S'il te plaît, apprivoise-moi…

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Printemps des Poètes: Méandres, photo aérienne de Marc Bourbon

Méandres

Mon cerveau se perd
en conjectures, en vaines hypothèses
Mon cerveau malade
ne retrouve aucun repère

Mon cerveau circonvolue,
il erre d’hémisphère en hémisphère
et , d’impasse en impasse,
il revient toujours en arrière,
il tombe toujours sur la case
« impair et mauvaise passe »

Où donc es-tu, mon ami si fier?
Pourquoi ainsi m’abandonner?
Mes cellules grises foutent le camp par poignées,
Mes méninges se mélangent les pédales
et moi même je pédale dans la semoule.

Ca part en sucette et bientôt
je serai complètement ramolo:
Ma Muse ne me reconnaîtra plus
et ma plume tournera en rond
avant se sombrer corps et biens

Ma conscience n’a plus de tête
et glapira bientôt coin-coin.
Vieillir n’est pas qu’un naufrage
c’est un fieffé carnage.
J’ai perdu mes illusions,
mes cheveux et mes dents,
je perds la boule: c’est pas trop cool mais,
même mort,
je t’aimerai encore…

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Photo aérienne de Marc Bourbon, à retrouver sur son site 

https://marcbourbonaerophoto.wordpress.com

Poésie: Le passage du Gois

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Le passage du Gois

Mon coeur est de guingois

Il angoisse

entre ciel et mer
entre terre et ciel
entre mer et terre
entre toi et moi

Tout va de travers
c’est du grand n’importe quoi
tant la chamade mon coeur bat.

Qu’importe où nous allons:
la traversée c’est l’aventure
allons y à pied, à la nage
périssons ensemble
et parlons-en encore.

Tiens-moi la main,
plus fort,
encore plus fort:
je n’ai peur de rien:
il n’y a jamais de lendemain.

Les neiges d’antan ont fondu
Celles de l’Himalaya bientôt ne seront plus:
faisons que la traversée soit belle, éternelle.
Cultivons notre chemin puisque chaque jour est le dernier
Qu’aujourd’hui soit le plus fort!

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Les photos sont signées de la main du Maitre Marc Bourbon, toujours photographe aérien de son état.

Voir les détails sur son site marc aerophoto.com

Poésie: Camargue

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Camargue

Mon coeur camargue depuis que tu n’es plus là
Il ne bat plus la chamade.Il est à l’arrêt,
Isaumâtre, trop amer, statufié.
Ce coeur ne bat plus que dans des eaux douteuses,
étendues vides, qui piquent mes artères.

Moi voilà malade, rongé, troublé.
J’ai le mal de mer et celui de vivre
comme une salicorne racornie.
Mes larmes dessaleraient tout autre marais,
n’importe quelle morue, un viel haddock,
une colonie de harengs.

Je t’ai déjà oublié, j’ai oublié ton nom,
tes mots capricieux, frivoles, sans intérêt
et pourtant,
je n’existai que par toi, par ta voix,
ton rire champagne, sa silhouette de flamant rose
ce je ne sais quoi aérien.

Je ne suis plus qu’un grain de riz au milieu de nulle part.
Le taureau ailé est à terre,
carcasse imbécile qui pourrit
au milieu de la rizière, sans oreilles,
émasculé, une épée plantée dans le dos.

Suprême supplice: ce sel m’empêche de couler,
m’empêche de sombrer, d’être englouti tout à fait.
Tantale, Prométhée, je suis votre frère de souffrance:
c’est un peu long l’éternité, non?

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Illustrations photographiques de notre photographe aérien préféré, Marc Bourbon, familier des lieux et dont vous saurez un peu plus dans l’article suivant qui lui est consacré par le journal Sud-Ouest

Poésie: Dans l’étang de Léon

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Dans l’étang de Léon

Dans l’étang de Léon, on y fait des ronds
des petits, des grands, des ronds un peu patraques,

des ronds qui ont pris un coup dans l’aile
des zéros pointés, des roues de bicyclettes,
des ronds de chapeaux carrés.

Dans cet étang maudit marécage,
se sont engloutis les rêves que j’avais
fabriqués pour ton sommeil,

trop belle Ophélie, naufragée,
cadavre bercé d’illusions paumées
qui vogue entre deux eaux languides.

Tant pis! Inutile de pleurer
ça tournera bien plus rond un autre jour:
il n’y a pas que
des numéros gagnants dans cette loterie

bringuebalante: la roue continuera de tourner
et moi de nager  chantant,
rêvant,  profitant juste de cet étang enchanteur.
Si je vois Merlin, j’en fais un crapaud,
si je croise Léon, le camé,
si je croire Léon…
je le transforme en étang!


L’illustration est signée de notre photographe aérien préféré: Marc Bourbon. Je vous invite à cliquer sur le lien pour voir l’univers si magique de Marc et de savoir où se trouve vraiment cet étang de Léon, qui existe bel et bien. 

Pendant que j’y suis, Marc, que je prenne le temps de te dire publiquement plutôt qu’en privé toute mon admiration pour ton travail. Le pire est que, ayant la prétention de bien connaître la France pour l’avoir tant vadrouillée, tu me fais découvrir des coins dont je n’ai même jamais entendu parlé… Bravo et toute mon amitié!  C’est un plaisir d’être porté par tes images pour écrire… Merci encore.

marc aerophoto | ma vision aérienne – my aerial photography vision

https://marcbourbonaerophoto.wordpress.com/

Poésie: Perdues dans le sable

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Perdues dans le sable

Ainsi vont les amours:
Elles finissent toujours sous le sable,
aimables mirages
qui laissent un goût de sel et de colère amère .

Inutile de pleurer ces châteaux en Espagne,
inutile de crier ni de prêcher dans le désert,
il ne reste que des coeurs séchés, des promesses trahies
et aucun océan sera assez grand pour cacher les blessures secrètes.

Repartons pour l’aventure, reprenons le chemin,
les voies de traverse, les impasses
et mordons tous les fruits inconnus.
Et s’il faut creuser, trouvons de l’or, du pétrole
ou une nouvelle lumière. Pour les vieux renards solitaires,
il y aura toujours des étoiles à contempler
et une pleine lune sous laquelle chanter.

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Avec l’aimable autorisation de Marc Bourbon pour la photo

Appréciez son travail de photographie aérienne sur son site

marcbourbonaerophoto.wordpress.com

Poésie: Géométrie maritime

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Géométrie maritime

L’Homme laboure la Mer,
parque ses huitres comme de blancs moutons,
se fait géomètre
et marque ses territoires
à coups de piquets et de pieux.

A quoi te sert, mon frère laborieux,
de quadriller ainsi les champs et les marais,
d’asservir avec des points et des traits
l’espace fantasque et farouche?

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Un jour prochain, tu enverras de nouveau
un suppositoire planter un petit drapeau
– un petit pas pour l’homme, un grand bond dans le vide-
une orgueilleuse banderille aussitôt abandonnée
au désert des étoiles et des trous noirs.

Petit homme, trace ton sillon
Fais ta part des choses avec obstination
mais n’oublie jamais l’essentiel: rêve!

Garde la tête dans les étoiles:
il y aura toujours un grain de sable
alors écoute le chant des oiseaux,
console l’enfant triste ou perdu,
accroche un poème aux oreilles de l’écuyère,
respire à fond le parfum du jasmin.
Il y a tant d’autre chose à faire
que de faire de la géométrie
à la règle et au cordeau!
Fais donc l’école buissonnière de temps à autre:
ce n’est jamais du temps perdu,
c’est ça le vrai sel de la vie!

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Avec l’aimable autorisation de Marc Bourbon pour la photo

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marcbourbonaerophoto.wordpress.com

Poésie: La Camarguaise

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La camarguaise


Tu es le sel de ma vie, ma salicorne,
mon flamant toujours plus rose,
ma Camargaise, mon cheval blanc indomptable.

Pour toi , mon coeur bat la la chamade au grand galop.
Tout le reste n’est que foutaise,
laisse-moi devenir un simple gardian,
un grain de blé dans la rizière.
Laisse-moi prier aux Saintes Maries ,
supplier Rita comme tous les autres gitans
et, si ça ne suffit pas,
je ferai le sacrifice suprême,
celui du taureau bravo :
plante ton épée dorée droit au coeur,
enlève la cocarde:

il battra encore plus fort
car jamais tes yeux ne sont amers.
Le vent remplit de musique un espace si sauvage.

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Photo aérienne de Marc Bourbon

A retrouver sur son site incontournable pour voyager depuis les nuages:

https://marcbourbonaerophoto.wordpress.com

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