S'il te plaît, apprivoise-moi…

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Printemps des Poètes: La Proie

La Proie

Les sirènes appellent, appellent
Elles chantent , nous enchantent
Elles nous attirent dans des pièges maudits.

Elles veulent s’emparer de notre esprit,
l’emprisonner, peu à peu l’étouffer.
Elles veulent s’emparer de lui,
le dévorer pour elles-mêmes se délivrer.

Les sirènes sont partout
pour nous détourner de l’essentiel,
pour nous détourner du sel de la vie,
de ce qui en fait le prix.

Fermons les yeux,
laissons gambader nos rêves
peuplés de personnages comme ceux-ci.
Chacun porte, comme Marie, son univers
Chacun offre, comme Marie, une musique à partager

Libérez vos mauvais démons,
qu’ils deviennent génies créateurs.
Ne soyez plus des proies
devenez des chasseurs,
des chasseurs de rêves,
que vos mains transforment l’argile,
que vos plumes deviennent oiseaux
et sinon chantez ce que vous avez
en vous de plus fort, de plus tendre,
de plus gai.

Printemps des Poètes: Eaux sombres

Eaux sombres

Bouillonnement des abysses
Appel des profondeurs,
des entrailles de la mer,
de l’Océan qui pleure.

Quel est cet écho,
ce borborygme presque inaudible?

Quel est ce chant traitre
de sirènes ensorcelées?

La voilà:
Elle attire dans ses filets
le misère du monde
et ses bras menus
n’en peuvent plus.

Rien n’échappe à ses mailles serrées.
Elle traîne les destins brisés,
la solitude, l’ennui

Elle porte la vie déglinguée
comme Lui porte la croix
Noir est le voile de cette mariée,
mariée par devoir
triste épousée.

Sculpture de Marie Poscia, actuellement en expo à la galerie Marie Poscia, rue de Brest à Hyères (Var)

Printemps des Poètes « Faut pas charrier » (illustration : Charie, blog Chariesque)

Faut pas charrier

Faudrait pas charrier
et pourquoi non?

La rivière charrie bien le temps des cerises,
celui des larmes et des amours mortes.
L’océan charrie bien les bouteilles à la mer,
le chant des sirènes et des épaves de marins perdus.

Moi le Renard, je charrie parfois des tonnes de nostalgie,
de la mélancolie les soirs de soleils couchants,
et le rire étranglé des étoiles
qui résonne faux comme autant de grelots.

Je tourne le dos à ce qui m’ennuie:
Je laisse tomber les feuilles mortes et la pluie:
tout coule, tout passe, amie,
je contemple le vent et le hume le doux jasmin
et ça me suffit.
Les épines des roses, tant pis. La vie, ça rit.
Je songe à ma Muse chérie…

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Illustration:

Illustrations, bandes dessinées, croquis… En fait, laboratoire d’expérimentations dessinamenteuses !

Poésie: Le passage du Gois

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Le passage du Gois

Mon coeur est de guingois

Il angoisse

entre ciel et mer
entre terre et ciel
entre mer et terre
entre toi et moi

Tout va de travers
c’est du grand n’importe quoi
tant la chamade mon coeur bat.

Qu’importe où nous allons:
la traversée c’est l’aventure
allons y à pied, à la nage
périssons ensemble
et parlons-en encore.

Tiens-moi la main,
plus fort,
encore plus fort:
je n’ai peur de rien:
il n’y a jamais de lendemain.

Les neiges d’antan ont fondu
Celles de l’Himalaya bientôt ne seront plus:
faisons que la traversée soit belle, éternelle.
Cultivons notre chemin puisque chaque jour est le dernier
Qu’aujourd’hui soit le plus fort!

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Les photos sont signées de la main du Maitre Marc Bourbon, toujours photographe aérien de son état.

Voir les détails sur son site marc aerophoto.com

Poésie: « L’étranger » de Baudelaire

L’étranger

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– Qui aimes-tu le mieux, homme enigmatique, dis? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère?
– Je n’ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
– Tes amis?
-Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
– Ta patrie?
– J’ignore sous quelle latitude elle est située.
– La beauté?
– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
– L’or?
– Je le hais comme vous haïssez Dieu.
– Eh! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
– J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages!

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Baudelaire: Petits poèmes en prose, I (1869)

Poésie: Le Pays où vont mourir les rêves

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Le Pays où vont mourir les rêves

Triste est ce pays où vont mourir les rêves
et pourrir les illusions.
Les rêves sont mortels
et les amours aussi, hélas!

Mais qui donc les assassine, ces rêves rougis,
ensanglantés par la traîtrise et l’oubli?
Quelle capricieuse main, pour trente deniers,
vend tant de promesses et son âme au vent ?

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Combien je te plains, toi qui trahis ainsi les rêves…

Comme le coquelicot et la rose, les rêves passent,
ne durent que l’espace d’un instant
Le temps s’en va, le songe s’en va, ma Dame:
Les rêves meurent, de trop mauvaise mort.
Les cimetières se remplissent d’éléphants boursouflés
mais nos rêves ressuscitent aussi.

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Poésie: Paroles de poètes

Paroles de poètes

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Tous les poètes l’ont dit,
Tous ont chanté l’Amour,
la tendresse, le partage et
tous ont menti.

Tous les poètes ont célébré,
avec trompettes et tambour,
les délicieuses passantes,
les chevelures inconnues galopantes,
le velours des regards, le rosé des joues:
Ils nous ont trahi. Elles aussi.

L effet papillon

Toutes ces crinolines en fleurs,
fausses timides, se sont changé en citrouilles
et, sous leur masque vénitien,
apparut le masque sanglant de Salomé,
le ricannement de la trahison.

Toutes celles qui se sont envolées,
ont joué la comédie, le vaudeville,
puis la fatale  tragédie,
Toutes celles-là ont pleuré
comme cohortes de crocodiles du Nil,
brisant lâchement vos jouets

barcodali

Celles qui ont juré et parjuré
dans le même serment,
toutes celles dont les caprices
vous ont mis au supplice
retrouvant sans fin une virginité,
à coups d’infinie mauvaise foi.
toutes celles-là n’avaient ni foi ni parole,
se vendant au plus offrant.


Trop naïfs poètes, envolez-vous avec vos Muses,
n’écoutez plus le chant des Sirènes:
c’est vous qui faites des femmes des déesses,
par vos mots enchantés. Elles y croient hélas!
Elles redeviendront citrouilles sans tarder
et leur miroir cessera de leur parler.

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