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Poésie: Le passage du Gois

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Le passage du Gois

Mon coeur est de guingois

Il angoisse

entre ciel et mer
entre terre et ciel
entre mer et terre
entre toi et moi

Tout va de travers
c’est du grand n’importe quoi
tant la chamade mon coeur bat.

Qu’importe où nous allons:
la traversée c’est l’aventure
allons y à pied, à la nage
périssons ensemble
et parlons-en encore.

Tiens-moi la main,
plus fort,
encore plus fort:
je n’ai peur de rien:
il n’y a jamais de lendemain.

Les neiges d’antan ont fondu
Celles de l’Himalaya bientôt ne seront plus:
faisons que la traversée soit belle, éternelle.
Cultivons notre chemin puisque chaque jour est le dernier
Qu’aujourd’hui soit le plus fort!

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Les photos sont signées de la main du Maitre Marc Bourbon, toujours photographe aérien de son état.

Voir les détails sur son site marc aerophoto.com

Poésie: « L’étranger » de Baudelaire

L’étranger

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– Qui aimes-tu le mieux, homme enigmatique, dis? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère?
– Je n’ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
– Tes amis?
-Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
– Ta patrie?
– J’ignore sous quelle latitude elle est située.
– La beauté?
– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
– L’or?
– Je le hais comme vous haïssez Dieu.
– Eh! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
– J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages!

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Baudelaire: Petits poèmes en prose, I (1869)

Poésie: Le Pays où vont mourir les rêves

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Le Pays où vont mourir les rêves

Triste est ce pays où vont mourir les rêves
et pourrir les illusions.
Les rêves sont mortels
et les amours aussi, hélas!

Mais qui donc les assassine, ces rêves rougis,
ensanglantés par la traîtrise et l’oubli?
Quelle capricieuse main, pour trente deniers,
vend tant de promesses et son âme au vent ?

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Combien je te plains, toi qui trahis ainsi les rêves…

Comme le coquelicot et la rose, les rêves passent,
ne durent que l’espace d’un instant
Le temps s’en va, le songe s’en va, ma Dame:
Les rêves meurent, de trop mauvaise mort.
Les cimetières se remplissent d’éléphants boursouflés
mais nos rêves ressuscitent aussi.

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Poésie: Paroles de poètes

Paroles de poètes

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Tous les poètes l’ont dit,
Tous ont chanté l’Amour,
la tendresse, le partage et
tous ont menti.

Tous les poètes ont célébré,
avec trompettes et tambour,
les délicieuses passantes,
les chevelures inconnues galopantes,
le velours des regards, le rosé des joues:
Ils nous ont trahi. Elles aussi.

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Toutes ces crinolines en fleurs,
fausses timides, se sont changé en citrouilles
et, sous leur masque vénitien,
apparut le masque sanglant de Salomé,
le ricannement de la trahison.

Toutes celles qui se sont envolées,
ont joué la comédie, le vaudeville,
puis la fatale  tragédie,
Toutes celles-là ont pleuré
comme cohortes de crocodiles du Nil,
brisant lâchement vos jouets

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Celles qui ont juré et parjuré
dans le même serment,
toutes celles dont les caprices
vous ont mis au supplice
retrouvant sans fin une virginité,
à coups d’infinie mauvaise foi.
toutes celles-là n’avaient ni foi ni parole,
se vendant au plus offrant.


Trop naïfs poètes, envolez-vous avec vos Muses,
n’écoutez plus le chant des Sirènes:
c’est vous qui faites des femmes des déesses,
par vos mots enchantés. Elles y croient hélas!
Elles redeviendront citrouilles sans tarder
et leur miroir cessera de leur parler.

Poésie: Mer fatale

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Mer fatale

A Dieu

Je me noie.
Plus personne ne me voit
La si lumineuse Méditerranée
sera mon linceul.

Je vais bientôt rouler,
pantin désarticulé,
dans les vagues moqueuses
au fond de l’Océan
ou jusqu’à une plage indifférente,
échoué comme une méduse éclatée.
Les goélands crèveront mes yeux.

Je n’aurai ni papiers,
ni identité,
et comme les autres immigrés
j’aurai tout échoué,
dans l’indifférence noire des ténèbres.
Même plus humain.

J’ai eu beau hurler à la lune
et aux étoiles, mon cri
n’a pas percé la nuit.
Je vous salue,
Je tire ma révérence,
à jamais je disparais.

La main du Destin sur moi se referme, fatale..

A Dieu vat ! Inch Allach !

Poésie: Rêvons ensemble

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Rêvons ensemble

 

Nos songes en partage, nos rêves en commun
hier comme demain.
Loin, jamais vraiment,
tant que nos esprits
ensemble communient,
tant que fusionnent nos univers,
tant que nos souvenirs nous éclairent.

Rien n’est plus fort que la prochaine fois.
Le temps est suspendu et n’existe pas.
Le passé est en mode replay
l’avenir voyage à l’envers.

Mêlons nos rêves et nos cheveux,
imaginons à qui mieux mieux
que nous bâtissons des ponts entre les iles.
Volons de conserve à tire d’ailes ,

escaladons les arc-en-ciel,
caressons les oiseaux de Paradis,
Retournons dans les vertes prairies enfantines,
les tendres prairies où tous les jours
on se redit « Oui ».

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Poésie : Sans Toi

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Sans Toi

Sans toi, le monde n’a plus de toit,
l’univers est sans foi ni loi
Sans toi, Pierrot a perdu ses plumes
et sa Muse ne s’amuse plus.

Sans toi, tout est pareil,
insipide, parallèle,
les fleurs n’ont plus d’odeurs,
les épices plus de goût ni saveurs.

Sans toi, j’ai perdu mon âme
et ne suis plus qu’un pauvre Diable
qui s’ennuie à tous les anges déchus
qui s’ennuie à vivre une éternelle nuit:
c’est long, tu sais, de vivre sans moitié…

Sans Toi, c’est un mauvais poisson d’avril,
une triste blague qui dure, un cauchemar éveillé
qui bousille mes vers, canards boiteux.
Je chante faux désormais, je beugle aux étoiles
les corbeaux rient de moi, les goélands itou:
doucement je pleure et ne crains que pour Toi.

***

Avec l’aimable autorisation de Marc Bourbon pour la photo

Apprécier son travail de photographie aérienne sur son site

marcbourbonaerophoto.wordpress.com

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