S'il te plaît, apprivoise-moi…

Articles tagués ‘sahara’

Insolite: Il a neigé sur les dunes du Sahara. Du jamais vu depuis 37 ans.

Par Géraldine HoudayerFrance Bleu

Il n'avait pas neigé depuis 37 ans sur cette région de l'ouest de l'Algérie.
Il n’avait pas neigé depuis 37 ans sur cette région de l’ouest de l’Algérie. © Sipa – Karim Bouchetata/Shutterstock

Ce lundi 19 décembre, les dunes de sable rouge du Sahara algérien se sont retrouvées sous la neige. Un phénomène exceptionnel, qui n’est arrivé qu’une fois en l’espace de 37 ans. Un habitant de la ville a pu prendre des photos de ce paysage envoûtant.

Ce n’est pas une chimère venue de la chanson d’Anggun, « La neige au Sahara ». Des flocons sont réellement tombés sur les dunes de sable rouge du Sahara, près de la ville d’Aïn Sefra, dans l’ouest de l’Algérie, ce lundi 19 décembre.

Les dunes de sable rouge ont été recouvertes de neige ce lundi. - Sipa
Les dunes de sable rouge ont été recouvertes de neige ce lundi. © Sipa – Karim Bouchetata/Shutterstock

La ville d’Aïn Sefra, située dans l’ouest de l’Algérie, est surnommé « la porte du désert ». Les montagnes qui entourent la ville font partie des monts des Ksour, qui composent la partie occidentale de l’Atlas saharien.

Les monts Ksour, qui font partie de l'Atlas saharien, entourent la ville. - Sipa
Les monts Ksour, qui font partie de l’Atlas saharien, entourent la ville. © Sipa – Karim Bouchetata/Shutterstock 

C’est la première fois qu’il neige sur cette région depuis 37 ans, selon Karim Bouchetata, le photographe amateur qui a pris ces clichés. La dernière fois que des flocons sont tombés ici, c’était en février 1979. La tempête de neige avait, à l’époque, duré une demie-heure. Mais lundi, la neige est restée sur les dunes une journée entière.

La ville algérienne d'Aïn Sefra est surnommée "la porte du désert" - Sipa
La ville algérienne d’Aïn Sefra est surnommée « la porte du désert » © Sipa – Karim Bouchetata/Shutterstock

Les dunes sont à environ mille mètres d’altitude, entourées des montagne de l’Atlas.

La neige a tenu toute la journée sur les dunes de sable rouge. - Sipa
La neige a tenu toute la journée sur les dunes de sable rouge. © Sipa – Karim Bouchetata/Shutterstock

Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Nouvelles de Martine Dardenne de sa Planète Opalie: L’appel (ou panne sèche)

l’appel (ou panne sèche)

tarfayaAu petit matin j’avais quitté Agadir dans la brume. Destination Tarfaya, 550 kms de route goudronnée, m’avait-on assurée. Le plein de carburant fait à la dernière station, deux jerricans de gaz-oil et quatre bouteilles d’eau minérale, ce fut d’un coeur léger que j’empruntai mon itinéraire côtier vers le grand Sud. Avec un peu de chance, j’aurai atteint Tarfaya en fin de journée. Machinalement je touchai la main de Fatma pendue au rétroviseur du Pagero.

Les premières heures se déroulèrent sans encombre. Malgré le nombre impressionnant de camions chargés de bidons d’essence, cahotant dangereusement à chaque nid de poule. A midi, le thermomètre marquait 38°. Je me félicitai d’avoir choisi le mois de Mai pour cette escapade marocaine, d’autant que la climatisation du 4×4 « très confortable et entièrement révisé » selon le loueur de véhicules, ne fonctionnait plus. Par les vitres ouvertes me parvenaient des relents de gaz brûlés et les accélérations bruyantes des moteurs. L’Atlantique, sur ma droite, me narguait de sa splendeur.

Ce fut vers 5h de l’après-midi que les choses commencèrent à se gâter. D’après le compteur du véhicule, je ne me trouvais plus qu’à 60 kms de Tarfaya. Les jambes engourdies et le dos en compote, je décidai de m’octroyer quelques minutes de détente. Sur le bord de la route, une baraque affichait « Bar du désert » peint en rouge au-dessus de la porte. Un baril rouillé et une chaise pliante me tendaient les bras, sous un parasol « Coca-cola« . Avec soulagement j’arrêtai le moteur et descendis pour me désaltérer. Le patron du « bar », un marocain sans âge, m’accueillit tout sourire et s’empressa de me montrer sa « cave » de boissons fraîches. Surgis de nulle part, trois gamins munis de bouteilles d’eau et de chiffons, se précipitèrent autour du 4×4 pour en nettoyer le pare-brise. L’un deux voulut me vendre un caméléon, que je refusai aimablement mais je lui offris trois dirhams en échange de trois dattes.

Assise sous mon parasol, je sirotais mon soda presque frais, quand mon regard s’arrêta sur une flaque sombre et luisante s’élargissant sur le sol, en dessous du Pagero. Le patron du bar qui regardait dans la même direction, immédiatement se glissa sous le véhicule, tâta le liquide qui s’écoulait goutte à goutte, le renifla et me cria « c’est de l’huile, il y a une fuite mais pas grave« . Voyant ma mine dépitée, il surenchérit : « à Tarfaya, demande Sadate au café français, c’est mon cousin, il va réparer, pas de problème jusque là-bas, inch Allah ».

Je fus soudain pressée d’arriver à destination avant la nuit, avant que le cousin Sadate demeure introuvable. Un peu stressée, je repris la route, l’oeil rivé à l’aiguille du niveau d’huile. La valse des camions chargés de pétrole m’accompagna de nouveau mais je n’y prêtais plus guère attention. Le désert prenait ses couleurs d’ocre rouge sous le soleil en déclin. Quand au loin j’aperçus enfin les silhouettes des deux dromadaires statufiés marquant la porte de la province de Tarfaya.

Soudain le moteur hoqueta et une fumée s’échappa du capot. Je coupai le contact. Cette fois, pas de doute, c’était bien la panne. Devant moi s’étirait la route rectiligne que recouvraient des tourbillons de sable. La ville devait être proche mais je ne pouvais en distinguer les abords. Quelques maisons blanches, éparses, se dressaient  ça et là, incohérentes. Un grand bâtiment sur la gauche me sembla être un hangar. Aucun signe de vie, aucun bruit ne me parvenait. Scrutant l’horizon, je n’apercevais que la désolation de l’endroit. Ce n’était pas tout à fait l’idée que je me faisais de Tarfaya.

M’encourageant à haute voix, je fermai le véhicule et me dirigeai à pieds vers la première demeure visible, avec le fol espoir d’y trouver de l’aide. Curieusement, la route goudronnée avait disparu pour faire place à une piste sableuse, que j’empruntai d’un pas décidé. Je ne sais combien de temps je marchai, la bouche en feu, les pieds meurtris, sans rencontrer âme qui vive. Quand enfin j’aperçus une ombre humaine qui avançait vers moi. L’homme semblait de stature imposante et d’allure tranquille. Au fur et à mesure qu’il s’approchait, je vis qu’il portait une veste de cuir. Derrière lui, un chien le suivait.

L’homme me fit un grand signe de la main, comme pour me rassurer sur ses intentions. Arrivé à quelques pas de l’endroit où je l’attendais, il dit : »Bonjour, qui que vous soyez, je suis heureux de vous rencontrer, le temps est long ici…mais d’où venez-vous ? Pardonnez mon audace, mais, vu votre accoutrement, j’imagine que vous êtes tombée d’une autre planète ! » Interloquée, je me demandai quelle était la bizarrerie de ma tenue vestimentaire pour qu’il se moque ainsi. C’est alors que je remarquai sa chemise blanche sous la veste d’aviateur, son pantalon trop large rentré à l’intérieur de ses guêtres de cuir. L’animal qui l’accompagnait et que j’avais pris pour un chien, s’avéra être un joli fennec. Devinant ma pensée, l’homme afficha un large sourire et poursuivit : « C’est un renard du désert, je l’ai apprivoisé et j’en suis donc responsable, voyez-vous. Mais dites-moi, où vous dirigez-vous exactement, puis-je vous renseigner ? » Avec un vague sentiment d’improbabilité, je lui répondis :« Je cherche un dénommé Sadate. On m’a dit que je le trouverai à Tarfaya, au café français ».

Il éclata d’un rire presque enfantin :

« C’est bien ce que je pensais, vous venez d’une autre planète ! Je ne connais ni de Sadate, ni de café français et encore moins Tarfaya. 

…Ici, vous êtes à Cap Juby ! »…

Audio Player

les sables de l’infini – dominique massa et didier garino (le désert d’aladin)

****

Merci une nouvelle fois à Martine pour cette nouvelle en trompe-l’oeil . Retrouvez-la sur son blog de grande qualité:
 

Nuage de Tags