.
Cordialement

Pierre Boscheron

De : Julien@bleu.fr Pour:Pierre@SurVotreRéseau.com le10août2015 Objet : RE : Message
Bonjour Pierre,
Je vous présente une fois de plus mes excuses pour la gêne que je vous cause avec ce cadenas. Toutefois, je reste curieux d’en savoir un peu plus, sans pour autant entrer dans votre intimité. Pouvez-vous m’en dire plus sur la ou les personnes qui l’ont accroché et sur l’oiseau dessiné dessus et qui, en plus de la date, vous permet d’être sûr qu’il vous appartient ?
Je vous remercie d’avance.
De mon côté, je vais également être franc avec vous : j’ai récupéré ce cadenas (avec d’autres) après qu’il a été retiré du pont et avant qu’il ne soit détruit. Je l’ai choisi parmi des centaines d’autres, parce que le petit oiseau m’a plu et parce que j’étais sûr qu’une histoire l’accompagnait. Il semble que je ne me sois pas trompé, même si l’histoire a l’air d’être compliquée pour vous. Je continue d’espérer que vous m’en direz plus, et je vous le demande.
Cordialement.
Julien.

7400311.jpg

De : Pierre@SurVotreRéseau.com
Pour : Julien@bleu.fr le 13 août 2015 Objet : RE : Message
Bon, puisqu’il apparaît que je ne me débarrasserai pas de vous et de ce fichu cadenas tant que je ne vous aurai rien dit, voilà l’histoire.
Ce sont Léa, ma fille et Stéphane, son copain qui ont accroché ce cadenas sur le pont, le 9 septembre 2009. L’oiseau est un dessin original de Léa. Elle l’a créé lorsqu’elle était étudiante aux Beaux-Arts de Nantes. Elle le dessinait partout, elle et Stéphane l’ont même tatoué sur leur cheville. Je pourrais le reconnaître entre mille. Quant à la date, c’est aussi celle du jour où j’ai vu Léa pour la dernière fois.
Voilà, je pense que vous en savez assez.
Je vous redis donc une nouvelle fois que je ne veux pas de ce cadenas, faites-en ce que bon vous semble.
Cordialement
Pierre Boscheron.

 

 

13 août 2015

« – Finalement, c’est peut-être toi qui as raison depuis le début… »
Marine regarde Julien, incrédule, mais il n’a pas le temps de terminer son explication, Alain arrive avec le plateau qui contient la bière et le jus d’abricot.

« – Bah, alors les jeunes, vous en faites une tête ! Faut pas ! C’est l’été, il y a du soleil ! »
Tous les deux regardent Alain, lui sourient. Il dépose les deux verres, secoue le jus d’abricot, en ouvre la bouteille et repart sans avoir obtenu d’explication. Julien saisit son verre, boit une gorgée et reprend :

« – J’ai eu une réponse pour le deuxième cadenas, mais Pierre, qui m’a écrit, ne veut pas le récupérer. Ça a réveillé une douloureuse histoire de séparation d’avec sa fille. La date sur le cadenas est celle de leur dernière rencontre. »

Marine reste silencieuse, ne sait quoi répondre à son ami.
« – T’avais raison, cette histoire est une erreur.
– Tu sais, tout ne peut pas être drôle, joyeux et bien se terminer. Evidemment que dans ces milliers de cadenas il y a des histoires tragiques, des couples brisés, des amours déçues. J’avais essayé de te le dire. Mais est-ce que c’est une raison pour ne pas aller au bout ? »

Julien regarde Marine et sourit.
« – Ai-je bien entendu ? Marine qui me traitait d’inconscient il y a quelques jours encore, me demande de ne pas abandonner cette histoire de cadenas ? »

 

Marine rougit derrière son verre, puis rit de bon cœur avec Julien finalement.
« -Je vais partir quelques jours en vacances dans la maison de ma grand-mère, histoire de couper, on verra ce qu’on décide quand je rentrerai. conclut Julien. »

Voulez-vous donner votre avis sur un roman à paraître? « Si par hasard… »(4ème partie). Editions Ella

Les-cadenas-d-amour_article_landscape_pm_v8.jpg

18 Juillet 2015

Julien entre et se dirige vers le bar :
« – Bonjour mademoiselle, auriez-vous trouvé un parapluie ? »
La jeune serveuse soupire et sort par la porte derrière le comptoir, sans un mot. L’accueil glacial fait sourire Julien dont rien ne peut gâcher l’enthousiasme de revoir Agathe, même pas une jeune étudiante de mauvaise humeur parce qu’elle est obligée de travailler en plein mois de juillet pour payer sa rentrée universitaire.
Julien regarde autour de lui, L’Eldorado est vide. Il s’installe à une table, qu’il choisit entre la porte et le fond de la salle, pour être vu d’Agathe lorsqu’elle arrivera et pour être assez tranquille lorsqu’elle sera là. Le bar est silencieux, à l’exception d’une radio qui diffuse en continu des vieux tubes de country et du vieux frigo qui ronronne dans son coin. En revenant, la serveuse trouble la quiétude d’une porte qui claque et fait sursauter Julien. Elle tient dans sa main le parapluie d’Agathe, s’approche de la table et le tend à Julien.
« – Je vous sers quelque chose ?
– Oui, un café allongé, s’il vous plait ! Merci pour le parapluie, ça paraît bizarre de perdre un parapluie en plein mois de juillet… »
Les mots de Julien se perdent dans le bruit du frigo, la serveuse a déjà fait demi-tour et ne l’écoute pas.

Julien regarde sa montre, sa tasse vide depuis longtemps et son portable sans message. Le bar est toujours aussi vide, il dépose deux euros sur la table et quitte L’Eldorado sans oublier le parapluie d’Agathe, qui n’est finalement pas venue.

 

De : Agathe@pourtant.com
Pour : Julien@bleu.fr le 19 juillet 2015 Objet : RE : Parapluie
Bonjour Julien,
Je suis désolée de t’avoir laissé seul hier. Merci en tout cas d’avoir retrouvé le parapluie. (après le cadenas, le parapluie, tu es plus efficace que le bureau des objets trouvés.) Comme je te le disais au téléphone, Alex m’a appelée alors que je partais pour te rejoindre. Je suis allée le retrouver à la sortie de son bureau pour que nous discutions de la suite à donner. Je te présente mes excuses, mais suis sûre que tu comprends. J’essaierai de passer te voir pour le parapluie, en attendant garde-le au sec !
A bientôt,
Agathe

De : laura@mgh.fr
Pour : Julien@bleu.fr
Objet : RE : Bon anniversaire !
Bonjour Julien,
Je ne vous avais pas dit que je partais plusieurs jours ? En tout cas, quelle surprise de trouver tant de vos messages dans ma boîte ce matin.
Alors j’essaie de répondre à toutes vos questions, sans en oublier. D’abord merci de me souhaiter un joyeux anniversaire, c’était une jolie fête pleine d’amis et de rires. Pour mon âge vous avez vu juste, j’ai eu trente ans le 17 juillet, (oui, je n’ai pas écrit que j’allais y répondre dans l’ordre…)

 

Unknown-5.jpeg

le 20 juillet 2015

J’ai été gâtée, beaucoup de cadeaux, dont un voyage à Grenoble pour aller étudier le plus vieil arbre de la ville, un cèdre de 1847. Voilà qui répond à une autre de vos questions ; je suis « Expert Arbre Conseil » pour l’O.N.F. ce qui explique (en partie seulement) l’arbre sur le cadenas. Enfin et puisque je vois que votre curiosité est insatiable, nous vivons tout près de Nogent, mais Guillaume et moi ne sommes pas mariés, voilà qui explique que vous ne me trouviez pas sur les sites de recherches d’adresse. Mais aucun problème pour venir vous chercher à la gare de Nogent, si besoin.

Je ne répondrai pas à vos suppositions sur mon physique, je préfère vous laisser imaginer encore et me dire comment vous me voyez, je trouve cela très amusant.
J’ai dû oublier plusieurs réponses à vos questions, mais ce n’est rien, ça fera une autre occasion de s’écrire.

A bientôt, Laura

De : Julien@bleu.fr
Pour : laura@mgh.fr
Objet : RE : Bon anniversaire !
Chère Laura,
(Vous m’autorisez à écrire chère Laura ?)
Comme je suis content de vous voir revenue. Je commençais à penser qu’il vous était arrivé quelque chose. Alors, bien sûr vous n’avez pas répondu à toutes mes questions, mais je vous pardonne. Et puis lorsque vous y répondez, vous insufflez un nouveau mystère qui me donne envie de poser mille nouvelles questions.

 

le 20 juillet 2015

Mais je vais d’abord reprendre la liste de celles auxquelles vous n’avez pas répondu, avant d’en oser de nouvelles.
A bientôt, donc.
Julien.

De : Julien@bleu.fr
Pour : laura@mgh.fr le 20 juillet 2015 Objet : liste de mystères
Comme promis, voici la liste des questions sans réponse : Pourquoi vous (ou Guillaume ?) y avez dessiné un arbre ? Vous n’avez répondu qu’en partie et avez piqué ma curiosité.
Depuis combien de temps Guillaume et vous êtes-vous amoureux ?
Et puis pour votre description, comment ferais-je pour vous reconnaître sur le quai de la gare, si vous ne me dites rien ? Vous aurez une clé dans la main ?

De : laura@mgh.fr
Pour : Julien@bleu.fr le 21 juillet 2015 Objet : RE : liste de mystères
Cher Julien (Je m’y autorise, puisque vous l’avez demandé.) J’ai trouvé votre ton et votre récapitulatif des questions sans réponse, très autoritaire. Je préfère vous lire me raconter l’histoire d’Agathe, vous y avez l’air plus charmant. Je refuse donc de répondre à vos questions pour le moment !
Je dois m’absenter quelques jours et ne pourrai répondre à mes messages. Vous devrez donc patienter. Mais peut-être avez-vous d’autres Laura à assaillir de questions avec les dix cadenas du pont ?

A bientôt, cher Julien !

De : Julien@bleu.fr
Pour : laura@mgh.fr
Objet : RE : liste de mystères
Laura,
Je suis désolé si mon ton autoritaire vous a froissée. Je m’aperçois que j’ai été très curieux et ai posé beaucoup de questions. Mais j’ai très envie de savoir qui vous êtes avant de venir vous rencontrer. Après tout, je prends des risques ; et si vous étiez un serial killer qui pose des cadenas sur les ponts pour attirer de jeunes étudiants un peu fous ?
Je vous laisse à votre travail. (Vous ne pourrez pas répondre, mais pourrez-vous lire mes messages ? (C’est idiot de poser la question, puisque vous ne pourrez pas y répondre…))
Je serais curieux (et voilà, ça me reprend, je ne peux pas m’en empêcher !) que vous m’en disiez plus sur votre travail, en quoi il consiste, et ce qui vous a amenée à l’O.N.F.
Mais je saurai patienter.
A mon tour de répondre à votre question alors.
Non, je n’ai pas d’autres Laura, je voudrais d’abord vous rendre ce cadenas avant de chercher une autre Laura, une autre amoureuse qui a un jour accroché un petit bout de métal sur le pont des arts.

 

le 22 juillet 2015

Une autre question que vous avez posée et à laquelle je n’ai pas répondu: est-ce que j’ai trouvé le cadenas sur le deuxième parapet, côté 1er arrondissement ?
Lorsque j’ai récupéré votre cadenas, il était déjà décroché du pont et stocké avec des milliers d’autres dans un bac. J’espère que vous me pardonnerez, je vous propose de venir vous rendre le cadenas dès votre retour, faites-moi signe quand vous êtes rentrée.

Amicalement, Julien.

 

23 juillet 2015

Après être passé chez Agathe pour lui rendre son parapluie, Julien se rend au café d’Alain. Bien que Marine soit en vacances, il ne déroge pas à cette coutume qu’ils ont instaurée il y a près de sept ans quand ils étaient lycéens.

Seul à une table de la terrasse, Julien boit sa pression en rêvant à son voyage tout proche à Nogent le Rotrou, où il n’a bien sûr jamais mis les pieds.
Alain profite de l’absence de Marine pour venir discuter avec Julien.

« – Alors, tu ne pars pas en vacances ?
– Non, pas pour le moment. Mais je vais voyager un peu… Tu connais Nogent-le-Rotrou ?
– Non, pourquoi ? C’est là que tu vas ? »
Julien hésite, repense aux sermons de Marine sur son imprudence, sur l’étalage trop public de ce qu’elle continue d’appeler un vol. Mais il a confiance en Alain avec qui il partage toutes ses fins d’après-midi de jeudi depuis tant d’années. Il lui raconte donc l’histoire des cadenas, la rencontre virtuelle avec Laura et son intention d’aller rendre le premier cadenas en mains propres, à Nogent le Rotrou.

« – Eh bien, vous en avez de l’énergie et des idées, les mômes. »
C’est un des surnoms qu’Alain leur donne, affectueusement.

« – Mais t’as pensé que cette Laura pouvait être un escroc qui t’attendra à la gare pour te dépouiller ? »

 

Julien sourit, se retient de se moquer, gentiment, d’Alain en comparant son scepticisme et son sens du droit à celui de Marine. Il termine sa bière, silencieux, salue Alain et rentre vérifier si Marine lui a écrit depuis ses vacances normandes.

Nuage de Tags